Accueil Actus Vosges : Rencontre avec un maître bouddhiste à Lusse

Vosges : Rencontre avec un maître bouddhiste à Lusse

130
0

ne-au-tibet-en-1952-ringou-rinpoche-a-fonde-bodhicharya-une-organisation-pour-la-preservation-des-enseignements-bouddhistes-photo-mr-1462018823.jpg
 
Chaque année, l’autorité spirituelle du centre bouddhiste Bodhicharya France basé à Lusse se rend dans les Vosges pour enseigner et représenter les enseignements du Bouddha. Présent de vendredi à dimanche, Ringou Rinpoché anime une conférence sur le Bouddhisme ce samedi soir à 20h à la salle des fêtes de la ville. Assis en tailleurs face aux montagnes vosgiennes, il répond à nos questions en anglais, traduit par le Lama Tsultrim Guelek, directeur spirituel du centre.
 
Quel est votre parcours ?
 
« Dans le système Tibétain quand un enfant est reconnu comme la réincarnation d’un lama précédant, il est entraîné et éduqué. J’étais l’un d’eux, j’ai été emmené avant que je ne m’en souvienne. J’ai quitté le Tibet quand j’avais 5 ans pour le Sikkim dans l’Himalaya. J’aurais pu arrêter à n’importe quel moment mais c’était mon choix de continuer. Je ne suis pas un grand maître, juste un enseignant. Ma vie est faite de beaucoup de voyages, 6, 7 mois peut-être plus, en Europe mais aussi aux États-Unis, en Russie, en Asie… Ma maison est un peu partout. »
 
Comment définir le Bouddhisme ?
 
« C’est une des religions majeures dans le monde mais le Bouddhisme n’a pas tous les éléments qui forment les autres religions et n’est pas basé sur la notion de Dieu mais sur l’humain. Comment s’améliorer soi-même, rendre notre vie meilleure. C’est une façon de vivre, un entraînement. Entraîner notre esprit à être plus patient, plus compatissant, à avoir plus de sagesse, de calme et de clarté. Apprendre à s’entre-aider, à se restreindre, améliorer sa façon de vivre avec les autres, même si on ne peut pas le faire parfaitement. Dans le Bouddhisme, il n’y a pas de missions ou de missionnaires, quand le courant s’est répandu c’est parce qu’il y avait une demande. Nous n’avons pas le droit d’enseigner à quelqu’un qui ne le demande pas. »
 
Quel chemin suivre pour le devenir ?
 
« Vous recevez un enseignement, vous y réfléchissez. Il faut faire au mieux, si on veut pratiquer une chose on la pratique, si on veut pratiquer deux choses, on le fait… C’est apprendre comment travailler avec son esprit et ses émotions. Il y a beaucoup de similitudes entre le Bouddhisme et certaines thérapies. Le but étant de se transformer soi-même en quelqu’un de bon. Quand la sagesse se développe chez une personne ainsi que toutes les autres qualités de manière totale alors elle devient une personne éveillée. »
 
Que pensez-vous des Européens ?
 
« Ils sont comme tous les autres, on veut tous être libérés de la souffrance, de la douleur, nous voulons tous être heureux, joyeux. Parfois il y a des différences culturelles, de façon de percevoir les choses, de les évaluer. Parfois, ce qui ressort c’est que les Européens sont trop actifs, occupés, stressés. Il y a aussi des problèmes quand il y a trop de compétition. Ce n’est pas que l’Europe, c’est partout, les gens sont très matérialistes. Il y a eu beaucoup d’avancées avec les sciences et la technologie auxquelles on accorde beaucoup d’importance. Mais nous avons une vision trop à court terme et nous devrions plus réfléchir à l’usage à long terme. Comment vivre avec ça. »
 
Un conseil ?
 
« Être plus aimables les uns envers les autres. L’important c’est de comprendre les valeurs de compassion et de bienveillance parmi les êtres humains. Ce n’est pas un enseignement propre au Bouddhisme mais à toutes les voies spirituelles. »
 

SOURCE

Previous articleLa joie
Next articleZem — Affronter ses peurs et prendre soin du monde