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La Seine-et-Marne, ses champs, ses pagodes

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Le bouddhisme buxangeorgien (de Bussy-Saint-Georges) est florissant : deux pagodes, une theravada, l’autre mahayana ; quatre principales références culturelles différentes. Fin février, les jeunes de l’association interreligieuse Coexister venaient découvrir les nouveaux temples made-in-Seine-et-Marne…

Dans l'enceinte du temple de Fo Guang Shan (photo AFP).
Dans l’enceinte du temple de Fo Guang Shan (photo AFP).

Anne-Sophie fouille dans son sac à la recherche du numéro de téléphone de son contact au temple lao. A la tête d’un petit groupe de l’association interreligieuse Coexister, la jeune femme hésite sur l’adresse du lieu de culte. A l’accueil de la pagode, personne ne semble être au courant d’un rendez-vous pour une quelconque visite. Anne-Sophie finit par joindre son contact, Mme Phouisangiem. Elle réalise alors sa méprise : le temple lao se trouve quelques mètres plus loin. Ici, nous sommes à la pagode taïwanaise, Fo Guang Shan (Montagne de la Lumière du Bouddha). Méprise qui ne peut se produire, de toutes les communes de France, qu’ici en plein coeur de la Seine-et-Marne, à Bussy-Saint-Georges (77).

Arrivées et installations

Dans le froid qui sépare les deux pagodes, le petit groupe de militants interreligieux rit de ce quiproquo qui aura au moins permis d’improviser un second rendez-vous pour visiter la pagode chinoise. La présence importante de la communauté asiatique locale s’explique avec les premières arrivées dans les années 70, comme nous le confirmera M. Phouisangiem, arrivé à Paris en 1974. Des réfugiés d’Indochine (Cambodge, Viet Nam, Laos principalement) affluent à cette période et s’installent dans le XIIIe arrondissement de Paris mais aussi et surtout, dans le grand est parisien : Torcy, Noisiel, Lognes (en Seine et Marne), Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) ou encore Noiseau (Val-de-Marne) et s’y intègrent. Les Chinois arrivent à partir des années 80.

Selon Hugues Rondeau, le maire de Bussy rencontré quelques jours plus tôt : « Les personnes d’origine asiatique ayant plutôt bien réussi professionnellement cherchent à accéder à la propriété. Elles trouvent dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée (composée d’une trentaine de communes), un secteur abordable et qui répond à leurs attentes. » Le développement de cette zone géographique ira de pair avec l’implantation des communautés asiatiques. Toujours selon le maire « Là où une personne et sa famille s’installent, un frère, une soeur, un parent suivent avec leur famille. Petit à petit, des communautés entières se constituent. » Aujourd’hui les buxangeorgiens d’origine asiatique représentent entre 40 et 50% des 25000 habitants de la commune.

Wat Lao : le bouddhisme du petit véhicule

A la pagode Wat Lao (temple-monastère lao), M. et Mme Phouisangiem nous attendent à l’intérieur du bâtiment encore en chantier. On y accède en marchant sur des palettes de bois. Sur un terrain de plus de 2000 mètres carrés, la construction principale du futur centre bouddhiste se dresse nue. L’ossature est finie, mais beaucoup reste à faire. « Le projet a été lancé en 2001, nous dit Mme Phouisangiem, mais le chantier dépend des fonds disponibles, eux-mêmes soumis aux aléas des dons de la communauté laotienne. Nous avons des moyens limités, ce qui explique le retard pris jusqu’ici. » Nous visitons les futures salles de prière, médiathèque, cuisine, et autres pièces réservés à l’usage des moines qui occuperont les lieux. Dans le bouddhisme theravada (petit véhicule), spécifique de l’Indochine (à l’exception du Viet Nam), l’accent est mis sur le perfectionnement individuel et une pratique ascétique (pour les moines, exclusivement des hommes). C’est pourquoi les futurs occupants de la pagode Wat Lao, dans un an (espèrent nos guides), seront des « frères », actuellement logés à Chamigny (77).


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