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Shaolin : voyage chez les maîtres du kung-fu

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29.07.2011

Ils forment l’élite du kung-fu chinois. Leur force fait d’eux des armes. Héritiers d’une culture millénaire, les moines guerriers de Shaolin nous ouvrent les portes de leur monastère.

Devant le temple de Shaolin, les moines guerriers prennent des postures empruntées au vaste répertoire de Shaolin. Au sommet de l'escalier, au centre, se tient Shi Yong Xin, le supérieur du temple.
Devant le temple de Shaolin, les moines guerriers prennent des postures empruntées au vaste répertoire de Shaolin. Au sommet de l’escalier, au centre, se tient Shi Yong Xin, le supérieur du temple.

Liu Wen Lei joint ses mains et s’incline légèrement. Il inspire. Le calme avant l’ouragan. Durant les minutes qui suivent, il enchaîne les mouvements, armé d’un long bâton qui siffle en fendant l’air tant l’exécution est rapide. Une combinaison d’esquives et d’assauts, de puissance et de précision. Il bondit, thorax face au ciel, s’immobilise, un temps suspendu, avant de se rétablir dans un salto pour abattre son bâton sur le sol. Un impact comme une explosion. L’ennemi qu’il combat est invisible. Une telle offensive livrée à un rival de chair se solderait immanquablement par la mort de l’un des adversaires. Cet homme est une arme.

«Lorsque le mouvement atteint son sommet, il devient immobilité. Il en est ainsi de notre kung-fu. Ce que tu vois à l'extérieur, ce sont les mouvements, mais la quête intérieure est la paix. C'est cette association qui crée l'équilibre.»
«Lorsque le mouvement atteint son sommet, il devient immobilité. Il en est ainsi de notre kung-fu. Ce que tu vois à l’extérieur, ce sont les mouvements, mais la quête intérieure est la paix. C’est cette association qui crée l’équilibre.»
C’est à présent au tour de Li Yu, un jeune homme au visage grave. Il lève haut les mains puis, assemblées l’une sur l’autre, les fait descendre jusqu’à son abdomen pour y concentrer sa force. Car c’est justement une démonstration de force qu’il s’apprête à faire. Ses acolytes passent parmi les visiteurs afin que soit collectivement validée la solidité de l’épais carré de verre qu’ils présentent. Celui-ci est ensuite placé à hauteur du visage de Li Yu, à un pas de distance. Derrière, pour ajouter à la mise en scène, on a aligné deux ballons de baudruche. De sa ceinture, Li Yu tire une aiguille, une simple aiguille, puis se fige comme un joueur de fléchettes. L’instant d’après, l’aiguille qu’il a lancée a traversé la vitre et les deux ballons. Impossible et pourtant… La maîtrise qu’ont acquise ces jeunes gens de leur art sis aux confins du surnaturel. Ils sont les moines guerriers de Shaolin et forment depuis 1500 ans l’élite du kung-fu chinois.

Les arts martiaux sont nés en Chine, où l’on estime qu’ils étaient déjà pratiqués 2500 ans avant notre ère. D’abord réservée aux militaires, leur pratique s’étendit au fil des siècles jusqu’à gagner toutes les strates sociales. Venues du temps où il fallait à tout moment pouvoir parer à une attaque de brigands, de nombreuses boxes chinoises (enchaînements) sont réalisées avec un balai ou un fléau à battre le blé. C’est dans cette longue histoire que s’inscrit le kung-fu de Shaolin.

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