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Villeneuve-sur-Lot — Une pagode pour mieux se connaître

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Bonzes et fidèles à l'heure de la cérémonie en hommage aux ancêtres./Photo DDM, F.P.
Bonzes et fidèles à l’heure de la cérémonie en hommage aux ancêtres./Photo DDM, F.P.
La fête est celle de Vulanbana, « une cérémonie en hommage aux ancêtres, l’équivalent, s’il est possible de faire des comparaisons, de la Toussaint pour les catholiques ». Des fleurs à la boutonnière, un costume traditionnel, l’attente des bonzes, « ils viennent de loin, ce sont des bonzes itinérants. Et ce sont les fidèles de la pagode qui permettent cette venue », explique Christiane Duquin, présidente (même si elle se défend de ce titre, car « le bouddhisme implique une humilité ») de l’Association culturelle des bouddhistes de France en Lot-et-Garonne. La construction de cette pagode a été longue et difficile, « nous avons dû composer avec les architectes, les autorités, mais nous y sommes arrivés, et uniquement avec des dons privés… ». La pagode est inaugurée en 1974, « mais après quelques péripéties, nous avions besoin de prendre un peu de recul, sans jamais oublier l’objectif principal de ce lieu : fournir à tous les bouddhistes du Vietnam un lieu, à la fois de culte et de rencontres. Il ne faut pas oublier que ceux qui sont partis du Vietnam sont des Français à part entière ». Pour ceux qui fréquentent la pagode, il ne s’agit pas seulement d’un culte, mais aussi et surtout de culture. Ils ne pensent pas et surtout ne veulent pas tomber dans le communautarisme. « Le bouddhisme n’est pas en soit une religion, mais une philosophie, une culture. Même si certaines des cérémonies pratiquées ici se font vietnamiennes, elles peuvent aussi se faire en tibétain. Tout dépendra du bonze présent ».


Un lieu que, finalement, peu de Villeneuvois connaissent, une pagode dont on voit les statues quand on prend l’ancienne route de Paris, au lieu-dit « La Pietats », « mais il manque une vraie signalétique. Ceux qui veulent venir ont souvent du mal à nous trouver, mais nous sommes ouverts quasiment tout le temps, et à l’entière disposition des fidèles ou des curieux ».


Le gong a sonné, les bonzes sont présents (quelques dizaines de minutes de retard, mais quelle importance ?). La cérémonie peut commencer. L’autel sur lequel les photos des ancêtres sont présentes attire naturellement le respect. La chaleur est étouffante, mais les chants résonnent, les offrandes sont déjà en place. Les bruits en cuisine annoncent déjà le repas à venir. Chacun a trouvé sa place, qui sur un coussin, telle autre, très âgée, sur une chaise, des plus jeunes aux côtés de leurs parents et qui leur lisent les textes. Les odeurs d’encens se font plus prégnantes. Il est temps pour le profane de quitter les lieux, non pas parce qu’on le lui a demandé, mais parce qu’il ne se sent pas à sa place. « C’est un lieu ouvert à tous, chacun peut y trouver sa place, pour une demande, une quête, ou tout simplement la curiosité ».


Le bouddhisme est en plein essor en France. Mais en 1974, une pagode, la seule du département, fut consacrée par les autorités bouddhiques. Depuis, bon an, mal an, elle est fréquentée par de nombreux fidèles.



Source : Le Dépêche.fr

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