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Aung San Suu Kyi libre, la démocratie toujours en prison

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202639.jpgAprès quatorze années de privation de liberté, le prix Nobel de la Paix circule à nouveau dans Rangoon. La ténacité de cette femme fragile a permis cette libération. Emprisonnée dans sa maison, elle restait l’épine dérangeante dans le pied de la junte militaire qui n’a jamais pu la détourner de sa lutte. Cette libération prend les couleurs d’une première victoire.

Maintenant officiellement élue, la junte se fait magnanime, signe de son assurance après les récentes élections truquées. Et les militaires détiennent tous les postes politiques, même dans les petites localités.

Alors oui, Aung San Suu Kyi est libre, mais sans parti. Quelques fidèles la soutiennent, mais en nombre insuffisant pour faire le lien entre le peuple et des hauts dirigeants de son parti à reconstruire.

Que peut faire Aung San Suu Kyi ?

En toute logique, elle va condamner les dernières élections. La femme de fer aux beaux principes plaît toujours à son peuple et à l’opinion internationale. Par contre, elle doit apprendre à dialoguer avec la junte et faire des compromis pour retrouver un réel rôle. Son attitude ferme, quoique juste, a conduit au blocage des négociations depuis de nombreuses années. Son langage doit s’adresser aux différents acteurs de la société birmane, donc aussi aux nombreuses factions ethniques. Son action de reconquête devra trouver un langage d’ouverture pour réconcilier les intérêts divergents des communautés ethniques et citadines. Seule une unité dans l’opposition lui permettrait de donner une impulsion nouvelle à son pays. En est-elle capable ? Seule et isolée de tout moyen de communication depuis tant d’années, a t-elle le savoir-faire pour convaincre des opposants au régime actuel de s’unir, sans se sentir concurrents du Prix Nobel ?

Épineuse question. Problématique aux contours incertains.

La Birmanie se réveille. Mais la démocratie va t-elle prendre son envol ?

Rien n’est moins sûr, la junte restant proche de ses démons dictatoriaux.

La longue retraite forcée de Aung San Suu kyi a certainement apporté une sagesse à cette fervente pratiquante bouddhiste, pétrie de non-violence. Son esprit s’avérera peut-être son atout premier, si elle reste sur les belles valeurs qui séduisent toujours un peuple.


Alain Delaporte-Digard pour www.buddhachannel.tv

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