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Les origines du bouddhisme au Cambodge

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d’après un texte rédigé à l’occasion de l’entrée en l’année 2500 de l’ère bouddhique par le Vénérable PANG KHAT


On sait le rôle éminent qu’a joué, dans la formation du patrimoine spirituel du Cambodge, l’influence de la civilisation indienne. Le Brahmanisme et le Bouddhisme, éléments essentiels de cette civilisation, une fois implantés sur le sol khmer, y ont prospéré et sont devenus des facteurs déterminants de la personnalité de la nation cambodgienne, aujourd’hui encore parfaitement vivaces.


En balade à angkor wat

© Christian ADRIEN

Deux cent dix huit ans après la mort du Bouddha, le roi Asoka monta sur le trône du Magahda. Il se convertit au Bouddhisme et organisa le troisième concile Bouddhique en l’an 24A A.C. Ce concile décida d’envoyer à l’étranger des missionnaires qui devaient diffuser la doctrine du Maître.

L’expansion du Bouddhisme hors de l’Inde se fit par voie de terre et par mer. Dans les deux cas, elle eut pour support des activités commerciales, la recherche de l’or en particulier.
A chacun de leurs voyages, les négociants invitaient à venir avec eux des bhikhus (ou théra) ou emmenaient des effigies du Bouddha pour écarter les périls de la traversée et pratiquer leur culte. Partant du Dekhan, ils allaient vers l’Asie du Sud-Est. Ainsi se propagea le Bouddhisme. Partout où arrivèrent ces moines voyageurs, on trouve trace de leur passage sous forme de statues ou d’inscriptions.

Entre l’Inde et la Chine se trouvaient, alors, les états Môn, Khmer, Cham, et Malais, ce dernier étant un Etat insulaire. La question se pose de savoir à quelle date ces états furent hindouisés. G. Cœdès estime qu’on ne doit pas remonter au-delà du II ou III siècle après J.-C. Si l’on compare les vestiges découverts dans ces quatre Etats, premiers centres de développement du Bouddhisme hors de l’Inde, on constate qu’il n’en est pas de plus ancien que l’inscription en sanskrit de Vo-canh, dans le Fou-nan.

L’ÈRE DU FOU-NAN

Les documents de Ceylan rapportent que le Bouddhisme s’est installé au Cambodge 302 ans avant l’ère chrétienne. Le pays khmer faisait alors partie du Suvarnabhumi (littéralement : pays de l’or ou Eldorado) oriental. Mais aucun document ne mentionne avec précision sous quel règne ni de quelle façon le Bouddhisme fut introduit au Cambodge. Les circonstances de cette pénétration demeurent obscures pour toutes les régions englobées sous le terme général de Suvarnabhumi . Nous ne disposons pas de témoignages précis antérieurs à l’ère chrétienne.

Le Cambodge était appelé « Pays (du Roi) de la Montagne ». Les chinois le nommèrent Fou-an. La capitale était T’ô-mou, en vieux langage khmer Dalmak, c’est à dire: le « Chasseur ». Elle était située dans la localité de Baphnom, aujourd’hui la colline de Phnom-Ksach. Les documents historiques de cette époque ont disparu. Il n’en reste que des inscriptions lapidaires en quatre endroits différents: à Vo-canh, dans la province de Nha- trang (Viet-Nam), à Dambang dêk, dans la province cambodgienne de Takéo, à Tonlé-Bati, dans la même province, et au Prasat Pram Lvèng, au Viet-Nam. Certaines parlent de Brahmanisme, d’autres sont de caractère bouddhique.

Le Fou-nan était établi au fond d’une grande baie, limitée à l’Est par le Lin-Yi ( Champa) et à l’Ouest par l’Inde. L’écriture en usage était d’origine indienne. Le peuple pratiquait le Brahmanisme et le Bouddhisme et savait sculpter des statues de divinités en pierre ou en bronze. Pour porter le deuil, les habitants du Fou-nan se rasaient la barbe et les cheveux. Les funérailles étaient pratiquées selon quatre modes différents: par inhumation, par immersion, par incinération ou, plus simplement, en laissant le cadavre en pâture aux bêtes sauvages. Le pays entretenait des relations avec l’Inde et le Lin-Yi. Un commerçant indien, nommé Kia-sang-li, qui vers la moitié du II siècle poussa jusqu’au Fou-nan, a noté que le pays était prospère.

Une inscription découverte à Vo-canh, dans la province vietnamienne de Nha-trang fait mention du roi Fan Man comme d’un fervent Bouddhiste. Elle daterait du 2ème ou 3ème siècle avant J-C.

Sous le règne de Kaundinya Javaraman et celui de son successeur, Rudravareman, furent érigés des statues du Bouddha, en pierre, en bronze et en bois. Le centre de cet art fut Phnom Da, dans Angkor Borei. Son influence se répandit non seulement dans tout le Fou-nan, mais aussi à l’étranger.

L’époque du Fou-nan fut donc pour le Bouddhisme, extrêmement brillante et l’on doit considérer comme exagérée l’option du voyageur chinois Yi-tsing qui, dans la relation de ses pérégrinations en Asie du sud-est (671-695), affirmait:  » Au Fou-nan, le Bouddhisme brilla d’un vif éclat et se répandit partout. Mais cette œuvre fut anéantie par un roi qui ne pouvait le souffrir et il ne reste pas même aujourd’hui un seul  » bhikhu… »

L’ÈRE DU CHEN-LA (VI-IX siècle)

Avec la conquête du Fou-nan par un roi de Tchen-la, nommé Bhavavarman I, vers le milieu du VI siècle, arriva l’ère du Chen-la. L’introduction du Mahayana reste le fait le plus remarquable de l’histoire religieuse du Chen-la.

Une inscription découverte à Sambo Preikuk (province de Kampong-Thom) et datant du règne d’Isanavarman (626), fait expressément mention du Bouddhisme et de l’adoration du Naga qui protège le Bouddha de ses têtes étalées. D’autres inscriptions de la même période se rapportent à divers faits bouddhiques. Celle relevée par Aymonier à Siem-reap (VI ou VII siècle) a trait à l’érection de statues du Boddhisattva Avalokitesvara. Ces statues, cependant, ne semble pas avoir été nombreuses. On en connaît deux: à Siem-reap et à Kramuonsar.

Le Bouddhisme theravada, lui, n’a pas connu d’éclipse. La vérité est que toutes les formes du Brahmanisme et du Bouddhisme ne cessèrent, au long de cette période, de se développer parallèlement.


Par le Vénérable PANG KHAT

Source : vorasith.online.fr

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