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Depuis 1974, Vetty Marcon se passionne pour le Japon

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Quatre questions à Vetty Marcon, une Landéanaise capable de parler, lire, écrire et traduire le japonais.

Qu’est-ce qui a déclenché votre attirance pour le Japon ?

Cela remonte à l’année 1974. Mon mari et moi habitions près d’Ermenonville (Picardie), et sa forêt était le lieu de promenade de nos dimanches. Le 3 mars 1974, par hasard, nous n’y sommes pas allés. Et ce jour-là, le crash d’un DC10 de la Turkish Airlines a fait 346 victimes dans la forêt d’Ermenonville. Aucun survivant. Dans cet avion, se trouvaient quarante-huit jeunes Japonais en voyages de fin d’études. Guy, mon mari, a écrit un poème en hommage à toutes les victimes. Cet hommage a été déposé au mémorial, érigé en souvenir de cet accident. Un message, demandant un contact avec l’auteur du poème, a été laissé sur place. Et c’est le début de notre correspondance avec des parents de victimes.

En 1980, lors d’une cérémonie du souvenir en présence de plusieurs Japonais, ayant fondé l’association de la forêt d’Ermenonville, j’ai promis d’apprendre leur langue.

Où et quand avez-vous appris le japonais ?

J’ai commencé avec Atsuko Sazaki, une femme, en cours particulier. Puis je suis entrée à l’école de Tenri, école japonaise, à Paris. J’ai beaucoup travaillé et passé tous les niveaux. Pour réussir, il faut être motivé et curieux. La grammaire est différente de la nôtre. Les caractères se divisent en trois catégories. Cinquante hiragana ou écriture des femmes, et vingt-cinq katakana pour tout ce qui est étranger au Japon peuvent suffire pour écrire. Mais pour lire un journal, il faut connaître deux mille kanjis. Ce sont des idéogrammes assez proches du chinois, mais plus faciles à apprendre. La première année, on « baragouine » les choses simples comme bonjour et merci. Pour lire et écrire, c’est plus long. Après cinq ans d’études, j’ai passé mon diplôme à l’université Dauphine.

Comment entretenez-vous vos connaissances ?

Depuis la cérémonie au Mémorial avec l’association, je suis en contact régulier avec des parents de victimes. On échange des courriers, des mails. Certains, devenus des amis, sont venus à la maison, lors d’un voyage du souvenir. J’ai aussi fait cinq voyages au Japon. Le premier en 1981, pour marquer la fin de mes études, le dernier date de 2007. À chaque fois, je suis reçue par les familles. Actuellement, je traduis un livre écrit par l’association.

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Je considère qu’il s’agit d’une amitié tombée du ciel, de façon dramatique au départ, mais très enrichissante aujourd’hui. Un prêtre bouddhiste avait dit aux parents : « Ce que vous ne pouvez comprendre, une main l’écrira. »

C’est ce qui est arrivé grâce au poème de mon mari, Guy, moteur de cette belle aventure, de cet échange culturel et amical qui continue toujours.


Source: Ouest France

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