Accueil Espace Bouddhiste Société Luobusida, maître d’entretien des peintures murales du palais du Potala au Tibet

Luobusida, maître d’entretien des peintures murales du palais du Potala au Tibet

10
0

Luobusida.jpg
Ceux qui se sont rendus au Tibet n’ont pas pu manquer le palais du Potala ; ceux qui ont visité le palais ont sûrement admiré ses peintures murales d’une finesse incomparable. Mais, ils n’ont certainement pas rencontré Luobusida, le responsable de l’entretien de ses peintures murales.

Luobusida est le célèbre maître de peinture de l’école Miansa du tanka. En 2008, il a été élu héritier de l’école Miansa du tanka, inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de la région autonome du Tibet. De nombreux peintres du tanka sont issus de familles héritant de ce genre de peintures traditionnelles du bouddhisme tibétain. Cela s’explique par l’originalité de cet art et les traditions particulières de la culture tibétaine.
« Je suis né dans une famille du tanka qui travaille depuis cinq générations dans cet art. Dès l’âge de douze ans, j’ai appris à peindre le tanka auprès de mon grand-père », explique-t-il.

« Le tanka tibétain se divise en six écoles principales : Miantang, Gamagachi, Qiuze, Miansa, Jiugang et Népal. Les quatre premières ont été inscrites sur la liste nationale du patrimoine culturel immatériel. Avec le développement social, les gens qui travaillent dans les deux dernières sont peu nombreux », affirme-t-il.

En ce qui concerne l’origine de l’école Miansa, selon Luobusida, ses techniques s’inspirent de l’école Miantang.

« Miantang a été l’école la plus influente du tanka après le XVe siècle. Son créateur Mianla Dunzhu est né à Luozha Miantang (aujourd’hui appelée Shannan), d’où vient le nom de l’école »

« L’école Miansa a été créée par le célèbre peintre Qiuying Jiacuo au milieu du XVIIe siècle. Il assuma le poste de peintre à plein temps du quatrième Panchen Lama. La plupart des peintures murales du monastère Tashilhunpo sont de lui. A la reconstruction du Potala, le cinquième Dalaï-Lama a spécialement invité Qiuying Jiacuo à réaliser les peintures murales », raconte-t-il.

Selon lui, les peintures de l’école Miansa se caractérisent par des traits dorés fins, une trame nette des vêtements et des couleurs brillantes, par rapport à celles de l’école Miantang.

Ces dernières années, Luobusida, réputé pour sa grande dextérité, a été invité à participer à l’entretien des peintures murales de plusieurs salles du palais de Potala, dont la plupart avaient été réalisées par le maître Qiuying Jiacuo.

« La restauration des peintures murales est un travail qui exige une grande finesse. Je dois consulter des sources historiques avant de copier les œuvres précédentes et réparer les parties manquantes ou abîmées. La réparation est un exercice tout à fait différent de la création. Cette dernière peut être menée en même temps par plusieurs peintres. Cependant, on doit être seul pour réparer une peinture murale, afin de garantir la précision de la restauration et le rétablissement à l’état original ».

Il y a déjà cinq ans qu’il travaille dans le palais du Potala, tous les lundis, mercredis et vendredis.

Il a également un autre lieu de travail, un atelier de transmission de l’art tanka, situé dans une rue en face du palais. Il y enseigne les mardis, jeudis et samedis, les techniques de peinture à ses jeunes disciples.

« Notre atelier s’est fait attribuer le titre de Centre de protection du patrimoine culturel immatériel au niveau de la région autonome. Cette année, il sera classé au niveau national », confie-t-il.

L’enseignement du tanka est gratuit et accueille principalement les enfants issus des familles pauvres, mais épris d’art, selon Luobosida. Son atelier compte actuellement dix-huit élèves.

Ces dernières années, une centaine d’élèves sont ressortis diplômés de son atelier. Certains d’entre eux ont créé leurs propres galeries, d’autres sont devenus peintres éminents. Tous jouissent de belles perspectives professionnelles.

« Le tanka constitue l’une des cultures traditionnelles d’élite des Tibétains. Nous sommes très heureux de voir que cet art peut se transmettre pour l’éternité. Mon grand-père nous a transmis cette technique. J’espère pouvoir la passer aux générations futures ».


Source: french.china.org.cn

Previous articleGandhi et le Bouddhisme s’exposent à Taipei
Next articleExposition Wu Guanzhong en Chine