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Chine – Les pieds bandés ou Pieds de Lys

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La femme, victim Fashion

une démarche « d’hirondelle volante »


Depuis le Xème siècle, une mode redoutable permettait d’avoir les pieds de Lys pour apporter une démarche « légère », celle d’une hirondelle volante.


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Pourquoi ce terme de pied de lys?

Parce que les mamans bandaient les pieds de leurs filles en enroulant les orteils et en les incrustant sous la voute plantaire comme une corolle de lys. Le terme « souffrir pour être belle » a toujours été d’actualité, mais la pratique des pieds bandés reste dans les modes les plus traumatisantes, au point de développer deux pieds bots !

Une mode de plus de mille ans


Pour le plaisir de l’empereur

Au Xème siècle, cette mode part de l’empereur qui impose à une de ses concubines de se bander ses pieds pour mieux exécuter « la danse du lotus ».
Pour lui, cette vision nouvelle accroîssait son désir.
Pendant un siècle, cette pratique restera réservée au « plaisir » du souverain et de sa cour.

Pour les femmes de l’empire
Un siècle plus tard, cette pratique « raffinée » va s’étendre à l’ensemble de l’empire. A la fin de la dynastie Qing, des femmes aux pieds bandés se retrouvent dans presque toutes les classes sociales, à l’exception des classes paysannes et des Hakka.

Trois styles de pieds apparaîssent :
– les pieds de 15 cms, permettant à la femme de faire un riche mariage !

Mais existent des femmes d’exception au pied de lys
– les pieds d’argent, ne dépassant pas 10 cms
– les pieds d’or, mesurant moins de 7,5 cms, pas plus large que le diamètre du mollet !

Des pratiques de soumission

Il s’agit bien de contraindre, de soumettre :
– de soumettre la fillette à des critères imposés dès l’âge de 4 ou 6 ans,
– de soumettre l’enfant à l’autorité du père,
– d’en faire un objet de luxe permettant de créer un mariage intéressant pour la famille,
– de soumettre la femme à un mari tout puissant
– de s’entraîner à accepter d’autres formes de contraintes

Nous sommes en pleine mode de pratiques SM.

Notre époque n’a rien inventé avec son renouveau sado-masochiste.

Le moment le plus raffiné des préludes amoureux pour le mari trouvait son paroxysme lorsqu’il déroulait lui-même les bandelettes pour découvrir la rareté des pieds de sa femme.

Les bandes de 3 mètres de long devenaient des liens parfaits et servaient bien souvent à attacher la jeune mariée dans des pratiques de soumission.

Le fétichisme du pied


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Pourquoi cette pratique fut-elle si pratiquée?

Parce que le pied était considéré comme la partie la plus sexy du corps.

Le pied , objet fétiche parfait, était censé stimuler le désir chez l’homme.

Un pied de lys représentait l’effort de la femme pour être séduisante.

Ces pieds longuement préparés au fil des ans étaient étroitement liés au mariage.

Les minuscules souliers deviennent un symbole fétichiste par excellence, le standard de la beauté. Les souliers portés durant le mariage présentent des scènes érotiques plus qu’explicites.

Cette soumission aux pieds bandés était avant tout un indice de soumission à l’homme.

Une femme aux pieds bandés était un gage de mariage facile,

la femme étant l’offrande et l’homme le consommateur.

Un homme montrait son statut social en exhibant sa femme aux pieds « éduqués ».

Cette pratique machiste s’est perpétrée pendant 10 siècles.

Les effets des pieds bandés

Radiographie de pieds bandés
Radiographie de pieds bandés


Cette pratique développait des surinfections constantes, des douleurs parfois permanentes, des paralysies qui pouvaient remonter dans les jambes, créant des atrophies musculaires. Sans compter le sentiment d’inutilité de la femme réduite à l’immobilité, sans fonction, opprimées par le poids de la tradition, au service du mari.

les orteils sous la plante du pied
les orteils sous la plante du pied


Un édit impérial de 1902 interdit la pratique des pieds bandés.

Mais, c’est avec la nouvelle République en 1911 pour que les moeurs changent vraiment. Depuis, les pieds bandés sont plutôt en Chine un symbole de honte et d’obscurantisme.

Bien sûr que les victims fashion existent encore en Chine. Elles sont maintenant sur des escarpins et avec parfois des pratiques hard de soumission. Cependant, tout le monde est d’accord : ce n’est plus une ratique spécifique à la Chine.


Alain Delaporte-Digard pour www.buddhachannel.tv

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