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Allemagne — Petite leçon d’économie avec le dalaï lama à Francfort

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01.08.2009

Le dalaï lama lors d'une conférence à Francfort, le 30 juillet 2009
Le dalaï lama lors d’une conférence à Francfort, le 30 juillet 2009
Le bouddhisme comme réponse à la crise: le dalaï lama, le chef spirituel tibétain en exil, a débattu de la crise économique samedi à Francfort, capitale financière de l’Allemagne, insistant sur « la valeur fondamentale de l’être humain ».

Assis en tailleur dans un fauteuil, souriant dans sa tunique pourpre, le dalaï lama a disserté en compagnie d’experts sur la crise et les défis du changement climatique, devant un parterre de quelques milliers de personnes réunies dans le stade de football Commerzbank Arena.

« La crise économique mondiale montre à quel point notre monde est petit », déclare-t-il, sa voix parfois couverte par le bruit assourdissant de l’aéroport international tout proche. « Nous devons penser globalement (…), marcher ensemble » et prendre conscience de la « valeur fondamentale de l’être humain ».

Le public clairsemé dans les gradins et sur la pelouse, tend l’oreille dans un silence respectueux. Certains prennent des notes, d’autres méditent, ou bâillent.

« Il ne dit rien d’exceptionnel, juste des paroles sages », admet un jeune couple avec enfant venu de Heidelberg (sud-ouest) pour voir le dalaï lama. Un personnage d’un « rayonnement particulier » pour Kristina, 27 ans, institutrice, qui regrette cependant une atmosphère « un peu trop sobre » à son goût.

Thich Hue An, un moine de 56 ans qui anime un centre bouddhiste à Bâle en Suisse, approuve le thème de la conférence du jour: « l’économie doit être là pour les hommes et non l’inverse », dit-il.

Sur scène, un entrepreneur et un économiste spécialiste de l’éthique dénoncent la « cupidité » et « l’égoïsme » dans l’économie moderne, un climatologue parle du potentiel des énergies renouvelables, le public applaudit mollement, le dalaï lama écoute.

« Nous devons agir » et revoir nos modes de vie, conclut le Tibétain, contre le réchauffement climatique et « le fossé entre riches et pauvres ».

Phuntsok Dahortsang, une Suissesse d’origine tibétaine, est venue avec sa mère et son fils. « Le bouddhisme est une religion très moderne car elle place la responsabilité de chacun et vis-à-vis des autres au dessus de tout, il ne s’agit pas que de prier », lance-t-elle.

« La crise actuelle était prévisible, tous les banquiers savaient que la bulle allait éclater un jour », se désole Tom Waldmüller, 48 ans. « Mais le monde ne va pas en tirer de leçon », le « système » est trop bien en place, selon lui. Lui-même perçoit son travail dans le marketing de produits pharmaceutiques comme une contradiction permanente avec ses convictions. « Je ne dois penser qu’au chiffre d’affaires ».

Le bouddhisme se vend et s’achète, lui aussi: le public, qui a payé à partir de 29 euros la journée par personne jusqu’à 230 euros le forfait 4 jours, se presse dans les stands des associations et des magasins spécialisés à l’entrée du stade, proposant biographies du dalaï lama, méthodes d’apprentissage de la méditation en livres, CD ou DVD, bouddhas miniatures, verroterie ou sacs tibétains.

« Si nous faisons des bénéfices, nous les redistribuerons aux oeuvres de charité du dalaï lama », promet Reinhard Türk, membre du conseil de l’Union bouddhiste allemande (DBU), l’une des trois associations à l’origine de la visite du chef spirituel.

Mais pour l’heure, les organisateurs sont dans le rouge, assure M. Türk: avec quelque 7.000 spectateurs jeudi à l’ouverture et 11.000 vendredi, alors que le stade peut contenir jusqu’à 55.000 personnes, la crise est aussi passée par là.


Source : AFP

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