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Iran — la révolte se poursuit malgré la répression policière

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Le 9 juillet dernier, à l’occasion de l’anniversaire des révoltes étudiantes de 1999, ils étaient des milliers de jeunes à manifester et à braver la police dans les grandes villes du pays. De nouvelles arrestations ont eu lieu, mais cet acte ainsi que de nombreux autres montre que la répression policière ne réussit pas à calmer la colère des Iraniens.

Y compris au sein des autorités religieuses, la répression est désormais sévèrement critiquée. Le président Ahmadinejad et les fondamentalistes au pouvoir sont en partie désavoués et malgré la pression qu’ils imposent ne réussissent pas à obtenir le soutien de nombreux marjas.

L’ayatollah Montazeri, par exemple, ancien dauphin de l’ayatollah Khomeyni, dans un entretien diffusé sur plusieurs sites iraniens dénonce la répression en cours dans le pays : la torture est un péché sur le plan religieux et un crime sur le plan juridique. «Le peuple courageux d’Iran, sait bien comment sont obtenus les aveux télévisés de ses fils emprisonnés.»

L'ayatollah Montazeri
L’ayatollah Montazeri

La fatwa qu’il a prononcé à l’occasion est d’ailleurs plus qu’explicite : «Chaque bon musulman a le devoir de s’opposer à l’injustice de ceux qui bafouent ses droits.»

C’est désormais tout le clergé de la ville sainte de Qom qui désavoue la conduite actuelle des autorités politiques iraniennes. L’ayatollah Khamenei également l’objet de vives critiques. De nombreuses menaces sont lancées envers l’Etat, ainsi le responsable des écoles religieuses de Qom, l’ayatollah Ostadi, a indiqué que : «Si la pression continue, une bonne partie d’entre nous quittera la République islamique pour s’exiler à Nadjaf en Irak».

Pour de nombreux analystes, la situation est très dégradée, voire critique. Sur les 2500 personnes arrêtées à ce jour, seuls 500 devraient être jugées. Un journaliste iranien estime ainsi que les autorités sont débordées et n’ont même pas de ligne de conduite claire dans la répression. Selon lui, l’Etat reste sur la défensive et maintient un état de siège permanent.

Mir Hossein Moussavi
Mir Hossein Moussavi

Mohsen Rezaï, l’ex-chef historique des Gardiens de la révolution, parle même du risque d’effondrement de la République islamique. Pour lui la crise de confiance ne se résoudra pas simplement par la répression.

L’opposition continue en tout cas à s’organiser dans un cadre légal autour de Mir Hossein Moussavi, le candidat malheureux à la présidentielle, alors que de nombreuses figures de proue de l’opposition sont toujours emprisonnées sans qu’aucune nouvelle ne filtre.


Thomas PRADO pour www.buddhachannel.tv

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