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Iran: retour histoirique depuis la révolution islamique

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Avant la révolution islamique de 1979, l’Iran était une monarchie dirigée par Mohammad Reza Palhavi. Celui-ci arrivé au pouvoir en 1953, avait commencé à réformer le pays qui a ainsi connu un certain boom économique.

Mohammad Reza Palhavi, Shah d'Iran
Mohammad Reza Palhavi, Shah d’Iran
Le Shah est en effet à l’origine de la Révolution Blanche, une série de réformes modernisant le pays, avec notamment une réforme agraire, ainsi qu’un partage des bénéfices industriels entre les ouvriers du secteur privé. Le Shah a également entrepris des réformes afin de transformer radicalement la société iranienne : port obligatoire du costume occidental pour les hommes, interdiction du port du hijab pour la femme, accès au travail et aux votes pour les femmes…

Le régime est toutefois victime d’importantes tensions : avec les autorités religieuses qui voient d’un mauvais oeil l’émancipation des femmes et la réforme agraire qui réduit leur pouvoir (le clergé disposait en effet d’un important potentiel foncier), mais aussi de nombreux opposants qui réclament davantage de libertés et de démocraties. Les classes les plus pauvres souffrent également de conditions de vie toujours difficiles.

L'ayatollah Khomeyni
L’ayatollah Khomeyni
Ces éléments ajoutés à l’impopularité du Shah et à la répression qu’effectue le régime amène finalement à la révolution de 1979, où les théologiens sauront très vite prendre le pouvoir grâce aux Gardiens de la Révolution implantés localement. L’ayatollah Khomeyni devient Guide Suprême de la Révolution et opère des transformations radicales dans la société iranienne, qui devient beaucoup plus conservatrice.

Image du film Persépolis de Marjane Satrapi
Image du film Persépolis de Marjane Satrapi
Concernant la place des femmes dans la société, l’émancipation connue sous le règne du Shah s’éclipse au profit d’un retour à l’application de la charia : écartées des hautes fonctions, les femmes subissent la ségrégation dans les bus, et l’âge légal du mariage est abaissé à 9 ans. Les autorités donnent tout pouvoir aux hommes ans leur foyer. La situation a toutefois changé depuis les années 1990, les femmes ont de nouveau accès à l’emploi, même si de nombreuses professions à responsabilité leur reste fermées (magistrature…) et elles ont davantage de droits au sein du couple. Toutefois, avec le retour des conservateurs au pouvoir dans les années 2000, beaucoup d’avancées réalisées dans les années 1990 ont été remises en cause.

Les féministes iraniennes ont toutefois confiance dans le changement aujourd’hui depuis l’attribution du prix Nobel de la Paix à Shirin Ebadi, avocate et activiste féministe iranienne.

Téhéran aujourd'hui
Téhéran aujourd’hui

Concernant l’économie, la Révolution et la guerre Iran-Irak a mis à mal la croissance amorcée sous le règne du Shah. De plus les échecs de modernisation entrepris dans les années 1980 et 1990 maintiennent le pays aujourd’hui dans une forte dépendance vis-à-vis des secteurs pétroliers et gaziers. L’Iran est toujours considéré comme un pays en voie de développement, et subit depuis la révolution d’importants handicaps en matière commerciale. Malgré une forte croissance, le niveau de vie reste inférieur à celui des années 1970. 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté, le chômage est très élevé et les secteurs d’activité restent peu diversifiés.

Les tensions existantes aujourd’hui en Iran trouvent donc leurs origines dans de multiples mécontentements de la part de la population concernant les libertés individuelles mais également la situation économique du pays, ce qui explique en partie le fait que le président Ahmadinejad se focalise sur la question du nucléaire iranien. La société est donc particulièrement clivée entre une partie de la population ultra conservatrice mais aussi une foule importante réclamant des réformes.

Thomas PRADO pour www.buddhachannel.tv

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