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Juchitán de Zaragoza : une autre forme de société matriarcale

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Au beau milieu de la région d’Oaxaca, au Mexique, la ville de Juchitán de Zaragoza dénote par rapport aux autres. La version mexicaine du magazine Elle avait consacré un article à la ville qui n’avait pas tellement plus aux habitantes. Celles-ci n’avaient en effet pas apprécié le fait de passer pour des matronnes autoritaires dont les maris se la coulaient douce.

Juchitán de Zaragoza dispose d’une importante minorité indienne. Les zapothèques présents dans la région ont maintenu dans cette ville certaines de leurs traditions. C’est d’ailleurs l’un des rares endroits au Mexique où l’on parle encore le dialecte de ce peuple et où le costume traditionnel zapothèque est de rigueur. La ville a pourtant perdu son caractère historique et est particulièrement bétonnée aujourd’hui.

Entrée de Juchitán de Zaragoza
Entrée de Juchitán de Zaragoza

A Juchitán de Zaragoza, il n’y a pas que la tenue qui dénote du reste du Mexique. Ici, lorsque l’on observe ce qui se passe au marché, ou même dans les magasins de la ville, on s’aperçoit d’une chose : ce ne sont pas les hommes qui tiennent les postes de responsabilité, et même aucun homme n’a réellement du pouvoir ici. Ce sont les femmes qui prennent les choses en main.

Femme Zapothèque
Femme Zapothèque
Mais loin de se la couler douce, les hommes aussi travaillent. Si les femmes dominent et prennent les décisions, les hommes eux chassent et travaillent sous leur direction. Et ceux-ci ne prennent pas part à certains rituels, y compris catholiques, et activités qui sont réservés aux femmes.

Toutefois certains hommes sont admis à assister les femmes dans certains rituels, ce sont les muxes ou muches. Autrement dit les homosexuels. En effet, autre différence avec le reste du Mexique, l’homosexualité est très bien tolérée à Juchitán de Zaragoza. Et pour certaines mères, c’est même une fierté d’avoir un fils homosexuel, car celui-ci sera toujours là pour s’occuper de sa mère. Certains muches se travestissent, ce qui ne pose aucun problème, l’emprise des femmes sur cette société a permis de la rendre plus tolérante vis-à-vis de l’homosexualité.

Juchitán de Zaragoza est l’un des rares exemples de sociétés matriarcales en place aujourd’hui dans le monde et maintient cet aspect paradoxal au beau milieu d’un Mexique aux tendances pourtant opposées.

Thomas PRADO pour www.buddhachannel.tv

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