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France — Ces Papys et Mamies qui vivent dans des Taudis

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03.02.2009

LOGEMENT – La Fondation Abbé-Pierre s’inquiète du mal-logement des seniors dans son rapport annuel…

Une personne âgée en milieu rural.
Une personne âgée en milieu rural.

Ils ont les cheveux blancs, pas forcément de chauffage l’hiver, parfois pas de douche ni de toilettes à l’intérieur de leur appartement. Pourtant ils sont chez eux. Dans son rapport 2009 sur l’état du mal-logement en France, rendu public ce mardi, la Fondation Abbé-Pierre pointe notamment un phénomène sous-estimé: de nombreuses personnes âgées, souvent seules, vivent dans un logement insalubre. Grâce à l’opération SOS taudis, lancée l’an dernier, l’association a recensé plus de 350 situations de logement indigne sur une trentaine de départements. Or, un ménage sur cinq vivant dans ces taudis est composé de personnes âgées. «Il s’agit de gens qui ont travaillé toute leur vie. Mais elles s’enfoncent dans le mal-logement après un cumul d’événements mal vécus, comme la retraite, un changement de domicile, un deuil. D’inconfortable, le logement est progressivement devenu insalubre, par manque de moyens ou d’énergie pour l’entretenir», décrypte Patrick Doutreligne, de la Fondation Abbé-Pierre. En France, 600.000 logements sont considérés comme indignes.

Une grande majorité de ces seniors qui vivent dans des logements insalubres sont propriétaires de leurs murs. En effet, 84% des personnes âgées qui vivent sous le seuil de pauvreté sont chez elles. Mais cela ne les protège pas pour autant de la précarité, quand la retraite suffit à peine à régler les charges. L’association parle d’un mode de vie proche de la «clochardisation à domicile». Avec des conséquences dramatiques sur la santé, l’humidité pouvant déclencher de l’asthme et d’autres maladies aggravées par le vieillissement.

TÉMOIGNAGE– Yves Aubry est responsable de
l’association Une famille, un toit, dans le Maine-et-Loire. Pour lui, «ces problèmes d’inconfort existent depuis longtemps en milieu rural. Seulement ce qui est nouveau, c’est que les personnes âgées vieillissent désormais seules dans leur logement, sans leur famille. Leur état se dégrade d’autant plus vite qu’elles ne ressentent plus le besoin de prendre soin de leur logement et d’elles-mêmes.» Ces situations de grand mal-logement du troisième âge sont difficiles à déceler. «Qu’elles aient conscience de l’état de leur maison ou pas, ces personnes ne demandent rien. Ce sont les travailleurs sociaux qui nous alertent lors d’une hospitalisation ou de l’intervention d’une aide ménagère.»

Laure de Charette

Source : www.20minutes.fr

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