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Enquêtes sur la Réincarnation

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Pendant vingt cinq ans, Ian
Stevenson (1918-2007), directeur
des études comportementales
au département de psychiatrie
de l’université de Virginie,
a voyagé dans le monde entier
pour étudier le phénomène de la
réincarnation. Il a rencontré des
milliers d’enfants exprimant des
souvenirs d’existences antérieures
et a consigné ses observations et les
témoignages dans deux ouvrages
connus dans le monde entier [[Ian Stevenson, 20 cas suggérant la réincarnation,
éditions Sand-Tchou, 1985 et Les enfants
qui se souviennent de leurs vies antérieures, éditions
Sand, 1993]].

Une enquête scrupuleuse

Ian Stevenson a recensé deux mille
six cents cas d’enfants déclarant se
souvenir d’une vie antérieure, dont
certains présentent des marques de
naissance, reproduisant des cicatrices
de blessures faites, ou d’interventions
chirurgicales subies probablement
au cours d’une précédente
incarnation, et authentifiées par
plusieurs témoins des deux incarnations.
Pour lui, de tels cas ne peuvent
se prêter facilement à des
explications autres que celle de la
réincarnation.



Plus de témoignages en Asie

Ian Stevenson constate d’abord
que les témoignages de réincarnation
sont beaucoup plus fréquents
en Asie (Inde, Sri Lanka, Birmanie,
Thaïlande), en Afrique de l’Ouest
et parmi les tribus indiennes
d’Amérique du Nord qu’en
Europe. Cela s’expliquerait plus
facilement par la croyance des
bouddhistes et hindouistes en la
métempsycose (transmigration
d’une âme dans plusieurs corps
successifs).

Souvenirs de la toute
petite enfance

Les enfants interrogés commencent
à parler de leur «vie
antérieure», «vie précédente»
ou «personnalité précédente»
entre deux et quatre ans et
continuent d’en parler jusqu’à
l’âge de sept à huit ans. Ensuite
les souvenirs commencent à s’estomper.
L’enfant peut évoquer la façon
dont il est mort (surtout si la
mort a été violente) et également
son meurtrier. Il parle de
ses «vrais parents», donc de sa
famille précédente. Mais comment
expliquer la réminiscence d’une vie antérieure et l’apparition
des marques de naissance ?

La génétique
n’explique pas tout

Dans un article scientifique [[The explanatory value of the idea of reincarnation]], Ian
Stevenson écrit : «selon la théorie
scientifique la plus généralement
acceptée, on conçoit la personnalité
comme le produit du matériel
génétique hérité des parents et de
l’environnement prénatal et postnatal.
Mais j’ai découvert que certains
cas ne peuvent être expliqués
ni par la génétique ni par l’influence
de l’environnement ni
même par une combinaison de ces
deux facteurs.» Il pense notamment
à certaines phobies de l’enfance, à
certaines habitudes qui se développent
spontanément, à certaines difformités
congénitales, des marques
de naissance, à des questions aussi
irrationnelles que certaines préférences
alimentaires, vestimentaires,
des savoir-faire non enseignés dans
le milieu actuel, la reconnaissance
de lieux ou de personnes, la précognition,
la télépathie…

Blessures et marques
de naissance

Les recherches de l’enquête sont
méthodiques et basées sur des
documents (d’origine médicale, tels
des rapports d’autopsie, des dossiers
d’hôpitaux ou des notes prises
par des médecins) traitant de blessures
et des causes des morts par
des enfants qui se souviennent de
leur vie antérieure. Dans 88% des
cas, les résultats faisant coïncider
les souvenirs de l’enfant et les causes
médicales sont satisfaisants, et
pour les 12% restants, les renseignements
ne sont pas vérifiables.
Face à l’hypothèse «les marques de
naissance correspondent-elles à des
blessures faites sur une personne
décédée lors d’une vie précédente ?»
dans 20 % des cas d’enfants se souvenant
d’une vie antérieure, Ian
Stevenson a découvert une concordance
parfaite entre les traces de
naissance de l’enfant et les blessures
faites lors d’une vie précédente.

Interaction du psychisme
et du corps ?

Ces résultats impliquent rapidement
la question suivante : existe til
un lien entre l’état dans lequel se
trouvait la personne morte dans la
vie précédente au moment de sa
mort et la marque sur le corps de
l’enfant ?
Un des éléments est le constat de
la fréquence élevée de morts violentes.
Dans 58% des cas, l’intervalle
entre la blessure fatale et la
mort de la personnalité précédente
est de cinq minutes et pour
27%, il y a moins de vingt quatre
heures. La mort violente et la blessure
fatale auraient-elles une
influence importante sur la présence
des marques de naissance ?
La mort violente attirerait l’attention
de la conscience sur la partie
corporelle touchée, juste avant la
mort de la personne, ce qui affecterait
considérablement le nouveau
corps (des enfants se souvenant
de leur vie antérieure) par
l’apparition d’une marque à la
naissance, correspondant à l’endroit
de la blessure.
Cette théorie montrerait donc l’interaction
du psychisme et du corps.
La survivance du traumatisme dans
le psychisme après la mort du corps
aurait-elle une influence sur la formation
d’un nouveau véhicule
physique ?

Les malformations de naissance

Alors que les scientifiques attribuent
presque toujours une malformation
à l’intervention du
hasard ou des facteurs génétiques,
des maladies infectieuses, de certaines
drogues ou toxines et des
conditions de vie utérine, Ian
Stevenson démontre qu’entre 43 %
et 70 % selon les cas, les causes des
malformations du corps (malformations
congénitales, maladies internes,
anomalies dans la pigmentation
de la peau, de l’apparence
physique, des postures, des gestes
et mouvements involontaires des
formes de visage ainsi que des cas
de gémellité…) seraient inconnues
et qu’il est bien fondé d’élargir nos
connaissances dans ce domaine.

Personnalité précédente
et vie actuelle

Ian Stevenson a pensé qu’à travers
la mort, une grande partie ou presque
de la personnalité précédente
était perdue mais qu’il y aurait un
lien réel entre la personnalité
actuelle et la personnalité de la vie
précédente. Il dit : «Il n’y a pas de
substitution d’une personnalité à
l’autre, mais la continuité de l’une
à l’autre».
Certaines traditions spirituelles
mentionnaient déjà que la transmission
des traits physiques et des
particularités mentales était le
mode choisi par la nature afin de
pourvoir l’intelligence qui s’incarne,
de l’instrument et de l’entourage
convenables dans lesquels
elle peut continuer son travail.
Qu’elle soit philosophique ou scientifique,
la démarche du chercheur
sincère est de chercher l’essentiel
de la vie et de la mort. Les études
sur la réincarnation peuvent-elles
nous aider à jeter un pont entre la
science et la spiritualité ?


Marie-Agnès Lambert

Article rédigé d’après une étude
de Catherine Guillerme.

Revue n° 206

Source : www.revue-acropolis.com

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