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L’avortement : polémique et acceptation

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L’avortement est encore à notre époque et peut-être plus que jamais, un sujet tabou.

Tout comme la politique, l’homosexualité ou la guerre, l’avortement n’est pas un sujet sur lequel on tombe facilement d’accord.

Certains prônent la religion, d’autres le « contre-nature » et enfin d’autres parlent d’assassinat.

Ici se pose la question de la place du corps dans la religion. Le corps n’est-il qu’une enveloppe charnelle ? Le corps ne sert-il qu’à procréer ?

Si l’on s’en tient à ce concept, l’avortement serait donc une négation de l’utilité du corps, une remise en cause du travail de Dieu si Dieu il y a.

La nature nous a donné des yeux pour voir, des oreilles pour écouter, des jambes pour marcher, un nez pour sentir. Quelle est la finalité de l’ensemble de ces caractéristiques ? A quoi le corps est-il destiné ?


Petite Histoire de l’Avortement


Sujet à controverse depuis la nuit des temps tant sur un plan politique que religieux ou philosophique, l’avortement peut se définir par plusieurs variantes.


On distingue l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) de l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse).

L’IVG provient d’un choix personnel de la femme enceinte en question est n’est pas légal dans tous les pays.

L’IMG est une interruption de la grossesse dans le cas d’un problème du fœtus ou d’un risque mortel pour la mère.


L’avortement est présent dans tous les pays. Des 45 millions d’avortements effectués chaque année, 44% sont clandestins.

Qu’elle se trouve au cœur d’un pays mondialement puissant ou au contraire au cœur d’un pays sous-développé, les peurs et les désirs de la femme restent les mêmes. Ses souffrances sont similaires et les risques qu’elle ou le fœtus encoure à la naissance également.

Pourtant, selon le pays, sa culture et la législation qui y est en vigueur, une femme n’aura pas les mêmes réactions et le personnel médical non plus.

carte du monde-Avortement
carte du monde-Avortement



En Rouge : Dans ces pays (la plupart dans l’hémisphère sud, c’est-à-dire les pays les moins développés) l’avortement y est illégal. Il est autorité seulement s’il permet de sauver la vie de la mère. Mais dans la plupart des cas les médecins n’y ont pas recours, par tradition, respect des mœurs locales, par moralité, dira-t-on ou par risque de mortalité à l’avortement (Afrique, Amérique du Sud) par manque de moyens médicaux.


En Orange : Dans ces pays l’avortement est illégal mais autorisé seulement s’il permet de sauver la vie de la mère et en cas de viol.


En Jaune : Dans ces pays l’avortement est autorisé en cas de viol ou si la santé physique ou psychique de la mère est menacée.


En Vert Clair : Dans ces pays l’avortement est autorisé en cas de viol, pour raisons de santé, ou en cas de difficultés socio-économiques.


En Vert Foncé : Dans ces pays (presque tout l’hémisphère nord, c’est-à-dire le plus développé. Dans les pays industrialisés, 71% des femmes ont le droit de décider elles-mêmes d’interrompre une grossesse non désirée) l’avortement est légal mais parfois restreint par le refus ou le manque de moyen des services de santé. Une trentaine d’états des Etats-Unis prévoit des restrictions à la loi.


Entre 1955 et 1985 la plupart des pays industrialisés ont peu à peu rendu légal le recours à l’avortement. Grâce à des figures emblématiques comme Simone Weil en France l’avortement a été légitimé et a évité la mort de milliers de femmes.

Pourtant, aujourd’hui il est toujours interdit dans 26% du territoire mondial.


A partir de 1985, 21 pays ont assoupli leur législation vis-à-vis de l’avortement. Seule la Pologne est passée d’une législation pour le moins libérale à un régime très restrictif sur la question de l’avortement. En effet, suite à la chute de l’URSS, en 1993, sous la pression de l’Eglise catholique l’accès à l’avortement a été radicalement limité.


Dans différents pays du tiers monde des efforts de libéralisation des lois sur l’avortement sont en cours, ainsi que dans certains pays industrialisés comme l’Espagne ou le Portugal.

Au contraire, dans d’autres pays européens de l’ancien bloc soviétique les partis conservateurs, animés par le concept polonais, cherchent à rendre plus difficile l’accès à l’IVG par des mesures restrictives.


Ce que l’on remarque c’est qu’outre le caractère législatif des différents pays, la loi n’est pas la seule à décider. Le contexte, les valeurs traditionnelles mais aussi et surtout la religion est susceptible d’influencer fortement le choix de la femme ainsi que celui des équipes médicales.

femme et enfant
femme et enfant


Adeline Journet pour www.buddhachannel.tv

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