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Irlande – Méditation ou le Pouvoir du Silence…

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LE POUVOIR DU SILENCE… [[Traduit de l’Anglais par Hélène LE, pour www.buddhachannel.tv ]]


07.04.2008

DUBLIN, Irlande – La prière, ai-je entendu dire, est l’acte de parler à Dieu, tandis que la méditation serait l’acte de l’écouter.

silence_177679t.jpg<< Les grands esprits : la méditation repose sur des techniques anciennes de respiration

J’ai trouvé ces paroles sur la méditation fascinantes, quand je suis tombée dessus récemment. A tel point que ma peur de la pratique spirituelle s’est amoindrie et qu’une bulle de nouvelle curiosité a pénétré ma conscience.

Pour ce qui est de la méditation, j’ai toujours été un épouvantable échec. Dernièrement, je m’étais consolé avec l’idée que la nature était ma méditation : me déposer par la mer et je ne pouvais pas être plus heureuse et présente. Mais avec cette nouvelle étincelle de curiosité, il est temps maintenant, et je suis partie pour donner un nouvel élan à la méditation.

Peut-être qu’en fin de compte j’avancerai jusqu’à faire partie du clan de la méditation du septième ciel, que j’envie depuis si longtemps. Et rien de mieux que des experts pour prodiguer connaissance profonde et conseils.

Dans les nouveaux locaux de la rue James Joyce, le Centre bouddhiste de Dublin -très réputé- propose régulièrement des cours de méditation.

Rejoignant le groupe tardivement, le professeur Vajrahsura me donne un cours condensé sur la meilleure manière de m’asseoir – en tailleur ou sur les genoux (mollets coincés sous les cuisses ), colonne droite et paumes tournées vers le sol sur les genoux – avant qu’environ 15 d’entre nous ne pénètrent en classe.

« Vous ne pouvez pas arrêter la vague mais vous pouvez apprendre à glisser dessus », explique Vajrahsura. « La vie se passe et alors que vous ne pouvez la contrôler, vous pouvez maîtriser votre réponse. A travers la méditation, vous apprenez les motivations et les habitudes de votre esprit et à force de pratique et de discipline, vous commencez à cultiver un nouveau style de vie, plus patient et positif ».

La première pratique du soir de deux heures et demie, est taillée sur mesure pour moi. Appelée « méditation informe », elle consiste à laisser ses pensées faire ce qu’elles ont envie de faire – le seul obstacle étant que vous ne les remarquez que sans jugement.

« Le meilleur moyen de contrôler un taureau sauvage est de lui donner un vaste champ. Il en sortira de lui-même » explique Vajrashura. En règne libre, mon esprit est comme une dizaine de trains fuyant, avec des feux d’artifice s’échappant de chacun. Une armée de pensées, des listes de choses à faire aux personnes à appeler, traverse précipitamment mon esprit. C’est loin d’être relaxant. Je me réjouis d’entendre que l’esprit de mon voisin est occupé par des questions au moins aussi importantes : mangera t-il chinois ou indien ce soir? Est-ce qu’il y aura Desperate Housewives à la télé?

Loin de penser que je suis en échec, Vajrahsura estime que c’est un succès. Devenir conscient de mon état d’esprit maniaque est le premier pas vers le changement.

Cette pratique « informe » est utilisée avec des pratiques focales comme « la Pleine Conscience de la Respiration » et « le Développement de la Bienveillance Aimante » ou Metta Bhavana, pratiquée par les moines bouddhistes depuis 2500 ans. « La première, la pleine conscience de la respiration demande de s’asseoir et de contempler la respiration – ne rien faire qui puisse altérer la respiration ou ne pas s’enquérir du vrai ou du faux ou ne pas trop se soucier du moment où l’esprit finit inévitablement par vagabonder. Cette pratique aide à développer une conscience plus grande de nous-mêmes et du monde autour de nous, elle apaise l’esprit et intègre les énergies », détaille Vajrahsura.

« La seconde pratique, Metta Bhavana, prend cette énergie et la dirige vers la culture des émotions positives, en cela elle nous aide à développer des sentiments de bienveillance aimante envers nous-mêmes et autrui ».

La soirée se termine avec vingt réjouissantes minutes de méditation respiratoire. Le taureau sauvage est lui-même sorti pendant la soirée et il flâne cette fois-ci à travers les champs, en mastiquant les herbes.

Le verdict : la croyance bouddhiste qu’il n’y a rien de pire que la mauvaise méditation est encourageante. Chaque jour depuis le cours, je me suis trouvé un petit recoin pour pratiquer quelques minutes de méditation respiratoire. Parfois mon esprit est farouche, parfois il est plein de préjugés et d’autres fois encore, il attend patiemment que Dieu prenne la parole.

Un stage de cinq semaines de méditation au Centre Bouddhiste de Dublin coûte 150€ (95€ pour les chômeurs). Pour vous inscrire, appelez le 01 817 8933.

Note de l’éditeur: Même si la connaissance bouddhiste du concept de dieu est fondamentalement différente de la foi abrahamique, nous acceptons en toute connaissance du contexte et de l’expérience de l’auteur, son utilisation des techniques de méditation comme moyen de comprendre « Dieu ».


Par Naimh Hooper

Source : The Independent (Ireland)

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