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Birmanie – On ne peut séparer la Religion de la Politique

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ON NE PEUT SÉPARER LA RELIGION DE LA POLITIQUE [[Traduit de l’Anglais par Hélène LE, pour www.buddhachannel.tv ]]


13.06.2008

RANGOUN, Myanmar – Permettez moi de discuter avec le lecteur, du Bouddha et de Son point de vue sur la politique. Etant moine bouddhiste, j’essaierai de vous éclairer sur un mode de vie convenable et la meilleure manière de s’impliquer politiquement, en accord avec l’enseignement du Bouddha. Ces enseignements, loin de ne s’adresser qu’aux bouddhistes, sont aussi destinés aux non bouddhistes. Ils sont pour tous.

upside-down1.jpg<< La politique des moines : Un moine tenant un bol à l'envers. Un acte de refus de l'aumône provenant des militaires, qui constitue la suprême "offense" pour un bouddhiste.

Que signifie être « bouddhiste »? La meilleure réponse étant que ceux qui pratiquent et vivent en accord avec les enseignements du Bouddha sont appelés bouddhistes, car la pratique est très appréciée du Bouddha. Ensuite, que sont les enseignements du Bouddha? La réponse courte et rudimentaire est que nous devons toujours nous efforcer de faire le bien et de pratiquer la bonté, plutôt que de faire le mal et de blesser autrui.

Evidemment, personne ne pourrait jamais conclure que les dirigeants actuels du Myanmar sont bouddhistes. Ils ne se sont attachés qu’à la dénomination, pour s’affilier au Bouddhisme et diriger le pays. Ils « tentent » de devenir bouddhistes sans rien connaître des enseignements du Bouddha. Ces généraux vivent vraiment d’ignorance et de foi aveugle, car les véritables bouddhistes doivent avant tout, être des autodidactes qui continuellement, pratiquent pour atteindre la libération suprême (Nirvana).

La politiques et les affaires politiques sont considérés en Bouddhisme, comme des préoccupations mondaines, oui. Mais le Bouddha n’a pas ignoré ces mondanités, car en Prince aliéné et affranchi de ses préoccupations mondaines antérieures, Il continuait de vivre en société. L’aumône de nourriture vient d’un grand nombre de personnes qui constituent la société. Ainsi, ne devrions nous pas travailler à élever la société jusqu’à ce qu’elle atteigne une forme plus évoluée, pour être plus efficace et plus juste?

Le Bouddha a également recommandé aux moines d’œuvrer pour le bien du plus grand nombre, pour le bénéfice de tout être vivant et pour l’évolution de la société. La fondation de la communauté des moines (Sangha en Pali, le Pali étant la langue originelle du Bouddha) était entièrement dédiée au bénéfice du peuple.

Dans la vie de Bouddha, nous constatons que le Bouddha a souvent abordé la politique avec les dirigeants des royaumes de son temps, tels le roi Mala, le roi Kosala, le roi Licchavi ainsi que le roi Ajatasattu. Le Bouddha a toujours prêché auprès des rois, que ces derniers se devaient de diriger leurs royaumes avec le dasarajadhamma.

En Pali, le dasarajadamma est basé sur les dix préceptes, pour que le roi gouverne son pays au mieux. Ces préceptes recommandent : (1) d’être libéral et d’éviter l’égoïsme, (2) de maintenir un caractère moral élevé, (3) d’être préparé à sacrifier son propre plaisir pour le bien-être des sujets, (4) d’être honnête et de respecter une intégrité absolue, (5) d’être aimable et doux, (6) de mener une vie simple pour que les sujets fassent de même, (7) d’être exempt de toute haine, (8) de pratiquer la non-violence, (9) de pratiquer la patience, et(10) de respecter l’opinion publique afin de promouvoir la paix et l’harmonie. N’importe quel gouvernement ayant le souhait de gouverner une nation pacifiquement, peut mettre en pratique ces 10 préceptes même aujourd’hui; ils ne se sont pas encore « démodés » et ne passeront jamais « de mode ».

Le Bouddha a prêché la non-violence et la paix comme messages universels. Il n’approuvait ni la violence, ni la destruction de la vie. Il a déclaré qu’une guerre « juste » n’existait pas. De ses propres mots, Il a enseigné : « Le vainqueur nourrit la haine; le vaincu vit dans la misère. Celui qui renonce et à la victoire, et à la défaite est heureux et paisible ».

Le Bouddha n’as pas seulement enseigné la non-violence et la paix : il a probablement été le premier et seul enseignant religieux à s’être rendu personnellement sur le champs de bataille afin d’empêcher qu’une guerre n’éclate, en diffusant de la tension entre les Sakyas et les Koliyas qui étaient sur le point de guerroyer au dessus des eaux du fleuve Rohini. Il a également dissuadé le roi Ajatasattu d’attaquer le royaume des Vajjis.

Il a montré que les pays pouvaient devenir corrompus, dégénérés et malheureux lorsque dirigeants du gouvernement devenaient corrompus et injustes. Il a condamné la corruption et a énoncé que les actions des gouvernements devaient se baser sur des principes humanitaires.

La Bouddha a dit un jour : « Lorsque le dirigeant d’un pays est bon et juste, les ministres deviennent bons et justes; lorsque les ministres sont bons et justes, les fonctionnaires sont bons et justes, lorsque les fonctionnaires sont bons et justes, la piétaille devient bonne et juste; lorsque la piétaille devient bonne et juste, le peuple devient bon et juste ».

La religion et la politique sont très clairement assimilables à un billet de banque, pourvues de deux facettes. La face avant peut être considérée comme la religion et la face arrière, comme la politique. On ne peut les séparer l’une de l’autre. Autrement, la monnaie ne vaut plus rien.

De la même manière, les moines bouddhistes et les autres dirigeants religieux ne devraient se détacher de la politique. Je ne signifie pas qu’ils devraient gouverner les pays, mais juste présenter et avancer leurs préceptes bouddhistes à travers le fonctionnement d’un gouvernement, pour empêcher tant de guerres et de conquêtes, de persécutions, d’atrocités si évidentes, de rebellions, et de destructions d’œuvres culturelles et artistiques.

On peut probablement considérer la Thaïlande et le Sri Lanka comme des exemples de nations bouddhistes prospères mais imparfaites. Le Myanmar a encore beaucoup de chemin à faire dans cette direction, et les généraux birmans, s’ils étaient futés et s’ils voulaient la survivance de leur gouvernement, travailleraient à un rapprochement avec les dirigeants bouddhistes, qui ont toujours eu l’appui et la bonne volonté de la plus grande majorité du peuple birman. Au lieu de les écraser, les infiltrer, les emprisonner, les battre, les tuer, et sinon de persécuter les moines bouddhistes du Myanmar.


Par Ashin Mettacara

Source : OpEdNews

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