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Une Famille juive américaine construit une Mosquée dans un Village cambodgien

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UNE FAMILLE JUIVE AMÉRICAINE CONSTRUIT UNE MOSQUÉE DANS UN VILLAGE CAMBODGIEN [[Traduit de l’Anglais par Hélène LE, pour www.buddhachannel.tv ]]


16.05.2008

Alan_Lightman2.jpgLorsque les résidents de ce village pauvre du Cambodge ont besoin de construire, ils font appel aux Lightman.

Le dernier présent de cette famille juive américaine : une mosquée.

« Nous n’avions jamais eu de mosquée aussi belle dans notre village » s’exclame Leb Sen âgé de 81 ans, doyen édenté au visage ridé. « Les jeunes m’ont dit que j’avais de la chance de vivre assez longtemps pour en voir une maintenant ».

Esquissant un grand sourire, Leb Sen joint ses mains et s’incline plusieurs fois en signe de gratitude envers ces donateurs américains – Alan Lightman; sa femme, Jean Greenblatt Lightman et leur fille, Elyse.

Alan Lightman, professeur de Sciences Humaines de 59 ans à l’Institute of Technology du Massachusetts, raconte que la construction de la mosquée ne faisait pas partie du plan initial de sa famille pour améliorer l’éducation dans le village, situé à environ 71 km au Nord-Ouest de la capitale, Phnom Penh.

Einstein_s_Dreams.jpg« C’est dur à saisir. Nous n’avions jamais imaginé que nous construirions une mosquée dans un village reculé du Cambodge », indique M. Lightman, auteur du best-seller « Einstein’s Dreams« .

« C’était tellement étrange pour nous, d’être là-bas » ajoute t-il, « …à mi-chemin sur la planète, et c’est une religion bien éloignée de la nôtre ». Les Lightman ont découvert le village pour la première fois en 2003, quand un ami leur expose de nombreux projets éducatifs. Deux ans plus tard, la Fondation Harpswell, une organisation fondée par M. Lightman pour aider les enfants et les jeunes femmes dans les pays en voie de développement, construit une école dotée de 4 salles, la première du village.

Quelques uns des 600 villageois sont venus à M. Lightman en 2006 pour lui demander de fonder un nouveau centre médical, le choix populaire parmi les femmes, et une mosquée, à la préférence des hommes. Il répond aux villageois de n’en choisir qu’un. Dans une communauté dominée par les hommes, ce fut une mosquée.

« Les hommes ont encore gagné, mais la mosquée est aussi très importante pour la préservation de notre culture et de nos traditions », explique Sit Khong âgée de 50 ans, l’une des cinq femmes du village à faire partie d’un comité qui a pour vocation de désigner les projets. « Nous ne trouverions jamais assez d’argent pour la construire nous-mêmes de toute façon ».

La mosquée, pourvue de l’inscription en lettres d’or « fondée grâce au présent bienveillant de la famille Lightman » au dessus de la porte d’entrée, a ouvert le 9 mai. Elle peut accueillir près de 200 personnes et remplace la petite bâtisse en bois qui n’abritait que 30 fidèles.

Les villageois sont adeptes d’Imam-San, une petite secte islamique qui incorpore Bouddhisme, Hindouisme et Animisme. Imam-San compose environ 3 pour cent des 700 000 Musulmans du Cambodge, qui ne représentent eux-mêmes que 5 pour cent des 14 millions d’habitants cambodgiens, selon le rapport annuel du département d’état américain sur la liberté religieuse.

En plus d’intégrer des éléments venus d’autres religions, les fidèles d’Imam-San ne prient qu’une fois par semaine, et non cinq fois par jour comme le veut la tradition. « Si l’on s’en tient au réel enseignement de l’Islam, ils sont impurs », explique Tin Faizine, un étudiant musulman de 24 ans, interprète des Lightman.

Elyse Lightman, qui écrit un ouvrage sur la culture et les traditions d’Imam-San, confie qu’elle était heureuse d’aider une communauté pas vraiment acceptée par les courants musulmans ou bouddhistes, les deux groupes religieux majoritaires au Cambodge.

« Vous voyez pourquoi les Musulmans ne les considèrent pas comme les siens », dit-elle. Et les Bouddhistes disent ensuite « Et bien, vous priez Allah ». Ils sont donc pris entre les deux.

Elle remarque que les Imam-San, comme les Juifs, ont connu la persécution à travers les siècles, notamment quand les Khmers Rouges se sont emparés du pouvoir au Cambodge de 1975 à 1979 et ont aboli le tout religieux.

« Je pense qu’il y a une part de moi qui ressent une certaine parenté « , détaille t-elle.

Près de 500 fidèles d’Imam-San à travers le pays se sont réunis dans ce village de maisons de bois et de manguiers, afin de célébrer l’ouverture de la nouvelle mosquée.

Sem Ahmad, 57 ans, raconte qu’il voulait que la famille Lightman aide à construire une mosquée dans son village dans la province de Battambang au Nord-Ouest du Cambodge. « Elle est magnifique. Je voudrais la même mosquée parce que nous n’en avons pas de pareille dans notre village », déplore t-il.

Mais M. Lightman réplique qu’il s’agit de sa « première et dernière » mosquée : « je ne pense pas avoir les ressources ou même le temps d’en construire davantage ».

La mosquée a été construite à l’aide des 20 000 $ d’économies de sa famille, et non avec les fonds de la fondation, explique t-il.

Dans le futur, il projette de se concentrer sur l’éducation des Cambodgiens défavorisés, principal objectif de sa fondation.


Par Ker Munthit

Source : Associated Press

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