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Violences au Tibet : Résolution du Parlement Européen

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VIOLENCES AU TIBET – RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN


10.04.2008

Tibet_AFP-2.jpgSuite au débat du 26 mars, les députés ont adopté une résolution sur le Tibet condamnant les récentes répressions par les forces de sécurité chinoises. Ils demandent une enquête indépendante sous l’égide de l’ONU, et appellent à une position européenne commune quant à la participation des dirigeants de l’UE à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en août.

Le Parlement pour une résolution pacifique du conflit. Photo AFP >>

Préoccupés par les événements survenus à Lhassa, capitale du Tibet, depuis le 10 mars dernier, les députés ont adopté à une large majorité (580 voix pour, 24 voix contre et 45 abstentions), une résolution qui condamne « la répression brutale des manifestants tibétains par les forces de sécurité chinoises et tous les actes de violence, quelle que soit leur origine ». Ils y appellent le gouvernement chinois à « garantir des soins médicaux adéquats aux tibétains blessés, ainsi qu’une assistance juridique pour ceux qui ont été arrêtés ».

Ils demandent également « la libération immédiate de tous ceux qui ont manifesté pacifiquement et qui, en cela, n’ont fait qu’exercer leur droit légitime à la liberté d’expression ». Et appellent à l’ouverture, sous l’égide des Nations Unies, d’une enquête indépendante sur les récentes émeutes et sur la répression.

Pour une position européenne commune

Concernant le rôle de l’UE dans cette problématique, les députés demandent à la présidence de l’UE de « s’efforcer de dégager une position européenne commune en ce qui concerne la participation des chefs d’états et de gouvernements ainsi que du Haut Représentant de l’UE à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques », tout en maintenant l’option du boycott au cas où le dialogue entre les autorités chinoises et Sa Sainteté le Dalaï Lama ne serait pas repris. Enfin, les députés insistent pour que le Conseil nomme un envoyé spécial pour les questions tibétaines, afin de faciliter le dialogue entre les deux parties.

La Chine doit respecter ses engagements en matière de droits de l’homme…

Critiquant le traitement souvent discriminatoire envers les minorités ethniques chinoises qui n’appartiennent pas au groupe han, les députés demandent à la Chine d’honorer les « engagements publics qu’elle a pris en ce qui concerne les droits de l’homme et des minorités, la démocratie et l’État de droit et dont le Comité international olympique (CIO) a fait part lorsqu’il a décidé d’autoriser ce pays à organiser les Jeux ».

… et de liberté d’expression

Ils prient également la Chine de ne pas abuser de la tenue Jeux olympiques de 2008 en arrêtant des dissidents, des journalistes et des militants des droits de l’homme en vue d’empêcher les manifestations et les rapports que les autorités considèrent embarrassants. De la même manière, le pays est appelé à ouvrir le Tibet aux médias et diplomates étrangers, et en particulier aux représentants de l’Union. Pour les députés, il faut immédiatement stopper la censure et le blocage des sites web d’information basés à l’étranger, ainsi que libérer « l’ensemble des journalistes, des internautes et des cyberdissidents détenus en Chine pour avoir exercé leur droit à l’information ».

Dans ce contexte, les députés appellent à la libération immédiate du défenseur des droits de l’homme Hu Jia, condamné à trois ans et demi de prison pour subversion.

Soutien au Dalaï Lama pour un Tibet autonome mais pas indépendant

Dans leur résolution, les députés approuvent le Dalaï Lama, qui appelle à protester pacifiquement, rejette les appels à l’indépendance du Tibet, et propose plutôt une « solution de compromis permettant une autonomie culturelle et politique véritable ainsi que la liberté religieuse ». Réaffirmant leur attachement à l’intégrité territoriale de la Chine, les députés soutiennent également l’idée selon laquelle « les Jeux Olympiques offrent une grande opportunité de liberté pour la population chinoise ». Enfin, ils regrettent l’échec des discussions entre les deux parties, et demandent « l’ouverture sans préalable d’un dialogue constructif en vue de parvenir à un accord politique global comprenant une solution viable pour l’autonomie culturelle et politique du Tibet, la liberté religieuse et le respect des droits de la minorité tibétaine « .

Le Président du Parlement Hans-Gert Pöttering avait déjà affirmé son soutien au Dalaï Lama lors du débat de la session extraordinaire du 26 mars, qui a donné lieu à la résolution adoptée ce jeudi. « Nous ne pouvons permettre que le Dalaï Lama soit lié au terrorisme ou démonisé », a-t-il affirmé, appelant les autorités chinoises à « négocier avec le Dalaï Lama et, tout en respectant l’intégrité territoriale de la Chine, d’atteindre un consensus qui respecte et garantisse l’identité culturelle et religieuse du peuple tibétain ».

Concernant l’éventuel boycott des Jeux, il avait affirmé  » que tout homme politique responsable doit se poser la question de savoir s’il peut participer à la cérémonie d’ouverture si les leaders chinois ne souhaitent pas atteindre un consensus. »

La France réserve sa position

En France, Nicolas Sarkozy a appelé « à la retenue et à la fin des violences par le dialogue au Tibet ». Concernant les jeux de Pékin, il a déclaré qu’il déterminerait les conditions de sa participation à la cérémonie d’ouverture « en fonction de la reprise du dialogue entre la Chine et le Dalaï Lama ». Le Président français, qui présidera à ce moment le Conseil de l’UE, en débattra avec ses 26 partenaires.

La Belgique pour une position européenne commune

En Belgique, le Cabinet des Ministres restreint s’est penché sur l’attitude à prendre lors de la cérémonie d’ouverture, mais aucune décision n’a été prise. « On décidera sur la cérémonie officielle en temps utiles », a indiqué le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, ajoutant : «cela doit être une décision européenne ». Il a à ce titre souligné que la question sera à nouveau discutée lors du prochain Conseil européen des Affaires générales et extérieures le 28 avril.

Le Luxembourg opposé au boycott

Le Ministre des Affaires étrangères et de l’Immigration luxembourgeois, Jean Asselborn, a appelé à la fin des violences au Tibet et au dialogue entre les deux parties. Il refuse tout boycott des Jeux: « Le peuple chinois mérite ces Jeux. Le boycottage n’est pas une solution », a-t-il affirmé.


Source : www.Europarl.Europa.eu

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