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Un « Chinatown » pour ressusciter Oranienburg

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Le premier « Chinatown » en allemagne pourrait voir le jour.

Sur un ancien terrain d’aviation militaire, à Oranienburg, au nord de Berlin, des investisseurs veulent faire naître le premier « Chinatown » d’Allemagne. Avec pagodes, lampions, maisons de thé et réplique de la Grande muraille de Chine.



Le maire d’Oranienburg, Hans-Joachim Laesicke, est catégorique. Le quartier chinois qui doit naître de toutes pièces sur sa commune « ne sera pas un Disneyland » version Empire du milieu.



« Ici les gens travailleront, vivront et en même temps présenteront la culture chinoise », assure l’élu social-démocrate de cette ville de quelque 41.000 habitants située aux portes de la capitale allemande.



Deux mille Chinois pourraient s’y installer et développer leurs commerces de restauration ou médecine chinoise, selon lui.



Tout est déjà prévu pour attirer les touristes et amateurs d’Extrême-Orient, quitte à ce que cela n’ait plus grand chose à voir avec la Chine actuelle…



Quand les bulldozers détruisent en effet les petites maisons basses du Vieux Pékin pour laisser place à des gratte-ciel de verre, le « Chinatown » d’Oranienburg s’avère, lui, être la copie conforme d’une cité ancienne de la dynastie Tang (618-907) avec ses pagodes et son dédalle de ruelles.



Tout du moins sur les plans présentés. Car le site actuel a plutôt des airs de terrain vague abandonné au temps qui passe.




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Au bord de la route nationale B96, la future cité chinoise, dont l’édification ne devrait pas commencer avant 2010, devrait voir le jour sur une ancienne piste d’atterrissage de l’Armée rouge. Désertée par les Russes en 1994, la tour de contrôle n’est plus aujourd’hui qu’une carcasse de rouille et de béton tagué. Les herbes folles ont envahi la piste d’atterrissage.



Ce terrain de quelque 80 hectares est en vente depuis des années. La ville n’est jamais parvenue à attirer des entreprises dans cette région qui compte un chômage important. Dans un environnement économique difficile, les sociétés ont préféré se regrouper dans le sud de Berlin en créant une pépinière d’entreprises.



Mais la proximité du centre-ville de Berlin, distant de quelque 20 km, a séduit des investisseurs prêts à débourser 500 millions d’euros pour voir sortir de terre leur ville chinoise.



Originaires notamment de Harbin, en Mandchourie, ces investisseurs ne souhaitent pas pour le moment révéler leur identité. « Par peur de perdre la face » au cas où le projet ne se ferait finalement pas, assure M. Laesicke qui en a tout de même rencontré certains dans sa mairie.



Ils ont confié les plans à un cabinet de Francfort-sur-l’Oder, à la frontière polonaise, et la ville a donné son premier feu vert au projet en mai dernier.



Mais à Oranienburg et à Berlin, les sceptiques sont légions. « Il est peu probable que les Chinois aillent s’installer » dans cette cité, estime ainsi Carola Wodtcke, présidente de la Société d’amitié sino-allemande, car ils sont déjà bien intégrés à Berlin.



Difficile également d' »importer » un « Chinatown » dans un pays où la communauté chinoise est relativement petite et où il n’existe pas de tradition d’implantation de la diaspora chinoise.



Aucune ville allemande ne compte en effet de « Chinatown » comme à San Francisco ou New York. Une communauté avait certes tenté de s’installer durablement dans le grand port de Hambourg (nord) dans les années 20 mais l’arrivée des nazis au pouvoir en 1933 avait fait fuir les Chinois.



Mais qu’il voit finalement le jour ou pas, le projet fascine dans un pays où depuis quelques années, l’engouement pour la Chine est immense. On ne compte plus les sociétés allemandes installées là-bas et l’ancien chancelier Gerhard Schröder s’est rendu à de nombreuses reprises à Pékin. La chancelière Angela Merkel s’apprête d’ailleurs à faire de même à la fin du mois d’août.





Source : Yahoo! Actualités

21/08/07

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