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Trinh Xuan Thuan : « Nous sommes tous des poussières d’étoiles »

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27/08/2011, par Patrice De Méritens

Que nous dit la science sur la nature de l’Univers ? Sur son origine et son futur ? Entre le cosmos qu’il dévoile pour nous et le lotus qui symbolise l’éducation confucéenne et bouddhiste qu’il a reçue, Trinh Xuan Thuan nous invite à emprunter une voie d’intelligence ouverte.

Vous qui avez les yeux dans les étoiles et qui êtes à la confluence de trois cultures, vietnamienne, française et américaine, diriez-vous que l’origine d’une personne peut influencer sa pensée scientifique?

Trinh Xuan Thuan – La méthode scientifique est indépendante de toute origine : un Vietnamien, un Américain, un Français pratiqueront la même science. Qu’ils soient athées, agnostiques, juifs, chrétiens, musulmans ou bouddhistes, ils appliqueront tous cette même méthode reposant sur l’observation à partir de laquelle on construit théories et modèles. Cela posé, un scientifique est toujours issu d’une société, il ne vit pas dans l’isolement, d’où une certaine interpénétration de la pensée elle-même et de la culture. La mécanique quantique, par exemple, a établi qu’une particule élémentaire, ou une particule de lumière, a deux visages : à la fois onde et particule. Je m’explique : la position d’une particule de matière, avant qu’elle ne soit captée par un instrument de mesure, ne peut être décrite que par une onde de probabilité. Un tel concept est difficile à imaginer pour un esprit occidental, qui optera soit pour l’un soit pour l’autre de ces phénomènes, alors que tel ne sera pas le cas pour un bouddhiste, qui est familier de la notion de vacuité, où les choses n’ont pas d’existence intrinsèque, leur existence dépendant de l’observateur.

Cette révolution mentale, les pères de la mécanique quanti que eux-mêmes ont eu du mal à y souscrire. Albert Einstein pensait qu’on ne pouvait appréhender les particules par des probabilités : elles sont ou ne sont pas. «Dieu ne joue pas aux dés!» ne cessait-il de répéter, alors que d’autres scientifiques, comme Werner Heisenberg ou Niels Bohr, se sont tournés vers les philosophies orientales pour comprendre. Exaspéré par Einstein, Bohr lui répliqua un jour : «Cessez de dire à Dieu ce qu’il doit faire!» La mécanique quantique est l’exemple le plus frappant qui m’incline à dire que, même si la méthode scientifique reste immuable, la culture dont on est issu permet de voir les mêmes choses avec une interprétation du monde parfois différente.

C’est ainsi que, selon vos propres mots, «l’astronomie donne à voir mais aussi à réfléchir»…

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1 commentaire

  1. Trinh Xuan Thuan : « Nous sommes tous des poussières d’étoiles »
    L’univers à t il une origine?
    Il me semble que l’homme est comme une logiciel déprogrammé à ce sujet peut être afin qu’il se pose infiniment cette question. Peut être pour être de plus en plus près du créateur ou de « dame nature ».
    En effet est il possible qu’il y ait un début à l’univers? Mais alors qu’y avait-il avant?
    Est il possible qu’il n’ y ait pas de début non plus? ….
    Je crois que c’est la notion de l’infini temporel et spatiale que l’homme n’arrive pas à saisir car il est dans un monde aux apparences finis…
    Je pense que la seule solution est d’admettre notre ignorance à ce sujet et que la question sera éternellement posée. Eternellement : est ce possible?
    Cela veut dire qu’il n’y a finalement pas de finalité à la création de notre univers si ce n’est celle d’y vivre en harmonie.
    Si le monde est infini, ne peut on pas concevoir alors que l’improbable, c’est à dire la conjonction des phénomènes qui concourent à notre existence ne soit possible ? Sans raison particuliere?
    Peit être que nous nous demandons quel est le sens à notre vie simplement parce que nous sommes la et que le infiniment peu probable s’est réalisé? Mais l’infiniment peu probable est plus que possible devant un temps et une espace infini…
    A méditer peut être non ?

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