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Mieux comprendre la religion des Chinois avec l’aide d’un spécialiste de la littérature classique chinoise

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06.10.2010

Jacques Pimpaneau
Jacques Pimpaneau
Bouddhisme, Taoïsme, Confucianisme… Il est bien compliqué de dire quelle est la vraie religion des Chinois et si celle-ci est vraiment comparable à ce que nous connaissons en Occident. Le spécialiste de littérature classique Jacques Pimpaneau a accepté de nous livrer quelques éclairages.

Jacques Pimpaneau est l’un des plus grands spécialistes français de littérature classique chinoise. Titulaire de la chaire de langues et de littérature chinoises à l’institut des langues et civilisations orientales pendant 35 ans, il sort début octobre deux ouvrages : « Les quatre saisons de monsieur Wu » et « A deux jeunes filles qui voudraient comprendre la religion des Chinois ».

Rencontre avec un homme plein de connaissances sur la Chine, et qui nous livre une vision claire et accessible de ce qu’est la religion des Chinois.

Radio 86 : Dans « A deux jeunes filles qui voudraient comprendre la religion des Chinois » vous utilisez le fait que vous ayez deux petites filles curieuses pour expliquer de manière simple un sujet dense.

En effet, les deux jeunes filles sont mes deux petites filles, et j’ai essayé d’expliquer les choses de manière simple. D’habitude on parle des religions chinoises, au pluriel, et j’ai essayé de montrer dans ce livre qu’il y avait une religion chinoise, étant sans dogme mais à plusieurs facettes.

J’ai essayé des comparaisons avec le Christianisme ou avec l’Islam de façon à mieux faire comprendre les choses aux deux jeunes filles, qui ont l’âge à aller au lycée. Mes petites filles dans la réalité ont deux et quatre ans, je les ai fait grandir un peu dans le livre…

Il y a pas mal d’obstacles à la compréhension des croyances chinoises, notamment dus aux traductions. On parle souvent de dieux chinois, mais il ne s’agit pas vraiment de dieux au sens occidental du terme, mais plutôt de saints comparables à ce que l’on a dans le Christianisme.

Quand on fait le rapprochement avec les saints, tout devient beaucoup plus clair. L’équivalent de Dieu c’est le Tao.

Radio 86 : Vous englobez tout dans une pensée religieuse. Cette pensée inclut quoi ? Le Bouddhisme, le Confucianisme, le Taoïsme ?

Oui, et cette pensée chinoise a même adopté récemment des éléments du Christianisme, dans la province du Shaanxi, un culte de Vénus s’est développé…

Radio 86 : Peut alors vraiment parler de religion chinoise ?

Il y a des croyances, notamment dans l’au-delà, en un Dieu unique (le Tao) et des saints, même si la coloration est différente de ce que l’on connaît en Occident. Il n’y a pas de dogme, donc il y a beaucoup d’emprunts au Taoïsme et au Bouddhisme, ce dernier étant étranger à la Chine.

Chaque individu est plus taoïste, bouddhiste ou autre selon sa sensibilité personnelle. C’est comme en Occident : certains qui se disent catholiques sont selon moi protestants car ils ne vont pas à l’église.

– Radio 86 : si vous deviez recommander un ouvrage de la littérature chinoise, un seul pour commencer et découvrir, ce serait lequel ?

Zhuang Zi. J’avais une professeur à l’université de Pékin en 1958 qui était très cultivée et ne connaissait pas Zhuang Zi. Elle m’a expliqué que c’était son mari, bibliothécaire à l’Académie des Sciences, qui lui interdisait de le lire : ce livre est tellement beau qu’elle risquait de ne pas vouloir lire autre chose. Il voulait donc qu’elle lise d’autres livres jusqu’à ses 30 ans pour ensuite pouvoir apprécier le Zhuang Zi.

N’oubliez pas de réécouter l’interview de Jacques Pimpaneau dans Chine Hebdo en cliquant ICI


Nicolas Jucha

Source : www.radio86.fr

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