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Jampa Tsedroen — L’Esprit

jeudi 7 juin 2007

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Cette vidéo est un extrait du double DVD sur le 9ème congrès international Sakyadhita.
Retrouvez ce DVD en cliquant ici.

Des chances égales pour atteindre l’éveil


Depuis qu’elle est devenue Bhikkhuni, il y a 20 ans de cela, Jampa Tsedroen s’est engagée afin de donner la possibilité aux autres femmes de poursuivre la pratique de leur foi.


VASANA CHINVARAKORN


L’humilité est son trait de caractère le plus significatif. En dépit d’un engagement important au cours des deux dernières décennies, la Vénérable Jampa Tsedroen est restée une femme sereine et modeste.


Jampa TsedroenMais sa chaleur humaine naturelle est marquée d’une sérieuse détermination. En fait, c’est probablement l’équilibre entre ces deux qualités qui lui permet de faire ce qu’elle fait si bien, c’est-à-dire militer en son nom pour que les femmes du monde entier soient capables de poursuivre leur chemin vers l’éveil en tant que Bhikkhuni, c’est-à-dire moniale bouddhiste ayant reçu la pleine ordination.


La mission qu’elle s’impose est loin d’être facile ; la moniale d’origine allemande remarque en riant qu’elle a rarement le temps de dormir. De plus, la nature controversée du problème qu’elle a soulevé c’est-à-dire que la majorité des moines refusent d’entendre parler de la possibilité d’admettre des femmes, et qu’en même temps certains groupes de femmes concernées évitent le sujet ou se plient à l’avis de leur contrepartie masculine, conduit la Vénérable Jampa Tsedroen à avancer avec une grande prudence.


Bien qu’en politique et dans la défense d’autres causes sociales, l’utilisation de termes tels que “droits“ ou “combat“ risque de provoquer des peurs ou même de discréditer le mouvement, Jampa Tsedroen avance tout de même, prenant le risque d’être qualifié par ses opposants de combattante féministe, c’est-à-dire de “gung-ho“.


Quiconque intègre la voie bouddhiste préfèrerait de loin vivre une vie paisible en harmonie avec ses coreligionnaires. Nous voulons pacifier nos propres esprits. Ainsi, par exemple le mot "combat" n’est pas d’usage dans les enseignements bouddhistes, nous explique la Bhikkhuni.


"Je viens d’une tradition où l’on nous entraîne à êtres critiques et à nous battre pour nos droits. Mais je remarque que si je traduis en tibétain le mot "droit", c’est-à-dire "tobtang", je ne manque pas de choquer. Mon professeur me disait souvent qu’il était plus convenable de dire "gokab", qui signifie "chance" ou "opportunité". Mais je suis aussi politiquement active, j’ai étudié le problème de la violation des droits de l’homme au Tibet. Je suis donc habituée au mot "combat", et je suis prête à combattre, si cela s’avère nécessaire."


"Lors de la conférence d’inauguration de Sakyadhita International (Association des femmes Bouddhistes) à Bodh-gayâ en 1987, je me souviens que Sa Sainteté le Dalaï Lama lui-même disait : "Vous les femmes, vous devez vous battre pour ça [l’ordination de Bhikkhuni]. Vous ne pouvez pas attendre que les moines vous la servent sur un plateau".


La sensibilité sémantique n’est qu’une petite partie du défi que représente la notion d’aider les femmes bouddhistes. L’obstacle majeur s’inscrit dans les centaines d’années de patriarcat dont la sphère spirituelle n’a pas été épargnée.


Ironie du sort, les opposants actuels justifient leur démarche par le fait que le Bouddha n’ait autorisé le premier groupe de femmes à être ordonné, que sur l’insistance expresse de sa belle-mère Mahapajapati, étant précisé que le consentement ne fut finalement donné par le Bienheureux qu’après que le moine qui l’assistait eut plaidé que les femmes étaient tout aussi capables que les hommes d’atteindre l’illumination.


Les opposants à l’ordination féminine se retranchent ainsi derrière le refus initial du Bouddha face à la demande de Mahapajapati, et l’existence de huit règles appelées Gurudharma qui restreignent fortement le rôle monastique des femmes.


A de nombreuses reprises, les opposants font également référence à la rupture de la lignée Bhikkhuni en parallèle avec le déclin des institutions ecclésiastiques en Inde et au Sri Lanka.


Nonne SakyaFace à une telle opposition, l’approche de la Vénérable Jampa Tsedroen se contente d’un appel modéré et poli à un retour à l’esprit originel des enseignements du Bouddha.


Plutôt qu’un appel à l’émotion, la Bhikkhuni et ses coreligionnaires militants se sont engagés dans une étude sérieuse des textes sacrés de Vinaya afin de montrer combien il était courageux, visionnaire et compatissant d’ouvrir l’espace à "l’autre sexe".


Un des textes que Jampa Tsedroen cite souvent est le Cullavaga X, dans lequel le Bouddha répond à la question de son disciple Ananda quant à la capacité des femmes qui décident de partir loin de chez elles pour se vouer dans la solitude à la pratique du Dharma, de pouvoir se libérer du cycle du samsara (le cycle sans fin de naissance, souffrance, mort et renaissance).


Le Bouddha répondit : "Les femmes, Ananda, ayant été loin, sont capables de réaliser le fruit d’un accomplissement continu ou le fruit d’un "unique retour", celui de "non-retour" ou "niveau d’un Arahant".


Ces mots vivifiants furent prononcés à nouveau lors d’un récent discours capital de Jampa Tsedroen au bureau de l’ONU à Bangkok, où la moniale faisait partie des 20 destinataires du prix de l’ONU 2007 des Femmes Bouddhistes Exceptionnelles.


Que dirait le Bouddha de nos jours ? Peut-on suivre les préceptes bouddhistes tout en mettant à part les droits de l’homme ? C’est la question que Jampa Tsedroen a posée lorsqu’elle a reçu son prix. Ne serait-il donc plus possible de devenir une Bhikkhuni de nos jours, alors que tout le monde parle de la parité hommes femmes (droits garantis par la Déclaration Universelle des Droits de l’homme et par la Charte des Nations Unies), et alors qu’il y a 2500 ans, pendant la vie de Bouddha, l’ordination des Bhikkhuni était effective.


Redonner vie au Sangha des Bhikkhuni ne signifie pas moderniser le Bouddhisme ou simplement l’adapter aux besoins séculiers. Redonner vie à ce Sangha signifie un retour aux origines et à l’état d’esprit de Bouddha.


Du coup, en dépit du fait que la Vénérable Bhikkhuni refuse de s’attribuer le mérite de son travail, sa campagne au sein du "Committee of Western Buddhist Nuns" (Comité des Moniales Bouddhistes Occidentales) annonce un chapitre rafraîchissant dans l’histoire de la mondialisation du Bouddhisme.


Pour des raisons historiques, la tradition bouddhiste mahāyāna (aussi appelée Dharma Gupta) telle que pratiquée en Corée du Sud, à Hong Kong, Taïwan et au Vietnam, a toujours été la tradition la plus ouverte à l’ordination des femmes. De nombreuses femmes occidentales, dont Jampa Tsedroen ont cherché et obtenu cette ordination dans ces pays-là.

Il est à noter que la tradition tibétaine autorise l’ordination des femmes seulement en tant que novices, ou samaneris, alors que la tradition Theravada ne reconnaît ni l’existence des samaneris, ni celle des Bhikkhuni. Ce sont ces femmes qui, avec l’aide d’autres femmes bouddhistes ont fermement fait avancer les choses. Selon Jampa Tsedroen, Sa Sainteté le Dalaï Lama, en tant que chef du bouddhisme tibétain, a accordé son soutien au mouvement destiné à faire revivre l’ordre des Bhikkhuni, en faisant une donation de 50.000 francs suisses (c’est-à-dire environ 30.600 €uro ou 1.400.000 bath) provenant de ses droits d’auteur afin de financer les activités du Comité des Moniales Bouddhistes Occidentales.


Néanmoins, le leader tibétain a déclaré ne pas pouvoir agir seul face à ce problème crucial. Les autorités monastiques, hommes et femmes, provenant d’autres traditions et pays bouddhistes se doivent de participer au débat, afin que soit arrêtée une décision collective. C’est pour cette raison qu’a été mûri l’idée d’un Congrès International historique portant sur "Le rôle des femmes bouddhistes dans le Sangha - Bhikkhuni Vinaya et lignées d’ordination", lequel se tiendra du 18 au 20 juillet 2007 à Hambourg, en Allemagne.

En tant qu’organisatrice principale, Jampa Tsedroen a travaillé en liaison aussi bien avec les supérieurs des moines et moniales de différentes traditions, qu’avec des laïcs et des chercheurs non bouddhistes travaillant sur le Vinaya et l’histoire du bouddhisme.

Sa Sainteté le Dalaï Lama très intéressé par les opinions des moines du Theravada car ils connaissent parfaitement le Vinaya, aimerait que ceux-ci présentent le meilleur moyen de faire revivre l’ordre des Bhikkhuni en accord avec le Vinaya. Seront donc invités à Hambourg autant de chercheurs du Vinaya que de moines leaders de pays du Theravada afin qu’ils se penchent ensemble sur les spécificités du bouddhisme tibétain.


Sa Sainteté a aussi déclaré qu’il aimerait trouver un soutien de la part de tous les pays où le Bouddhisme est pratiqué afin qu’ils acceptent de favoriser l’élévation du statut des femmes. L’idéal serait donc d’aboutir à une résolution internationale commune, permettant de soutenir moralement tous les leaders bouddhistes dans l’optique de faire revivre les préceptes des Bhikkhuni.

La restauration, si elle était mise en place, ne profiterait pas seulement au domaine ecclésiastique. Dans le même discours devant l’ONU à Bangkok, Jampa Tsedroen affirmait que le bas niveau social des femmes mène à leur exclusion des ordres religieux, et que cet état de fait était à l’origine de la perpétuation de leur oppression. Beaucoup de partisans de l’ordination des Bhikkhuni considèrent qu’il existe un lien direct entre le statut inférieur des femmes au sein du Bouddhisme thaïlandais, et leur statut inférieur au sein de la société civile (thaïlandaise), ce qui les expose à des risques d’abus tels que la violence domestique et le trafic sexuel.


En revanche, Jampa Tsedroen faisait remarquer que certaines moniales avaient un rôle majeur dans le progrès social de pays tels que Taïwan et la Corée du sud. Grâce à l’accès à une bonne éducation, elles sont devenues des atouts de valeur, au service de leur communauté dans de nombreux domaines et de nombreuses institutions (hôpitaux, universités, media, chaînes de télévision bouddhistes), écoles, petite enfance, etc..
À l’approche de la cinquantaine, Jampa Tsedroen qui donne des enseignements et termine une thèse de doctorat à l’Université de Hambourg, ne ménage pas ses efforts en faveur de l’aide aux réfugiés dans le cadre du Centre tibétain de Hambourg, et de la cause des femmes. En vertu d’un programme qu’elle avait initié dès 1988, elle œuvre aussi à la formation de jeunes moniales tibétaines en Inde du sud. Ce n’est pas sans fierté qu’elle a évoquée comment les élèves moniales avaient excellé dans leur formation religieuse, deux d’entre elles ayant de ce fait été récemment invitées à enseigner de l’Abhidharma (matière de très haut niveau) dans un monastère à Taïwan. Mais lorsque l’on en vient à parler de sa propre pratique, la Vénérable Bhikkhuni reste très modeste. Fidèle à ses vœux de Bodhisattva, Jampa Tsedroen déclare que le service de la Communauté était pour elle chose plus importante que n’importe quel épanouissement personnel. Modeste, elle déclare : "J’ai l’impression de ne pas avoir assez pratiqué. J’ai accumulé des qualités et j’ai grandi en sagesse, mais je n’ai pas assez de temps pour méditer et prendre du recul."

"Maintenant je me sens vieillir, mes cheveux grisonnent et ma vue baisse, j’ai des problèmes de dos et je perds la mémoire. J’ai un peu peur" Puis après une pause elle s’est esclaffée pour déclarer qu’elle mourrait probablement avant de pouvoir pratiquer une méditation appropriée".

"Nous devons prendre la vie comme elle vient, et prendre le meilleur de chaque situation. Je mets donc beaucoup d’espoir dans les jeunes moniales tibétaines."
Congrès Sakyadhita à Hambourg


Le Congrès International consacré au rôle de la femme bouddhiste dans la Sangha se tiendra du 18 au 20 juillet 2007 à Hambourg en Allemagne.

Pour plus de détails voir www.congress-on-buddhist-women.org


Source : BangkokPost


D’autres informations sur le site de Sakyadhita France.


Vous pouvez aussi vous adresser à Sakyadhita France pour toute question concernant le Congrès de Hambourg :
gabriela.r@wanadoo.fr


www.buddhachannel.tv




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