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M. Taisen Deshimaru, C’est cette forme d’ego qu’il faut rechercher

7ème koan du Hekigan Roku, Recueil de la falaise vert émeraude, Extrait du "Le Vrai Zen", Ed. A.Z.I

mercredi 16 mars 2016

Langues :

L’enseignement de M. Deshimaru, est abordé ici sous l’angle du mondo zen "question-réponse". Ce mondo a été extrait du livre "Le Vrai Zen", ouvrage compilé et publié aux éditions de l’A.Z.I par d’anciens disciples de M. Deshimaru dont le moine Meiho Michel Bovay, très grand et très proche disciple, décédé à Zurich, le 23 Avril 2009.

Question à Maître Deshimaru



Quelqu’un a dit : « Dans le bouddhisme, l’esprit de chacun est Bouddha. »

Ainsi, même si vous ne récitez pas de Sutras et ne faites pas zazen, vous ne vous opposez pas au bouddhisme. Comme le bouddhisme est présent dans l’esprit de chacun, le satori (l’éveil) existe aussi en lui. Il n’est pas nécessaire de recevoir des instructions d’autres maîtres, de faire des efforts pour pratiquer zazen, ce qui nous causerait des douleurs dans les jambes.

Réponse et commentaires de M. Taisen Deshimaru extraits du livre « Le vrai zen », Editions de l’A.Z.I

C’est une question tout à fait stupide. Je suis tellement surpris que l’on me pose une telle question que je ne sais pas quoi répondre. C’est vraiment la plus stupide que l’on m’ait posée jusqu’à maintenant.

Si votre opinion était exacte, serait-il nécessaire d’enseigner le zen en supposant que personne ne veuille le pratiquer ? Mais il faut prendre en considération que dans le passé, de nombreuses personnes ont essayé de trouver de vrais maîtres et ont fait zazen sérieusement.

Vous devez savoir qu’il est essentiel de ne pas avoir une conception individualiste du monde, c’est à dire une conception qui consiste à nous distinguer des autres.
Vous devez prendre en considération le fait que l’existence de chacun est liée à celle des autres dans une unité.

Si Sakyamuni s’était considéré comme Bouddha, s’il avait pensé qu’il pouvait atteindre le satori (l’éveil), il lui aurait été difficile de pratiquer zazen.

Je répondrai à cette question en utilisant les paroles des grands maîtres du temps jadis :

Hekigan Roku 7, Hogen interroge au sujet de Bouddha

Reiryu Philippe Coupey, Ne rien rechercher

L’un des élèves de Maître Hogen se nommait Sokko Kannin. M. Hogen lui posa une question : « Depuis combien de temps, êtes-vous mon élève ? » Sokko lui répondit : « Trois ans. »

Le maître lui dit alors : « Je suppose que vous êtes venu ici pour connaître la plus grande question de la vie. Mais pourquoi ne m’avez-vous pas encore interrogé sur ce problème essentiel ? »

Sokko répondit : « Je ne peux pas vous mentir ; lorsque j’étais élève de Maître Seiho, j’ai déjà compris le secret du Bouddhisme, c’est-à-dire la liberté intérieure. »

Alors, le maître ajouta : « Bien, par quels mots pourriez-vous exprimer le secret du bouddhisme ? »

Sokko répondit :
- Lorsque j’ai demandé à Maître Seiho ce qu’est le véritable ego, il m’a répondu :
« Un enfant du nom de Byojo est venu pour demander du feu. »

Un enfant du nom de Byojo est venu pour demander du feu



 [1]

Hogen fit remarquer : « Voilà un très bon mot mais en avez-vous compris le sens ? »
Sokko répondit : « Byojo appartient au feu, et c’est ainsi le feu qui demande le feu. J’ai compris que si je veux retrouver mon véritable ego, c’est mon ego qui doit le chercher. »

M. Hogen dit : « C’est ce dont j’avais peur, vous n’avez pas encore compris. Si c’était là la vraie signification du bouddhisme, le bouddhisme n’aurait pas continué jusqu’à nos jours. »

Sokko se leva très déçu



Alors Sokko se leva très déçu. En s’éloignant il réfléchit et se dit : « 
- Le moine Hogen est le plus grand maître de notre pays et il a plus de 500 disciples. Il y a sûrement une leçon à tirer du fait qu’un aussi grand maître m’ait dit que j’avais tort. Je vais lui poser à nouveau ma question. »
Il revint dans la pièce, s’excusa sincèrement, confessa son erreur et posa avec la plus grande délicatesse la question suivante : « pouvez-vous me dire s’il vous plaît, quel est mon véritable ego ? »

Hogen répondit :
- Un enfant-disciple du nom de Byojo demanda du feu, c’est-à-dire ce que M. Seiho avait dit précédemment.
Ainsi, Sokko s’éveilla pour la première fois.

… Suite des commentaires de M. Taisen Deshimaru



Je pense que vous comprenez maintenant ce que signifie cette histoire.

Croire que l’ego est Bouddha n’est pas le vrai bouddhisme. Seule la pratique de zazen permet de le trouver en nous.

Nous ne devons pas penser que nous avons compris lorsque nous avons entendu que les paroles. Ce n’est pas une véritable compréhension.

Nous devons toujours demander au maître comment il faut pratiquer et nous devons nous concentrer sur zazen. Nous ne devons pas en rester à une connaissance relative de nous-mêmes et y trouver une cause de fierté.

Se réveiller et devenir pleinement conscient en se délivrant des impulsions du désir par l’observation de l’impermanence des phénomènes.
Se réveiller et devenir pleinement conscient du soi-même qui n’est pas différent de l’essence de Bouddha ; la véritable essence qui est en harmonie avec l’univers.

Si un ego peut constater en lui le moindre désir, il n’est pas Bouddha.

C’est pourquoi beaucoup de grands maîtres depuis le Bouddha ont effectivement réalisé l’illusion qui donne la conscience d’un ego et pratiqué avec énergie jusqu’à la mort. C’est cela zazen.


Si nous continuons zazen, notre égoïsme disparaît et nous pouvons atteindre la condition naturelle, originelle dont Bouddha a eu l’expérience.

… Suite des commentaires de M. Taisen Deshimaru



C’est cette forme d’ego qu’il faut rechercher. Est fausse l’idée qu’on est déjà Bouddha et que par conséquent, il n’est pas nécessaire de trouver un vrai maître.

Vous avez toujours besoin d’un vrai maître pour corriger vos fautes et vous montrer quelle est votre véritable nature.
Vous avez besoin d’un maître qui vous enseigne la bonne direction à suivre car vous risquez toujours de tomber dans le dogmatisme si vous continuez à pratiquer zazen seul.

Vous devez avoir des contacts personnels avec un maître authentique.
Etant donné qu’il est essentiel de continuer zazen et de trouver soi-même sa propre voie en posant des questions précises au maître sur la manière de pratiquer,

c’est plus l’expérience que la personnalité du maître qui est importante.

Vous ne devez pas vous montrer fier de votre connaissance du bouddhisme et vous ne devez pas l’interpréter à votre gré, car le premier effet serait de troubler votre pratique.

Si vous cessiez maintenant les contacts avec le maître, vous ne comprendriez jamais le secret du bouddhisme.




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