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100 koans inédits en Français

jeudi 12 mars 2009

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A travers les koans de ce recueil, maître Seccho Juken [980-1052] de la lignée du zen rinzaï, continue de nous interroger à travers le temps au sujet de l’enseignement du zen. Ces questions qui ont touché M. Dogen [1200-1253] ou encore M. Sokei Daichi [1290-1366] de la tradition du zen soto restent fraîches au 21è siècle et n’ont pas pris un seul grain de poussière. Voici de nouveau un sujet d’actualité "Qu’est-ce-que Bouddha ?"

(*) traduction et adaptation par Reijo YB

Introduction par Engo

Une telle phrase est déjà entendue avant l’apparition du son, elle n’a jamais été transmise par les milliers de saints, une telle intimité est si stricte que, lorsqu’elle n’a jamais été vécue, vous est aussi distante que le ciel de la terre. Même si vous pouviez comprendre avant même l’apparition du son, même si vous vous étiez isolé de toutes les langues fourchues de ce monde, vous n’êtes pas encore celui qui, avec l’esprit de vigilance réagit
 [1] dans l’instant, avec exactitude. Pour cette raison, on emploie l’expression : « Le ciel ne saurait le cacher, la terre ne saurait le porter, la vacuité ne saurait le contenir, soleil et lune ne sauraient l’illuminer ».

Seulement, en ce lieu, en ce point où il n’y a point de Bouddha, où il n’y a pas point de « moi je » qui s’auto proclame éveillé [2] alors, il y a un potentiel de comparaison et de perception. Si ce n’est pas encore ainsi, il vous faudra pénétrer profondément jusqu’à la racine du cheveu et faire jaillir cette grande lumière de l’intérieur alors, sept fois verticalement, huit fois horizontalement, vous êtes celui qui observe-connait-comprend-voit-reconnait, celui qui peut faire usage du dharma de la liberté de jizai [3] - vous prenez ou vous lâchez prise, tout est totalement exact.

Dites-moi, qu’avez-vous atteint de si extraordinaire ? Ce corps souffrant depuis toujours, personne ne le sait, tous pourtant, discutent de la grandeur de l’accomplissement de l’œuvre.

Laissons ceci pour plus tard. A quoi ressemble le koan de Seccho ? Examinons les phrases qui suivent.

Koan


Un moine questionne le moine Hogen [4]
– œil du dharma, « Mon nom est Echo – je vous le demande, qu’est ce que c’est que Bouddha ? » Hogen dit : « Vous êtes Echo. »

Commentaires de Seccho


Le moine zen Hogen dispose de l’opportunité et instantanément, il a brisé de l’extérieur et frappé de l’intérieur – pareillement au poussin et à la poule qui simultanément brisent ensemble la coquille. Disposant des moyens, vigilant à chaque instant, il s’en est immédiatement saisi pour répliquer promptement avec une exactitude sans pareille. On pourrait en dire que cela transcende sons et phénomènes, couleurs et formes, obtenant la plus grande libération en soi-même, ici et maintenant - jizai  [5] , prendre et lâcher-prise au même moment, vivre ou mourir : tout dépend de soi-même - cela est réellement extraordinaire.
Cependant, ce koan a été discuté par beaucoup, localisés à différents endroits ; ceux qui créent compréhensions et interprétations conditionnées par sens, émotions et attachements, n’étaient pas des moindres.

Ils ne savent pas que les anciens, dès qu’ils lâchent une parole, la moitié d’une phrase, actionnent le feu du silex, le flash éclair du ciel. Immédiatement à cet endroit, ils (les anciens) ouvrent et montrent la voie directe. Nombres de successeurs de leur époque utilisent raisons et sentiments, pour expliquer, discourir en courant sur paroles et mots : « Echo est réellement un Bouddha et c’est pour cela que, Hogen parle ainsi. » ou alors ils disent : « C’est comme une personne assise sur le dos du buffle qui, recherche le buffle. »

Si nous comprenons ainsi, non seulement nous nous trahisons nous-mêmes mais également, nous enterrons totalement les anciens. Si on veut observer l’opportunité saisie par Hogen, on doit être identique à celui qui, frappé par le bâton, ne se retourne pas, les dents pareilles à l’épée tranchante, la bouche comme un bol rempli de sang [6] ; on doit être celui qui vise à l’extérieur des paroles et qui, intérieurement, connaît le point de retour. Alors, en partie, nous ne sommes pas séparés de Hogen. Si, à chaque opportunité, nous sommes éclairés, à l’extérieur de nous-mêmes, par nos sens, attachements, par notre compréhension alors, chaque personne de ce monde est en train d’exterminer la race des Bouddhas.
Le disciple laïc zen Echo a atteint le grand éveil, à cet endroit. Depuis longtemps, il a étudié et pratiqué profondément et c’est pour cela, qu’en cette occasion, la phrase prononcée influence à l’infini, à l’image d’un seau troué.
Même le superintendant de la sangha de Hogen n’a jamais pratiqué [zazen] à l’occasion d’une retraite – sesshin. Un jour, Hogen l’interrogea : « Superintendant, pourquoi n’entrez pas dans le dojo ? » Le superintendant répond : « Osho, ne savez-vous donc pas qu’auparavant, qu’au temple Seirin, j’ai déjà eu l’occasion d’être éveillé. » Hogen dit : « Alors, s’il vous plaît, dites-nous quelque chose. » Le superintendant raconte, j’ai posé cette question :
- Qu’est-ce-que c’est que Bouddha ?
- Le dieu du feu vient demander du feu - avait répondu le moine Seirin.

Le moine Hogen dit :
- La parole est délicate, j’ai peur que vous ne vous mépreniez. S’il vous plaît, auriez-vous l’obligeance de nous dire ce que vous avez saisi ?
- Le dieu du feu appartient au domaine du feu ; tout comme moi, je suis le Bouddha qui recherche le Bouddha.
- Effectivement, vous n’aviez pas saisi.

Le superintendant se met en colère, prit ses bagages et quitta les lieux, il traversa la rivière [7] . Ex : Bodhidharma traversa la rivière du Yang Tsé, il quitta le pays des Liang pour aller au pays des Wei. immédiatement. Le moine Hogen dit alors :
- Cette personne, si elle revient, peut-être sauvée. En revanche, si elle ne revient pas, elle ne saurait être sauvée.
En chemin, le superintendant s’interrogea intérieurement :

- Le moine Hogen est le maître d’une sangha de plus de 500 personnes, comment pourrait-il me tromper ? Il revint sur ses pas. Le moine Hogen dit :
- Je vous autorise à me questionner. Pour vous, je vais répondre.
- Qu’est-ce-que Bouddha ?
- Le dieu du feu vient rechercher le feu.
En ces mots, le superintendant atteint le grand éveil.

A présent, certains qui ne peuvent saisir, discutent et disent qu’il ne faut pas créer des blessures sur la peau saine.

Les pratiquants du zazen de longue date discernent exactement le sens de ce genre de koan dès qu’il est énoncé. Nul besoin d’employer les cinq princes et leurs sujets, d’expliquer les remèdes des quatre étapes [8], ces derniers [pratiquant du zazen] font usage « des pointes des flèches » qui se rencontrent exactement.

Ceci est l’essence de la discipline de transmission de l’école de Hogen. Un seul mot, une seule phrase est prononcée et la transmission exacte est réalisée. A l’opposé, si vous recherchez, calculez et restez attaché au verbe alors, nul doute que vous ne pouvez saisir.

Eveil et KI


Cinq cents personnes suivaient l’enseignement de Hogen, à cette époque l’ère bouddhique était prospère. A la mort de Suzan, son maître chan, le maître national qui avait passé beaucoup de temps auprès de lui et qui estime disposer de la clé de l’éveil, rassembla ses écrits, prit en charge sa sangha et partit à la rencontre de la sangha de Hogen. Arrivant sur les lieux, il n’entra pas dans l’habitat mais chargea d’autres personnes de cette tâche.

Un jour, Hogen monta sur l’estrade quand un moine le questionna ainsi :
- Qu’est ce que c’est qu’une goutte d’eau de la source du Tao ?
- C’est une goutte d’eau de source du Tao.

Le moine recula, frappé de stupeur mais le maître national, en entendant la réponse de Hogen, eut le satori -l’éveil.

Par la suite, il devint un des successeurs et avait composé ce poème :

Profond, mystérieuse perception sur le pic de la montagne
Cela n’est pas du monde humain
En dehors de l’esprit, pas d’objet
En dedans des yeux, seulement la montagne bleue

Hogen lui remit son sceau de transmission. Avec ce seul poème, tu mérites de devenir un de mes successeurs. Par la suite, tu seras haussé au rang le plus haut, je ne peux t’égaler. Si nous observons les anciens, à quoi s’étaient-ils éveillés ?

Il n’est pas possible de questionner les moines et de leur demander paroles et mots mais, il faut soi-même, pendant les vingt-quatre heures, créer à l’identique cette énergie de l’esprit – ki et assumer, avec les anciens, charges et responsabilités.

Dans le futur, quand vous serez à la croisée des chemins, allonger votre bras pour aider ne sera pas une affaire difficile. Pour cette raison, quand le moine questionna Hogen : « Qu’est-ce-que Bouddha ? », ce dernier répondit très naturellement :« Vous êtes Echo » Y-a-t-il une contradiction ?

Ne voyez-vous pas Unmon qui dit :

« Quand l’occasion vous est donnée, si vous n’en tenez pas compte alors, vous le manquez ; si vous essayez de réfléchir ici et maintenant alors, quand donc ? A quel karma, à quelle prochaine vie, pourriez-vous vous éveiller ? »

Le poème de Seccho brille, venez donc. Regardez !

Au royaume de la rivière jaune,
La brise de printemps remue, rien ne bouge.
Au jardin des fleurs touffu et ombragé, la voix chantante d’une perdrix s’élève.
Trois marches, de hautes vagues s’élèvent, une carpe devint dragon
Maintenant encore, recherchant dans la nuit,
Les fous lancent des filets et pêchent.

Commentaires d’Engo

Seccho est réellement un grand moine, là où cela est réellement difficile, très difficile à mâcher, à pénétrer, à discerner tant les nœuds sont entremêlés, il est capable de tout dénouer et d’en faire une synthèse avec quelques versets, s’évertuant ainsi d’ouvrir l’œil des successeurs. C’est réellement hors du commun. Seccho a la clé de Hogen mais maîtrise aussi les difficultés du moine zen Echo.

Seccho, craignant qu’à une époque postérieure, on ne méprenne et fournit nombres d’explications erronées au sujet du koan de Hogen, s’est mis à composer ce poème. Le moine Echo a posé cette question et Maître Hogen a répondu ainsi, c’est à dire : « Au royaume de la rivière Yang, la douce brise de printemps remue, rien ne bouge. Le jardin des fleurs est touffu et ombragé, la voix du perdrix chantante s’élève. » Ces versets, en réalité, n’en constituent qu’un seul.

[La douce brise de printemps remue, rien ne bouge], Dites-nous donc, où se situe le point de Seccho ? La rivière de l’Est, celle du Sud, beaucoup de personnes se trompent et comprennent qu’il s’agit de « deux ». En parlant du royaume de la rivière, il mentionne clairement Echo. [Au royaume de la rivière, la douce brise de printemps remue, rien ne bouge], Seccho n’a besoin que d’un verset, il ne doit rien y ajouter ni retrancher. Ceux qui peuvent avancer à cet endroit sont réellement ceux qui marchent dans le vide. Si Seccho s’évertuait à expliquer, sous l’influence des sens et attachements alors, même au bout de trois vies et soixante karmas, on ne pourrait saisir. Il faut seulement observer que « malgré la brise, rien ne bouge. »

Quand au 3ème verset, on pourrait dire que la compassion de Seccho est immense, il a brisé le secret de l’éveil d’Echo [Trois marches, la carpe devint dragon. A la rivière, dans la nuit, ils continuent de lancer les filets.]

[Les eaux des chutes des terrasses étaient hautes et ainsi, la carpe devint dragon] Cette phase réfère une ancienne légende de l’époque de l’empereur Gyo (ch. Yu) qui construisit un barrage sur la rivière jaune, le Yang Tsé Kiang. Lorsqu’il découpa les hautes falaises pour y créer le passage de la rivière, on y construit les trois terrasses du barrage dénommées « porte du dragon ». De nos jours, des milliers de carpes se rassemblèrent au pied des chutes et lors de la saison printanière, au 3è jour du 3è mois, lorsque fleurissent les cerisiers, en harmonie avec ciel et terre, si l’une des carpes, la plus forte, arrive à remonter le courant alors elle devint un dragon, véhiculé par les nuages. Les carpes qui n’arrivent pas à passer la porte tombent et rebroussent chemin. Les ignorants, coincés dans mots et paroles, ressemblent aux fous qui lancent des filets, dans la nuit, pour pêcher la carpe ; ils ne savent pas qu’elle s’est transformée en dragon.

Un moine a composé ce poème :
Avec une sapèque de la grande lumière,
Il a acheté un délicieux gâteau
Le gâteau mâché, l’estomac est rempli
Exactement, il n’a plus faim.

L’idée de ce poème est brillante mais la tournure employée n’est pas esthétique. En revanche, Seccho est très talentueux, ce dernier n’avait pas été touché par la lame au bout du couteau tranchant .

Dans les anciens temps, des personnes aimaient bien évoquer cette histoire et se demandaient : « Alors, qu’est-ce-que c’est ? Trois marches, de hautes vagues s’élèvent ? La carpe qui devint dragon ? »

Moi-même, je n’en suis pas vraiment certain. Je leur adresse cette question :

« La carpe qui s’est transformée en dragon, où est-elle maintenant ? »


Notes : Pour une lecture éclairée, la traductrice Reijo YB vous propose de vous référer aux prochains enseignements du moine zen Ph. Coupey Reiryu, basés sur les poèmes de M. Sokei Daichi, qui seront publiés sur le portail de Buddha Channel

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