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Cinéma Cambodgien : retour aux sources du passé

mardi 10 avril 2007

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Rendre visible ce qui ne l’est pas

Une terre habitée par son histoire


Rithy Panh - cinéasteAprès « Les artistes du théâtre brûlé », sort en France « Le papier ne peut pas envelopper la braise », la dernière réalisation du cinéaste cambodgien, Rithy PANH. Retour sur une oeuvre conçue autour du Cambodge.


Un film est forcément subjectif car il porte le regard du réalisateur même s’il essaie d’être le plus juste possible, avait dit un jour Rithy PANH.


Ses films sont pourtant indispensables pour réfléchir sur le passé du Cambodge et pour mieux comprendre le présent.


Avant « S-21 », il y a eu « Site 2 », l’histoire de 180 000 Cambodgiens entassés dans ce camp de réfugiés de 4,5 kilomètres carrés en Thaïlande. Puis « Bophana, une tragédie cambodgienne », un autre documentaire d’une magnifique sobriété.


Et aussi « La terre des âmes errantes » qui est peut-être le film qui révèle le mieux cette idée que des vies d’hier n’ont pas pu être vécues et qu’il faut sauver les vies d’aujourd’hui.


Dans « La terre des âmes errantes », des ouvriers cambodgiens creusent des tranchées pour acheminer un câble de fibres optiques de la frontière thaïlandaise a la frontière vietnamienne. Ils sont suivis et aides par leurs familles. Un chef de chantier les rémunère au mètre creusé, en prélevant sa part au passage.

Actrice cambodgienne

Ces personnes vont traverser le pays, où des millions de mines antipersonnelles sont encore enfouies. C’est aussi leur propre histoire qui est enfouie dans ce sol, avec des ossements humains, abandonnés ça et la, qu’ils déterrent puis incinèrent dans le respect de la tradition bouddhiste.


A travers l’excavation des tranchées, le film de Rithy PANH fait resurgir le passé d’un pays. Il réveille les traumatismes enfouis chez ses habitants, chez ses femmes et ses hommes. Puis le présent apparaît à travers l’exploitation économique quotidienne des plus faibles. Et enfin, il y a le courage de ces personnes, surtout les femmes, qui expriment aussi leur révolte, leur colère et leur désespoir, alors que les hommes sont presque resignés.


Le film est réalisé avec une remarquable économie de moyens esthetiques : absence de commentaire, utilisation minimale de la musique et sobriéte des lumières. Cette œuvre tire sa grande force dans ce contraste entre ces familles qui manquent de tout et « les autoroutes de l’information » qui sont censées ouvrir le pays vers un monde developpé.


Sans livrer aux spectateurs d’inutiles leçons de morale, le réalisateur cambodgien, par son talent et sa sensibilité, a su rendre visible ce qui ne l’est pas.


Film de Rithy Panh


Source : Journal Chatomukh, Avril 2007

www.buddhachannel.tv




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