Buddhachannel









Instagram






DVD mathieu ricard chemin compassion


Livre big mind


cd audio buddhachannel


Sereni Roll

Rubriques

Maître Zen Seung Sahn

lundi 19 octobre 2015

Langues :

Toutes les versions de cet article : [English] [Español] [français] [中文]

MAITRE SEUNG SAHN SOEN SA
« la vérité est juste ainsi »

Né en 1927 en Corée du Nord de parents chrétiens protestants, il atteint l’éveil à vingt-deux ans. Il est militaire durant cinq ans puis réformateur de l’ordre bouddhiste Chogye. Il enseigne alors neuf ans au Japon. En 1972, il arrive aux États-Unis sans argent ni connaissance de la langue. Il crée l’école KWAN UM (percevoir le son du monde) Occidentale. Le réseaux de centres zen de l’école s’est développé en 30 pays et rassemble pratiquants bouddhistes ainsi que d’autres traditions spirituelles et religieuses autour de la médiation zen et du cheminement spirituel de la même philosophie.

En Europe, le temple principale se trouve à Paris, rue de Lyon.www.kwanumzen.fr



Le Maître Zen Seung Sahn - Dae Soen Sa Nim (1927 - 2004), et est le soixante-dix-huitième Patriarche dans la lignée de Transmission de l’Ordre Chogye, Bouddhisme Coréen. Après avoir fondé des temples à Tokyo et à Hong Kong, le Maître Zen Seung Sahn est parti aux Etats Unis, devenant le premier Maître Zen coréen à vivre et à enseigner en Occident. Avec l’aide d’un petit nombre d’étudiants, il a fondé le Centre Zen de Providence, qui est Maître Zen Seung Sahndepuis devenu le quartier général de plus d’une centaine de centres à travers l’Amérique du Nord et du Sud, de l’Europe, l’Asie, et de l’Afrique. Le Maître Zen Seung Sahn est l’auteur de « Compass of Zen », « The whole world is A single flower - 365 Kong-ans for Everyday Life » (Le monde entier est une seule fleur - 365 Kong-ans pour la vie de tous les jours), « Cendres sur le Bouddha », « Only Don’t Know » (Seulement Ne sait pas), « Ten Gates » (Les dix portes) and « Bone of Space ».

Seung Sahn Soen-sa est né en 1927 à Seun Choen, en Corée du nord. Ses parents étaient protestants.

La Corée était à ce moment-là sous la sévère loi martiale japonaise, et toute la liberté politique et culturelle avait été supprimée avec brutalité. En 1944, Soen-Sa rejoignit le mouvement coréen indépendantiste clandestin. Au bout de quelques mois il fut capturé par la police japonaise et échappa de peu à la peine de mort. Après sa libération de prison, lui et deux de ses amis volèrent plusieurs milliers de dollars à leurs parents et franchirent la frontière mandchoue étroitement surveillée dans une infructueuse tentative de rejoindre l’Armée Coréenne Libre.

Dans les années qui suivirent la deuxième guerre mondiale, alors qu’il étudiait la philosophie occidentale à l’université de Dong Guk, la situation politique en Corée du Sud devînt de plus en plus plus chaotique. Un jour, Soen-Sa décida qu’il ne pourrait pas aider les gens par ses activités politiques ou ses études universitaires. Aussi il se rasa la tête et partit dans les montagnes, faisant le vœu de ne jamais revenir avant d’avoir atteint la vérité absolue.

Pendant trois mois il étudia les écritures Confucéennes, mais elles ne le satisfaisaient pas. Alors un ami à lui, qui était moine dans un petit temple à la montagne, lui donna le Soutra du Diamant, et il rencontra pour la première fois le Bouddhisme. « Toutes les choses qui apparaissent en ce monde sont passagères. Si vous regardez toutes les choses qui apparaissent comme si elles n’étaient jamais apparues, alors vous réaliserez votre vrai soi. » Après avoir lu ces mots, son esprit devint clair. Les semaines d’après, il lut beaucoup de soutras. Finalement, il décida de devenir moine bouddhiste et fut ordonné en octobre 1948.

Soen-Sa comprenait déjà les soutras. Il se rendit compte que la seule chose alors qui importait était la pratique. Seulement dix jours après son ordination, il s’éloigna encore plus dans les montagnes et commença une retraite de cent jours sur le mont Won Gak (la Montagne de l’Illumination Parfaite). Il mangait seulement des aiguilles de pin, sèches et broyées en poudre. Vingt heures par jour il chantait la Grande Dharani de l’Energie et de l’Esprit Originel. Plusieurs fois par jour il prenait des bains glacés. C’était une pratique très rigoureuse.

Bientôt il fut envahi par les doutes. Pourquoi cette retraite était-elle nécessaire ? Pourquoi devait-il arriver aux extrêmes ? Ne pouvait-il pas descendre à un petit temple dans une vallée tranquille, se marier comme les moines japonais, et atteindre l’illumination graduellement, au sein d’une famille heureuse ? Une nuit ces pensées devinrent si puissantes qu’il décida de partir et de faire ses valises. Mais au matin son esprit était plus clair, et il déballa ses paquets. Quelques jours plus tard la même chose se produisit. Et les semaines suivantes, il fit et défit ses bagages neuf fois.

Cinquante jours s’étaient écoulés, et le corps de Soen-Sa était épuisé. Chaque nuit il avait des visions terrifiantes. Les démons apparaissaient venant de l’obscurité et lui faisaient des gestes obscènes. Les goules montaient furtivement derrière lui et enroulaient leurs doigts froids autour de son cou. D’énormes coléoptères rongeaient ses jambes. Les tigres et les dragons se tenaient devant lui en rugissant. Il était dans une terreur constante.

Après un mois comme cela, les visions se transformèrent en visions de plaisir. Parfois Bouddha viendrait lui enseigner un soutra. Parfois les Bodhisattvas apparaissaient dans des vêtements magnifiques et lui racontaient qu’il irait au paradis. Parfois il tombait à la renverse d’épuisement et Kwan Se Um Bosal le réveillait doucement. A la fin des quatre-vingts jours, son corps était solide. Sa chair avait tourné au vert à cause des aiguilles de pin

Un jour, une semaine avant la fin prévue de la retraite, Soen-Sa marchait au-dehors, chantait en gardant le rythme avec son moktak. Soudainement, deux garçons de onze ou douze ans apparurent de chaque côté de lui et se prosternèrent. Ils portaient les robes avec beaucoup de-couleurs, et leurs visages étaient d’une beauté sublime. Soen-Sa était très étonné. Son esprit était fort et parfaitement clair, aussi comment ces démons avaient-ils pu se matérialiser ? Il continua en marchant sur l’étroit chemin de montagne, et les deux garçons le suivirent marchant droit au travers des rochers de chaque côté du chemin. Ils marchèrent ensemble en silence pendant une demi-heure, puis, de retour à l’autel, quand Soen-Sa se releva de sa prosternation, ils étaient partis. Ceci se produit chaque jour pendant une semaine.

Enfin ce fut le centième jour. Soen-Sa était dehors à chanter et à frapper le moktak. D’un seul coup son corps disparut, et il fut dans l’espace infini. De loin il pouvait entendre le battement du moktak, et le bruit de sa propre voix. Il resta dans cet état pendant un certain temps. Quand il revînt à son corps, il comprit. Les roches, le fleuve, tout ce qu’il pouvait voir, tout ce qu’il pouvait entendre, tout cela était son vrai soi. Toutes les choses sont exactement comme elles sont. La vérité est juste comme ceci.

Soen-Sa dormit très bien cette nuit-là. Quand il se réveilla le matin suivant, il vit un homme marcher vers le haut de la montagne, puis quelques corbeaux s’envolant d’un arbre. Il écrivit le poème suivant :

La route au pied du mont Won Gak
n’est pas la route réelle
L’homme qui monte avec son sac à dos
n’est pas un homme du passé
’tok, tok, tok - son pas
transcende passé et présent.
Corbeaux s’envolant d’un arbre
Caw, caw, caw.

Peu après qu’il ait quitté la montagne, il rencontra le Maître Zen Ko Bong, dont l’enseignant avait été le Maître Zen Mang Gong. Ko Bong était réputé pour être le Maître Zen le plus brillant de Corée, et un des plus sévères. A ce moment-là il enseignait seulement aux laïcs ; des moines, il disait qu’ils n’étaient pas assez motivés pour être de bons étudiants de Zen. Soen-Sa voulut tester son illumination avec Ko Bong. Il est donc allé chez lui avec un moktak et a dit, « Qu’est-ce que c’est que cela ? » Ko Bong a pris le moktak et l’a frappé. C’était juste à quoi s’attendait Soen-Sa.

Soen-Sa a alors dit, « Comment dois-je pratiquer le Zen ? »

Ko Bong a dit, « Une fois, un moine a demandé au Maître Zen Jo-Ju ’Pourquoi Bodhidharma est-il venu en Chine ?’ Jo-ju a répondu, ’Le cyprès est dans le jardin ’ Qu’est-ce que cela signifie ? »

Soen-Sa compris, mais il n’a pas su comment répondre. Il a dit, « Je ne sais pas. »

Ko Bong a dit, « Garde seulement cet esprit ne-sait-pas ». C’est ça la véritable pratique Zen. »

Ce printemps et cet été-là, Soen-Sa passa la plupart du temps à travailler le Zen. En automne, il participa à une période de méditation de cent jours au monastère de Su Dok Sa où il apprit le langage du Zen et le combat de Dharma. En hiver, il commença à estimer que les moines ne pratiquaient pas assez dur, aussi il décida de leur venir en aide. Une nuit, comme il était de garde (il y avait eu quelques cambriolages), il sortit toutes les marmittes et casseroles hors de la cuisine et les disposa en cercle dans la cour. La nuit suivante, il tourna vers le mur le Bouddha de l’autel principal et prit le brûle-encens, qui était un trésor national, et l’accrocha sur un arbre à kakis dans le jardin. Au deuxième matin tout le monastère fut dans un tumulte. Des rumeurs couraient à propos de cambrioleurs fous, ou de dieux venant de la montagne pour demander aux moines de pratiquer plus dur.

La troisième nuit, Soen-Sa alla au quartier des nonnes, prit soixante-dix paires de chaussures appartenant aux nonnes et les mit devant la chambre du Maître Zen Dok Sahn, présentées comme dans un magasin de chaussures. Mais cette fois, une nonne se réveilla pour aller aux toilettes et, cherchant ses chaussures, réveilla tout le monde au quartier des nonnes. Soen-Sa fut attrapé. Le jour suivant il fut convoqué à un procès. Comme la plupart des moines avaient voté pour lui donner une seconde chance (les nonnes étaient unanimement contre lui), il ne fut pas expulsé du monastère. Mais il dût présenter des excuses formelles à tous les moines haut placés.

D’abord il alla vers Dok Sahn et se prosterna. Dok Sahn lui dit, « Continue ce bon travail. »

Puis il alla vers la nonne supérieure. Elle lui dit, « vous avez produit beaucoup trop d’agitation dans ce monastère, jeune homme. » Soen-Sa se mit à rire et dit, « le monde entier est déjà plein d’agitation. Que pouvez-vous faire ? » Elle ne sut répondre.

Le suivant était le Maître Zen Chun Song , qui était célèbre pour sa manière d’agir comme un sauvage et son langage obscène. Soen-Sa se prosterna devant lui et dit, « J’ai tué tous les Bouddhas du passé, du présent, et du futur. Que pouvez-vous faire ? »

Chun Song dit, « Aha ! » et regarda Soen Sa profondément dans les yeux . Alors il demanda, « Que vois-tu ? »

Soen-Sa repondit, « Vous comprenez déjà. »

Chun Song dit, « C’est tout ? »

Soen-Sa dit, « Il y a un coucou qui chante dans l’arbre derrière la fenêtre. »

Chun Song rit et dit, « Ah ah ! » Il posa plusieurs autres questions auxquelles Soen-Sa répondit sans difficulté. A la fin, Chun Song sauta en l’air et dansa autour de Soen-Sa criant, « Tu as l’illumination ! Tu as l’illumination ! » La nouvelle se propagea rapidement, et les gens commencèrent à comprendre les événements des jours précédents.

Le 15 janvier, la retraite était finie, et Soen-Sa partit voir Ko Bong. Sur le chemin de Séoul, il eut des entrevues avec le Maître Zen Keum Bong et la Maître Zen Keum Oh. Tous les deux lui donnèrent l’Inga, le sceau de validation de l’éveil total d’un étudiant de Zen.

Soen-Sa arriva au temple de Ko Bong habillé de ses vieux vêtements de retraite rapiécés et portant un sac à dos. Il se prosterna devant Ko Bong et dit, « Tous les Bouddhas se sont avérés être un groupe de cadavres. Que dirais-tu d’un service funèbre ? »

Ko Bong répondit, « Prouve-le ! »

Soen-Sa attrapa son sac à dos et en sortit un calamar séché et une bouteille de vin. « Voici les restes de la fête funéraire. »

Ko Bong dit, « Verse-moi du vin alors. »

Soen-Sa dit, « OK. Donne-moi ton verre. »

Ko Bong présenta sa paume.

Soen-Sa le toucha avec la bouteille et dit, « Ce n’est pas un verre, c’est ta main ! » Puis il posa la bouteille sur le sol.

Ko Bong rit et dit, « Pas mal. Tu y es presque. Mais j’ai quelques questions pour toi. » Il procéda en demandant à Soen-Sa les plus difficiles des dix sept cents kong ans Zen traditionnels. Soen-Sa répondit sans difficulté.

Alors Ko Bong dit, « Très bien, une dernière question. La souris mange la nourriture du chat, mais le bol du chat est cassé. Qu’est-ce que cela signifie ? »

Soen-Sa dit, « le ciel est bleu, l’herbe est verte. »

Ko Bong secoua la tête et dit, « Non. »

Soen-Sa fut déconcerté. Il n’avait jamais raté une question de Zen auparavant. Son visage commença à rougir au fur à mesure des réponses « comme ceci » qu’il donnait l’une après l’autre. Ko Bong continuait à secouer la tête. Enfin Soen-Sa éclata de colère et de frustration. « Trois Maîtres Zen m’ont donné l’Inga ! Pourquoi me dis-tu que j’ai faux ?! »

Ko Bong dit, « Qu’est-ce que cela signifie ? Dis-le-moi. »

Pendant les cinquante minutes suivantes, Ko Bong et Soen-Sa restèrent assis l’un en face de l’autre, voûté comme deux matous. Le silence était électrique. Puis, soudain, Soen-Sa eut la réponse. Elle était « juste comme ceci. »

Quand Ko Bong l’entendit, ses yeux devinrent humides et son visage remplit de joie. Il embrassa Soen-Sa et dit, « Tu es la fleur ; Je suis l’abeille. »

Le 25 janvier 1949, Soen-Sa reçut de Ko Bong la transmission de Dharma, devenant ainsi le Soixante-dix-huitième patriarche dans cette ligne de succession. Ce fut la seule transmission que Ko Bong ait jamais donnée.

Après la cérémonie, Ko Bong dit à Soen-Sa, « Pendant les trois années à venir tu dois garder le silence. Tu es un homme libre. Nous nous renconterons à nouveau dans cinq cents ans. »

Soen-Sa était maintenant un Maître Zen. Il avait vingt-deux ans.

Doyle Avenue

La première tentative de Soen Sa Nim pour fonder un Centre Zen Américain fut dans un petit appartement à Providence (Rhode Island). L’appartement se situait dans une rue appelée Doyle Avenue. Soen Sa Nim ne s’était pas maître Zen Seung Sahninquiété vraiment de l’ambiance assez violente et misérable de la rue, où avaient lieu parfois des bagarres d’ivrognes et des combats au couteau. Ce qu’il avait vu était une maison avec deux chambres relativement grandes et un loyer très bas de 15.000 dollars par mois.

En ce temps-là, Soen Sa Nim n’avait que lui pour se financer et, naturellement, était totalement seul. Seuls les araignées et un chat errant (plus tard appelé Abigale) savaient à quoi ressemblait d’abord cet appartement au moment où Soen Sa Nim y avait déménagé, et la façon dont il passait le temps. Il ne se passa pas longtemps avant qu’un professeur en religions orientales de l’Université de Brown s’intéresse à lui, et avec lui vinrent certains de ses étudiants qui étaient curieux.

Une ou deux de ces bonnes âmes décidèrent de déménager chez Soen Sa Nim, n’ayant sûrement aucune idée d’où elles mettaient les pieds. Il n’y avait littéralement aucun meuble dans l’appartement excepté une petite table de cuisine et quelques chaises assorties en bois. Soen Sa Nim avait apporté un petit cuit-riz électrique et quelques bols et cuillères. Il y avait une vielle marmite en aluminium dans laquelle il créait les soupes les plus incroyablement délicieuses.

Un jour un Bouddha de Corée est arrivé dans une grande boîte en bois. Elle était cassée en 15 morceaux environ. Intrépide, Soen Sa Nim demanda à un de ses disciples nouvellement arrivé de chercher de la colle et alors il procéda en changeant méticuleusement et patiemment le vide à nouveau en forme.

Et c’est ainsi qu’il fit son meilleur enseignement en ce temps-là. L’anglais était peu commode et difficile pour lui. Il était un maître pour le mime et l’exemple. Son enthousiasme était délicieux. Et ses exemples parfois tout à fait surprenant. Une fois, des objets avaient commencé à disparaître au Centre Zen et il devint bientôt évident que le voleur était l’un des petits garçons qui vivaient dans le voisinage. La raison de cette évidence était qu’il avait été vu d’une manière flagrante rampant par une des fenêtres. Il aimait également beaucoup lancer des pierres à Abigale (le chat) et traîner dans l’allée, se moquant des vêtements étranges de Soen Sa Nim. Un matin que le bon-à-rien taquinait avec enthousiasme Soen Sa Nim tandis qu’il travaillait dans le jardin, Soen Sa Nim soudainement chargea vers lui, criant d’une manière sauvage et battant des bras. Alors il commença à s’avancer vers le jeune alors tremblant et à jouer les karatékas. Le garçon se précipita hors de la cour, et n’a jamais été revu dans un périmètre étroit. Un de ses étudiants se posa des questions sur ses méthodes et Soen Sa Nim répondit simplement, « la plupart des démons comprennent seulement les démons. »

Tout ceux qui venaient à l’appartement dans les six premiers mois n’avaient besoin que d’une demi-heure pour comprendre son but et direction. Soen Sa Nim voulait créer un Centre Zen à partir de l’appartement. Il voulait que l’autel en fût le cœur, que la salle de Dharma soit large et propre afin que beaucoup de gens puissent se rassembler et pratiquer ensemble et trouver leurs propres cœurs. Il mettait ses étudiants à l’aise et il réchauffait l’atmosphère en riant et en plaisantant avec eux dans la cuisine. Il décidait soudainement de faire un grand paquet de kimchee, contenant tous les légumes imaginables. Ou il s’asseyait à la table de cuisine pendant des heures, écrivant prestement des lettres pour la Corée à des personnes inconnues et il levait soudainement la tête en demandant à tout le monde s’ils aimaient les nouilles. Souvent il devait regarder le mot qu’il cherchait dans son dictionnaire Coréen-Anglais qu’il avait toujours sous la main. « Nouilles ! Vous aimez des nouilles ? » Naturellement chacun sourirait intérieurement et aussi extérieurement, aimant son accent et son enthousiasme, et lui donnait un grand signe d’assentiment. Alors il se mettait à changer la cuisine entière en une usine de nouilles 100% farine, produisant en moins d’une heure une soupe qui surpassait même la précédente, remplie de nouilles maison délicieuses. Et il était tellement imperturbablement heureux que chacun l’ait aimée, leur disant à plusieurs reprises, « En Corée, il y a n’importe quand ce genre de soupe. Ce type de soupe est numéro 1. Mangez ceci, devenez fort - beaucoup d’énergie, yah ? » Alors il se mettait à rire.

Lentement il présenta son style de Zen, sa tradition. D’abord ce fut mettre un lumineux tissu rouge et jaune autour de l’autel, qui soutenait le Bouddha nouvellement ré-assemblé. Puis il insista pour que les mats de méditation soient lumineux et multicolores. De temps à autre une autre boîte en bois arriverait de Corée avec des objets pour l’autel, ou de robes longues grises et de l’encens, ou un grand sac de coûteux champignons noirs pour les célèbres soupes.

Un jour, Soen Sa Nim fit asseoir ses étudiants. À ce moment-là il y avait environ sept « clients » réguliers (c’était l’une des plaisanteries de Soen Sa Nim, appelant n’importe qui qui avait mangé de sa soupe ou était venu à ses conférences du dimanche soir, un « client »). Il expliqua qu’il était temps pour le Centre Zen d’avoir un programme de pratique. Ce fut la fin d’une ère. La pratique commença à migrer de la cuisine vers la Salle de Dharma. Il leur demanda même de porter ces robes grises. Les chants ont été transcrits et des prosternations ont été comptées. Des coussins ont été même assignés et les conférences de Dharma du dimanche soir se sont passées de mieux en mieux. D’abord elles étaient toujours traduites du japonais à l’anglais par le professeur de religions orientales de l’Université de Brown, mais ensuite, Soen Sa Nim devînt plus sur de lui avec son vocabulaire et il commença à faire des entretiens aussi chaleureux et consistants que ses soupes. En fait, il devînt si occupé avec ses leçons d’anglais et le nombre croissant de « clients », que la cuisine devint le domaine du Maître de maison nouvellement nommé dont la fonction venait d’être créée ; il venait là seulement pour écrire, étudier, et offrir des entretiens spontanés sur le Dharma. Il était presque toujours disposé à répondre à toutes les questions et si rien d’autre ne semblait marcher, il tapait la tête de l’étudiant avec une baguette et disait, « Trop de pensées ! Laisse tout tomber, OK ? »

En l’espace des deux ans de la Doyle Avenue, le ton et le rythme du futur Centre Zen ont été créés. Soen Sa Nim l’a totalement initié avec sa chaleur, puis a introduit la pratique – en insistant toujours sur l’importance de pratiquer tous les jours, sans prendre de vacances. Et il a commencé alors à donner des préceptes, car il a enseigné pourquoi il était si important pour l’esprit d’être capable de prendre ouvertement des préceptes.

Ainsi il est toujours apparu qu’il composait parfois de manière évidente la plupart des formes, à mesure qu’il avançait, observant attentivement le jeune américain standard et trouvant les bons remèdes à des déséquilibres parfois puissants. L’autre chose qui apparut comme l’herbe au printemps était sa connaissance toujours jeune de la pratique et du Dharma et comment transmettre cela à d’autres... la connaissance qui était une voie au delà du suivi d’une forme particulière... la connaissance qui donnait à chacun de ses étudiants un élan chaleureux et puissant vers la compréhension d’eux-mêmes et leurs travails originels.




Aujourd’hui l’enseignement de maitre Seung Sahn parcours 30 pays et apporte autant de force de vérité et de chaleur qu’à ses débuts.

En France le temple principal se trouve au 35 rue de Lyon à PARIS dans le 12eme arrondissement et est ouvert à tous ceux qui s’interrogent sur le ZEN sa pratique spirituelle, ses enseignements et son art de vivre.


www.kwanumzen.net

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?