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Le Bouddhisme éducatif IV

mardi 7 septembre 2010

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BUDDHISM AS AN EDUCATION [1]

With Ven. Master Chin Kung



Les Méthodes de Pratique du Bouddhisme



Les moyens de pratiquer le Bouddhisme sont nombreux, il y en a près de quatre vingt quatre milles. Chaque voie est différente mais toutes mènent aux mêmes buts : illumination, bonnes pensées, bons points de vue, et pureté. Ainsi, tous les chemins se valent, aucun n’est supérieur à l’autre. Les gens possèdent différentes capacités et différents niveaux d’accomplissement. De plus, ils proviennent d’environnements différents et doivent choisir le chemin qui leur est le plus approprié. Nous pouvons choisir n’importe lequel des trois buts et concentrer notre pratique dessus. Lorsque nous achevons l’un d’eux, les deux autres viennent tout naturellement.



Il y a dix écoles de pratique en Bouddhisme chinois. Le Zen insiste sur la recherche du parfait esprit clair ou l’illumination. La Pure Demeure et le Bouddhisme tibétain ou l’école Vajrayana insiste sur l’obtention du pur esprit. D’autres écoles concentrent leur pratique sur les bonnes pensées et les bons points de vue. Peu importe la méthode ou l’école choisie, l’issue est la même. En d’autres termes, lorsque nous devenons experts dans une méthode, nous devenons experts dans toutes les méthodes.



La pureté du monde vient d’une pureté intérieure individuelle. Avec un esprit pur, un esprit sans discrimination ou attachement, un plus haut niveau de sagesse survient dans lequel le monde autour de nous entre naturellement dans l’harmonie. En récitant le nom de Bouddha, en méditant, en récitant des soutras ou des mantras, et en pratiquant selon l’enseignement de Bouddha, on atteint l’illumination, les bonnes pensées et les bons points de vue, et la pureté de l’esprit se détache de toute pensée illusoire.



D’un autre côté, on se fourvoie totalement si l’on récite le nom de Bouddha dans l’espoir d’obtenir une promotion ou la richesse. Il s’agirait alors de religion et de superstition, et cela irait à l’encontre de l’enseignement du Bouddha Sakyamuni.



Comment la Terminologie bouddhiste illustre que le Bouddhisme est une Education ?



Le Bouddhisme est l’enseignement du Bouddha Sakyamuni puisqu’il en est le fondateur. Nous l’appelons le "maître Original", tout comme les chinois appellent Confucius le "plus grand sage et enseignant". La relation entre Bouddha et nous, est une relation d’élève à maître, de nature non religieuse. En religion, il n’y a pas de relation de type enseignant élève mais plutôt de type père fils ou maître serviteur.



Il y a environ vingt ans, j’ai donné une série de conférences à l’Université Catholique de Fu-Ren et j’ai enseigné au Monastère Thomas pendant un semestre. J’ai demandé à mes étudiants, principalement des moines et nonnes, de prendre refuge dans le Bouddha et de bien apprendre le Bouddhisme. Il n’y a absolument aucun conflit entre le Bouddhisme et la religion, car l’un est de type enseignant élève et l’autre de type père fils. Si les moines et nonnes avaient du pratiquer le Bouddhisme et abandonner leur propre religion, je crois que même le Bouddha ne les aurait pas accepté, car il est contre l’éthique humaine de renoncer aux parents pour l’enseignant. Les disciples religieux profiteront donc s’ils pratiquent le Bouddhisme. Quand nous pratiquons, nous atteignons la vraie sagesse, celle qui permet de savoir à quoi ressemblent exactement les Cieux, et qui décide le moment et la manière dont nous voulons y parvenir. Le Bouddhisme est donc une manière d’enseigner, en ce sens qu’il nous enseigne la manière de regagner notre vraie sagesse.



Lorsqu’un moine est appelé "He-Shang", il est l’équivalent d’un principal dans une école d’aujourd’hui, car il dirige les stratégies éducatives. Tous les autres membres de la faculté sont des enseignants qui exécutent les stratégies éducatives du principal, et se conduisent comme des exemples pour le comportement et le discours des élèves. Mon ancien professeur, le Professeur Fang, m’assurait constamment que le Bouddhisme était une éducation. Plus tard, dans mes études des soutras, j’ai réaffirmé sa thèse que le Bouddhisme est le pinacle de la sagesse du monde. Il apporte la plus grande jouissance à l’humanité. J’ai expérimenté la joie indépassable d’être libéré des afflictions, des illusions et de l’errance des pensées. Mon corps et mon esprit sont propres et purs, totalement à l’aise. Je suis la personne la plus heureuse au monde. Pour cette raison, je me sens redevable envers le Professeur Fang car sans lui, je n’aurais pas appris le Bouddhisme, et je ne connaîtrais pas une joie aussi complète due à la pratique de l’enseignement du Bouddha.



L’Intégration du Confucianisme et du Bouddhisme



Le Bouddhisme s’est fondu avec succès dans la culture chinoise ; ils sont devenus inséparables. Le concept de base qu’ils partagent est l’abandon de son intérêt propre pour le salut d’autrui. Le Confucianisme et le Bouddhisme prônent l’amélioration et la glorification de la piété filiale, le respect et la dévotion de l’individu pour ses parents et enseignants. La piété filiale est un élément majeur dans l’accomplissement de la paix dans le monde.



Qu’est-ce que l’éducation ? C’est le sens et la valeur de la vie humaine, des relations entre les êtres humains, des relations entre les humains et l’univers. L’enseignement confucéen comprend trois points principaux. D’abord, il est important de comprendre la relation entre les humains, une fois admis que nous apprendrons à aimer les gens. En second lieu, il est important de comprendre la relation entre les humains et les cieux, une fois admis que nous apprendrons à respecter les êtres et esprits des cieux. Troisièmement, il est important de comprendre la relation entre les humains et l’environnement, une fois admis que nous apprendrons à prendre soin de l’environnement et d’apprécier chaque petite chose autour de nous. Il y a quatre études dans les enseignements confucéens : la vertu, le discours, les connaissances pour gagner sa vie et les arts. L’enseignement de la vertu est le noyau du Confucianisme ; il est absolument crucial, car sans une morale et une conduite correcte nous devenons égoïstes et soucieux uniquement de nous-mêmes, aux dépends de la société. Un tel comportement peut engendrer le chaos du monde. Aujourd’hui, notre éducation a perdu de cette force. Les écoles n’enseignent que les connaissances superficielles et non pas la racine de l’éducation. Lorsque la racine est pourrie, la fondation de la société s’ébranle et cause le chaos que nous connaissons aujourd’hui. Les écoles élémentaires sont comme la racine de l’éducation : le collège, le lycée et les universités sont les fleurs et les feuilles. Les enseignants peuvent commencer à enseigner la piété filiale à nos enfants le plus tôt possible.



Si nous regardons la façon dont les caractères chinois ont été crées, nous ne pouvons qu’admirer le haut degré de sagesse de nos ancêtres. Nous les remercions de nous avoir donné quelque chose de si cher et si raffiné. Le caractère chinoise de « piété » adopte l’esprit du Bouddhisme et la fondation de l’éducation car elle est une combinaison des caractères « vieux » et « fils ». De nos jours, les gens parlent de fossé des générations entre parents et enfants, ce qui est une chose inconnue des familles traditionnelles. Dans la tradition chinoise, le père et le fils sont non seulement une seule unité, mais les grands-parents et les petits enfants etc. sont une seule part du même continuum. Il s’agit d’un concept unique. Les Occidentaux demandent souvent pourquoi les Chinois respectent leurs ancêtres alors qu’ils ne les connaissent qu’à peine. Le souvenir de nos ancêtres est la fondation du Confucianisme et du Bouddhisme, et il est la source de l’harmonie dans la société et de la paix dans le monde.



Aujourd’hui, nous voulons la paix dans le monde, mais nous devons commencer par la fondation de la piété filiale pour l’obtenir. Le Bouddhisme insiste sur la compassion inconditionnelle pour tous les êtres vivants dans l’univers et par-delà ; dans le passé, le présent et le futur. La continuum du temps et de l’espace est indissociable d’une personne, car Nous Sommes Une Seule Entité. On ne trouve pas ce concept extensif en religion. « Ainsi vient l’Unique », un des dix noms de Bouddha, représente un être illuminé, qui est notre nature basique, et aussi l’essence de l’univers et de la vie humaine. Ce concept est incarné par le caractère chinois « piété »et le nom de Bouddha Amitabha dans l’école de la Pure Demeure. Les noms sont différents mais les significations restent les mêmes : l’amour inconditionnel pour tous les êtres, celui qui dépasse l’espace et le temps.



Les Cinq Relations Humaines



Les enseignements confucéens sont basés sur cinq types de relations humaines, elles-mêmes fondées sur des principes moraux. Ces cinq relations humaines sont les relations mari/femme, parent/enfant, frères/sœurs, amis et dirigeants politiques et public. La relation mari/femme représente la plus petite et plus intime sphère des relations humaines. En dehors de cette sphère, il y a le prolongement de la famille, comprenant les relations entre père et fils et celles entre frères et sœurs. En dehors de la famille, il y a la société qui implique des relations additionnelles entre l’individu et son chef, et des cercles d’amis. Nous parlons maintenant souvent du besoin d’unir les gens. Dans l’ancien temps, les Chinois n’utilisaient pas le mot « unir », car les cinq relations définissent l’union de tous les gens. Chacun sur cette terre est notre frère. Chacun est responsable de l’autre ; les parents étant compatissants, les fils et les filles étant filiaux envers leurs parents, les frères et sœurs et les amis respectueux entre eux. De cette façon, le pays et son peuple sont prêts à l’union parfaite. Les relations entre les gens définissent des responsabilités mutuelles. Chacun a son propre devoir à remplir et ses responsabilités.



La Pratique du Confucianisme et du Bouddhisme



Les êtres humains diffèrent des animaux en ce qu’ils adhèrent aux relations humaines et aux principes moraux de base. La pratique du Confucianisme est basée sur les pensées sincères et correctes, un comportement correct, une famille et un pays bien organisés, et la paix pour tous. Tout comme le Bouddhisme, qui insiste aussi sur la pratique et l’apprentissage. Tout commence avec la création de l’esprit Bodhicitta. « Bodhi » est un mot sanskrit qui signifie l’illumination. L’illumination signifie un esprit « éveillé ». Il est similaire à la pensée sincère et au bon esprit prônés par le Confucianisme. Un officiel du gouvernement chinois a très bien défini la sincérité. Il a noté que « la sincérité signifie n’avoir aucune pensée ». Il n’y aura pas de sincérité tant qu’il y aura des pensées corrompues, des pensées errantes, ou même le commencement d’une pensée. Sa définition est identique à celle du Bouddhisme. Le Sixième Patriarche Hui Neng a dit un jour »… (le pur esprit) ne contient rien et ne prend donc pas la poussière ». Cependant, les gens ont généralement beaucoup de pensées vagabondes. Comment pouvons nous nous en débarrasser ? La réponse confucéenne est « … se battre contre le soulèvement des désirs et atteindre la sagesse ». On insistait sur la pratique à l’école élémentaire du système confucéen. Le Bouddha a dit que mettre un terme à tous les désirs revenait à mettre un terme à toutes les inquiétudes et tous les problèmes.



Le Système Confucéen de l’Ecole Elémentaire



Dans le passé, les étudiants de l’école élémentaire chinoise étaient bien formés à se protéger contre la montée des désirs. Les écoles insistaient sur l’entraînement de la concentration et de la sagesse. Les étudiants commençaient l’école à l’âge de sept ans. Ils restaient avec leurs enseignants et ne revenaient chez eux que durant les vacances. On leur apprenait la manière correcte d’interagir au quotidien et la façon correcte de se présenter à leurs enseignants et camarades plus âgés. On appelait cela l’éducation des principes moraux basée sur les relations humaines. Lorsque les enfants revenaient au foyer, ils traitaient alors leurs parents, frères et sœurs avec piété filiale et respect.



De sept à douze ans, les étudiants devaient mémoriser et réciter couramment les textes anciens. L’enseignant choisissait des textes contenant la sagesse profonde des sages et des saints et encourageaient ensuite les étudiants à les lire et les réciter, jusqu’à deux cent fois par jour. Les enfants se seraient dissipés si on ne leur avait assigné des tâches. Le but de cette récitation était de concentrer leur esprit afin d’obtenir un pur esprit, la concentration et la sagesse ; même s’ils pouvaient ne pas comprendre sa signification. Toutefois, le système éducatif actuel, en cours depuis la Révolution de 1911, a supprimé cette tradition vieille de deux mille ans et a adopté le système éducatif occidental. Ce changement, si l’on examine les choses, nous mène à la racine des problèmes sociaux de la Chine moderne.



Extrait de Dharma Talks

Par Vén. Chin Kung



Source : www.buddhanet.net

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