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Approfondir la pratique par Ajahn Thiradhammo

jeudi 12 février 2009

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Tahn Natthiko m’a demandé de dire quelques mots ce soir, me disant qu’il voulait s’inspirer de mes trente ans d’expérience de la vie monastique. C’est aussi pour moi un bon thème de réflexion. Qu’est-ce que j’ai fait pendant ces trente dernières années ?


Au fil des ans, j’ai vécu beaucoup de phases dans ma pratique, en commençant dès la Thaïlande. Au début, j’avais une vision très simpliste de la pratique. Ayant juste terminé mes études universitaires, ma première idée était de passer six mois dans une grotte en Thaïlande, assis en silence, et puis ça y est, c’est l’éveil !

C’était mon rêve initial. "Donnez moi simplement six mois et çà y est, je rentre à la maison !".


L’éveil, et puis rentrer à la maison. Eh bien c’était il y a trente ans, alors vous voyez à quel point c’était un rêve. Je pense que la plupart des gens sont comme ça. On commence la pratique de la méditation avec des concepts, des idées, des attentes et beaucoup de rêves. Dans l’expérience véritable de la pratique, nous testons ces idées et ces concepts. Nous découvrons par nous-mêmes. Je peux dire qu’en ce qui me concerne, je me suis efforcé pendant ces trente dernières années de compléter ma pratique et d’en faire le bilan.




Je me souviens de mes premières années dans le nord de la Thaïlande, assis dans ma petite hutte, essayant de garder une pratique très simple. Je restais simplement assis à observer ma respiration. Je l’observais pendant des heures et des heures chaque jour. J’étais dans un monastère dédié à la méditation, ce qui fait qu’il n’y avait guère de distractions. Il n’y avait rien d’autre à faire que méditer assis ou méditer en marchant. Ce n’était pas un monastère de la forêt, alors il n’y avait pas de routine : pas de méditation du soir, pas de méditation du matin. On nous laissait avancer, par nous mêmes. J’étais très sérieux à cette époque, ou peut-être dans l’erreur, je ne sais pas, et je me donnais vraiment tout entier à la pratique. Je reconnaissais que j’avais une grande chance, car à cette époque il y avait peu d’opportunités de cette sorte en Occident. Ainsi j’étais en Thaïlande, un pays bouddhiste, et ils étaient très généreux de m’offrir un endroit où pratiquer. Donc je pratiquais seize heures par jour, assis et marchant, assis et marchant. Il n’y avait rien d’autre à faire.


Bien sur, sans aucune distraction pendant des heures et des heures chaque jour, pendant des mois à la suite, l’esprit devient assez paisible. Mais comme le monastère était sur la carte touristique de Chiang Mai, un bon nombre d’occidentaux y venaient. Une fois, je me souviens que j’étais assis en train de méditer, quand j’entendis des pas monter l’escalier. La porte s’est ouverte, et un touriste est entré. Il me vit assis là, puis vint vers moi et dit "Bonjour, je m’appelle Joe Smith". Je levais les yeux et dis : "Bonjour, je suis.., heu…, je suis.. ". Je ne me souvenais plus qui j’étais ! "Je respire", c’est tout ce qui me venait à l’esprit. Bien sur, cela n’a pas été une expérience très joyeuse ; c’était un peu effrayant. Vous comprenez, il a fallu que je consulte mon passeport pour savoir qui j’étais !



Ces jours de tranquillité étaient comptés car je pratiquais si diligemment que finalement même me nourrir devint une distraction, une perturbation de la concentration. On ne peut pas vivre très longtemps sans manger, alors au bout d’un moment je suis tombé malade. C’était vraiment un choc d’être malade, parce que je ne pouvais pas continuer mes exercices de méditation, alors toute ma confusion revint. La concentration ou le calme de l’esprit sont des états conditionnés ; si on pratique des exercices de concentration pendant longtemps on peut faire l’expérience de la concentration, mais cette concentration est conditionnée par les exercices. Quand je ne pus plus continuer les exercices, toute la confusion, tous les soucis, toutes les pensées revinrent, et c’était encore pire qu’avant. Non seulement j’avais ma confusion habituelle, mais c’était de la confusion après avoir connu la tranquillité, et elle me semblait bien pire. C’était la confusion habituelle sur fond d’un calme antérieur. Alors bien sûr ma première réaction a été : "Le bouddhisme ne marche pas. Ca ne peut pas être de ma faute. Ça doit être la faute du bouddhisme".


Heureusement quelque chose en moi, une espèce d’intuition, ou une sorte de foi, me donnèrent une deuxième idée : "J’ai peut-être manqué quelque chose". Alors j’ai regardé dans un des livres bouddhistes et lu qu’il disait : "sila, samadhi et panna". Oh oui, panna, qu’est ce que c’est ? Qu’est ce que cet élément appelé sagesse ? Peut-être que j’ai manqué quelque chose, là. Alors je réalisai : "Je vais devoir recommencer au début, et revoir mon idée de la pratique".


En ce temps là, ma compréhension de la sagesse était qu’il s’agissait essentiellement de connaissance. Alors la sagesse pour moi signifiait étudier les Ecritures bouddhistes. C’était ainsi que j’interprétai le terme de "sagesse" utilisé par le Bouddha. En fait, contempler les écritures me donna un bon peu de sagesse, d’une certaine manière. Il y a différents types de sagesse mentionnés dans les écritures. Il y a suta-maya-panna, qui est la sagesse issue des discours, de ce que vous avez lu ou entendu. C’est le premier type de sagesse, le moins élevé. Le second type est cinta-maya-panna, qui est ce que nous pensons et que nous contemplons. Le troisième, le type de sagesse le plus élevé est bhavana-maya-panna, qui est la sagesse qui vient de la méditation et de la contemplation. N’ayant pas beaucoup d’expérience de la méditation, je pensais que la sagesse consistait à étudier les écritures. Mais après avoir étudié les écritures et médité encore quelques années, quelque chose semblait ne plus marcher. Heureusement, je trouvais les enseignements de Ajahn Chah qui étaient alors disponibles en traduction en Thaïlande.

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