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Anāthapiṇḍikavāda Sutta - Sutra de l’Accompagnement du Mourant

lundi 21 mars 2016

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Anāthapiṇḍikavāda Sutta
SŪTRA DE L’ACCOMPAGNEMENT DU MOURANT
Du maître zen THÍCH NHẤT HẠNH


Ainsi l’ai-je entendu en un temps où le Bienheureux séjourna au monastère du richissime Anāthapiṇḍika dans le bosquet du Prince Jeta, près de la cité Sāvatthi.

Un jour, Anāthapiṇḍika tomba gravement malade. Ayant appris la nouvelle, Ārya Śāriputra est allé demander à Ārya Ānanda de l’accompagner chez Laïc Anāthapiṇḍika. Ils vont faire une tournée d’aumone de nourriture jusqu’à la maison d’ Anāthapiṇḍika et y rentrent pour lui rendre visite.

Ārya Śāriputra demande à Anāthapiṇḍika :
Cher Laïc, comment va en ce moment votre état de santé ? Les souffrances de votre corps diminuent-elles ou s’accentuent-elles ?

Anāthapiṇḍika lui répond :
Ô Ārya Śāriputra, mon état de santé ne s’améliore pas et je souffre de plus en plus.
Śāriputra l’invite à pratiquer la méditation de concentration sur les Trois Trésors, à savoir le Bouddha, le Dharma et le Sangha.

Bouddha aux dix qualités :
Arhat : Celui qui mérite d’être vénéré/ Ứng cúng.
Samyak-saṃbuddha : Celui qui atteint l’ Eveil parfait et suprême/ Chánh biến tri.
Vidyācaraṇa-sampaῆῆa : Possédant les trois Connaissances suprasensorielles/ Minh hạnh túc.
Sugata : L’Honoré du monde qui arrive au rivage de l’Eveil/ Thiện thệ.
Lokavit : Celui qui possède une connaissance parfaite du monde et de tous les êtres sensibles/ Thế gian giải.
Anuttarapuruṣa : Être suprême/ Vô thượng sĩ.
Puruṣadamyasārathi : Celui qui a maîtrisé toutes les passions/ Điều ngự trượng phu.
Śāstādevamānusyānam : Le Maître des divins et des hommes/ Thiên nhân sư.
Buddha : Bouddha/ Bụt, Phật.
Bhagavant : Le Bienheureux/ Thế tôn.

Dharma est l’enseignement du Bouddha. Il est profond et merveilleux, méritant beaucoup d’égards et de déférence. Le Dharma est la voie de la pratique de tous les sages.

Sangha est la communauté de moines sous l’égide de Bouddha. Il apprend à vivre selon les six principes de paix de la vie communautaire. Ce sangha pratique le perfectionnement de l’Ethique bouddhique, de la Concentration mentale et de la Sagesse, réalisant ainsi l’Emancipation de soi. Il constitue les « rizières de mérites » de ce monde.

Cher Laïc, en ayant pratiqué la pleine conscience sur les Trois Trésors, les mérites seront incommensurables. Méditer de la sorte aide à supprimer tous les vices et les malheurs et à récolter les bons fruits tout frais et suaves. Les Laïs et les Laïques qui savent méditer sur les Trois Trésors, ils ne renaîtront pas aux trois mondes inférieures tels que l’enfer, le monde de peta et le monde des animaux, mais renaîtront plutôt aux mondes des divins et des humains où ils peuvent bénéficier d’un meilleur cadre de vie.

Maintenant nous allons observer en pleine conscience nos six organes de sens et penser ainsi :
Les yeux ne sont pas moi, je ne suis pas pris dans ces yeux.
Les oreilles, le nez, la langue, le corps et le mental ne sont pas moi.
Je ne suis pas pris dans ces organes de sens.

Puis, nous allons nous concentrer sur six objets de sens et penser ainsi :
La forme et les couleurs ne sont pas moi, je ne suis pas pris dans ces formes.
Le son, l’odeur, le goût, les objets tactiles et les objets mentaux ne sont pas moi, je ne suis pas attaché à ces objets de connaissance.

Ensuite, nous poursuivons notre méditation sur les six consciences des sens :
La vue n’est pas moi, je ne suis pas pris dans cette vue.
L’ouïe, l’odorat, le goûter, le toucher et le mental ne sont pas moi, je ne suis pas pris dans ces consciences de sens.

Nous allons pratiquer ensuite la pleine conscience des six éléments de notre corps :
L’élément Terre n’est pas moi, je ne suis pas attaché à cette terre.
Les éléments Eau, Vent, Feu, Espace et Conscience ne sont pas moi, je ne suis pas attaché à ces éléments.

Nous continuons à pratiquer la pleine conscience des cinq agrégats-khandha :
La forme n’est pas moi, je ne me suis pas limité dans cette forme.
Les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience discriminante ne sont pas moi, je ne suis pas limité dans celles-ci.

Nous allons méditer sur le temps et penser ainsi :
Le passé n’est pas moi, je ne suis pas limité au passé.
Le présent et le futur ne sont pas moi, je ne suis pas limité dans le temps.

Cher Laïc ! Tous les dharma apparaissent grâce aux circonstances favorisantes et disparaissent lorsque cessent ces conditions propices. A vrai dire, la nature profonde de tous les dharma est non-née, non-morte, non-venue et non-partie. Lorsque l’œil ait été engendré, il est là et ne vient de nulle part. Lorsqu’il est détruit, il disparaît mais ne part nulle part. L’œil n’est pas non-existence avant qu’il est engendré, et il n’est pas non plus existence avant sa disparition. Tous les phénomènes se réalisent selon le principe de la Production interdépendante. Lorsque les conditions favorisantes sont remplies, les yeux apparaissent, et lorsqu’elles deviennent insuffisantes, les yeux disparaissent. Ce principe s’applique également aux six organes de sens, aux six objets de connaissance, aux six consciences discriminantes, aux six éléments fondamentaux, aux cinq agrégats et au temps.

Dans les cinq agrégats, il n’y a rien qui puisse être apparenté à l’image de soi, à l’image de personne, à l’image des êtres vivants, à l’image de l’existence de vie. Ne pas reconnaître cette vérité, c’est l’ignorance spirituelle. De cette ignorance dépendent les formation mentales ; des formations mentales dépend la conscience discriminante, de la conscience dépendent les mental-et-corps, de mental-et-corps dépendent les six bases de sens, de six bases de sens dépend la stimulation sensorielle, de la stimulation sensorielle dépend la sensation, de la sensation dépend le désir, du désir dépend l’attachement, de l’attachement dépend l’existence, de l’existence dépend la naissance, de la naissance dépendent vieillesse, mort, tristesse, lamentation, douleur, chagrin et désespoir.

Cher Laïc, vous avez déjà médité sur les Origines conditionnées de tous les dharma dont la nature profonde est dénuée d’entité intrinsèque. Cette méditation est la vision profonde de la vacuité, la concentration d’une profondeur suprême.

Ayant pu réaliser la pratique jusque là, Anāthapiṇḍika se met alors à pleurer à chaudes larmes.

Ārya Ānanda lui demande :
Cher Laïc, pourquoi pleurez-vous ? Avez-vous quelques difficultés à réaliser la pratique ? Avez-vous quelques regrets ?

Anāthapiṇḍika lui répond :
Ô Ārya Ānanda, je n’ai rien à regretter et j’ai bien réussi ma pratique. J’ai pleuré parce que j’en suis profondément ému. J’ai le grand avantage de servir Bouddha ainsi que ses saints disciples depuis longtemps, et je n’ai jamais encore entendu un dharma aussi merveilleux, miraculeux et précieux que celui qui m’a été transmis ce jour par Ārya Śāriputra.

A ce moment, Ārya Ānanda lui sourit :
Cher Laïc, sachez que ce dharma est souvent enseigné par Bouddha auprès des moines et moniales.

Anāthapiṇḍika demande alors :
Ô Ārya Ānanda, veuillez avoir l’amabilité de solliciter le Tathāgata de bien vouloir faire également cette prédication merveilleuse aux disciples laïcs.

Il y a bien entendu des laïcs qui n’ont pas suffisamment le pouvoir d’écoute, la capacité de compréhension et la persévérance de réaliser une telle pratique. Mais il y a aussi ceux qui sont capables d’écouter, de comprendre et de mettre en pratique de telle réalisation merveilleuse.
Ayant terminé la pratique de l’enseignement des deux maîtres, Anāthapiṇḍika se sent soulagé et léger au niveau de son corps. Il se met alors à engendrer l’esprit d’Eveil suprême. Aussitôt que les deux maîtres ont quitté le lieu, Anāthapiṇḍika meurt sereinement et renaît dans le monde de divins, au 33ème ciel.


Traduction à partir du texte vietnamien Kinh độ người hấp hối
Dans le livre Nhật tụng thiền môn năm 2000
Texte original pali Anāthapiṇḍikavāda Sutta, le sutta n° 143 de Majjhima Nikaya, Traduit en vietnamien par le Vénérable THÍCH MINH CHÂU

- Groupe de traduction Saddharma
- Source : cusi.free.fr


Annotations du groupe de traduction Saddharma :
Il s’agit d’investigation discriminante de l’esprit et de tous les dharma. Cette vision profonde permet de saisir la nature profonde de tout ce qui existe, de reconnaître l’impermanence des dharma, leur nature vide de soi, leur interdépendance conditionnée et conditionnable, la vacuité intrinsèque, et l’interêtre des êtres et des phénomènes.
Ayant réussi cette pratique de l’observation attentive, nous pourrons transcender les concepts duels existant-non existant, un-multiple, naissance-mort, venir-partir, etc…
A partir de cette émancipation nécessaire à la libération de notre esprit, nous pourrons alors nous adonner pleinement à la réalisation de l’Eveil.

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