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Japon : une mentalité, des contradictions

lundi 19 octobre 2015

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Quelle idée se fait-on à l’évocation du Japon ?

A l’image de l’Angleterre dans nos esprits, le Japon revêt un manteau de mystère quant à la mentalité de ses autochtones. D’aucuns accuseront le côté péninsulaire de ses habitants, qui les isolerait des grands ensembles et favoriserait un développement à part. Il semblerait que celà soit le cas au Japon. Tantôt fantasque, tantôt traditionnelle, cette île se joue des conventions tout en les sacralisant. Tous les extrêmes s’y croisent semblant symboliser les contradictions de l’Asie et y porter l’image de son avenir, entre développement accéléré et traditions jalousement cultivées. Comme si sa position géographique en Asie lui conférait un rôle de phare pour l’Asie jusqu’en Occident, le Japon véhicule une image de contrée où tous les possibles se côtoient, donnant lieu à un attractif mélange très prisé de l’Occident en manque d’émerveillement. Cette île façonnée par une histoire mouvementée n’en finit plus d’alimenter nos fantasmes.


C’est en 1867, après deux siècles d’isolement diplomatique que le Japon féodal s’ouvre à l’étranger sous la pression d’une escadre américaine débarquée en 1853. D’une féodalité sévèrement contrôlée par les shogguns ("maire du palais") et résolument inperméable au Christianisme, le Japon passe directement à un modernisme inspiré des grandes nations occidentales, sur les plans militaire et économique. L’empereur Mutsuhito, se voit remettre les pleins pouvoirs par le dernier shoggun Yoshinibu, suite à de violentes émeutes qui opposent réformistes et conservateurs. C’est le début de l’ère Meiji, l’ère "éclairée". S’en suivront en 1889, l’introduction d’une Constitution puis ce qui sera longtemps considéré partout dans le monde comme l’aboutissement de la nouvelle politique impériale : la victoire sur les Russes en 1905. Depuis lors, le Japon continue son ascension jalonnée de nombreuses dérives impérialistes aux issues malheureuses tels les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945.


Tout porte à croire que le Japon subit encore les séquelles de cette croissance accélérée et sans transition.
Mont Fuji {JPEG}

Pris entre modernisme décadent et traditions ancestrales, le Japon couve en son sein, une lave de rebellion que recouvre une épaisse couche de conventions. La tentation est grande de penser aux visages imperturbables des Japonais qui sans une once de stress procèdent régulièrement aux exercices de préventions antisismiques. Si l’on pousse la métaphore, force est de constater qu’ils semblent avoir dompté cette contradiction quotidienne. Nous autres Occidentaux, pris entre d’autres étaux lui trouvons un charme curatif certain. Peut-être peut-on y voir l’expression de notre propre mal-être. Ne cherchons nous pas vainement à nous perdre dans un ailleurs qui semble gorgé de délicieux contrastes plutôt que de subir l’aridité d’un système social figé ? Quoiqu’il en soit, le pays du soleil levant nous apparaît telle une fresque délurée, la promesse de l’inconnu à chaque coin de rue. Rares sont ceux qui ayant goûté à la vie quotidienne japonaise, ne décident pas par la suite de s’installer sur l’archipel. La fréquentation des cours de langue et de culture japonaises augmente en France, au point que les filières universitaires se sont vues dans l’obligation de procéder à une sélection. Il est en effet facile de succomber au charme de l’émancipation face aux conventions, lorsque celle ci se matérialise en une multitude de mouvements marginaux mettant en scène des personnages qui revendiquent leur droit d’être des individus avant d’être une nation. Des otakus accrocs aux nouvelles technologies, à ces lycéennes aux allures provocatrices de j-pop (pop japonaise), les shibuyas, la voix de l’extrême trouve toujours le moyen de se faire entendre au Japon.


80% de la population japonaise se répartit sur 20% du territoire. Dans ce contexte de surpopulation, on comprend aisément que la jeunesse nippone tente de fuir l’anonymat par des moyens détournés, en raison d’une longue tradition conformiste qui neutralise l’idée même de conflit au sein de la société. Une société où les hommes d’affaires discrètement dévoués côtoient la révolte latente des jeunes Japonais aux cheveux décolorés. Cependant, il est indispensable de ne pas tomber dans les stéréotypes que l’on attribue injustement à tous les Japonais. Si beaucoup se réfugie dans l’excès, n’en oublions pas ceux qui tout aussi nombreux, s’offusquent que l’on puisse encore parler de "japonité" et tenter de définir un profil nippon type.

Ainsi ce pays ne peut en aucun cas se résumer en une seule mouvance, en un seul individu. L’idée que l’on s’en fait de l’étranger au travers son industrie intarissable de l’anime (film d’animation japonais), ne demeure qu’une idée. Le Japon est une boule à multiples facettes qui reflète différents aspects d’elle-même selon la direction qu’on lui fait prendre. Probablement le secret même de la fascination qu’il exerce à l’étranger.


Hélène LE, pour www.buddhachannel.tv




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