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Livre - L’Un vers l’autre, En voyage avec Victor Segalen, de François Cheng

lundi 8 décembre 2008

Langues :

L’Un vers l’autre
En voyage avec Victor Segalen
de François Cheng [1]


Toute sa vie, François Cheng a été habité par l’errance orientale de Victor Segalen, étrangement semblable à son propre périple occidental.

C’est même par le cycle chinois de l’Œuvre de Segalen, lui aussi poète, romancier et critique d’art, que Cheng a d’abord visité de façon imaginaire une Chine qu’il avait quittée jeune. François Cheng dit ici l’intime proximité spirituelle qui le relie à Victor Segalen. Comme lui, la surface ne l’intéresse pas : il est allé voir " ailleurs " pour mieux voir au-dedans. Non pour se fuir mais pour se chercher.

Les deux poètes " exotes ", selon l’expression de Victor Segalen, nous invitent à une trajectoire croisée qui voit la meilleure part des deux traditions s’amalgamer en un trésor unique, donnant naissance à une parole qui ouvre sur l’universel.

- Paru le : 15/10/2008
- Editeur : Albin Michel
- ISBN : 978-2-226-18853-3
- EAN : 9782226188533
- Nb. de pages : 180 pages
- Poids : 225 g
- Dimensions : 12,5cm x 19cm x 1,6cm

Commentaire de Marie-Noëlle Tranchant - Le Figaro

François Cheng , le poète chinois qui a adopté la France et sa langue , dialogue avec Victor Segalen, que la Chine a révélé à lui-même.

Les trois mots du titre, L’Un vers l’autre, portent le sceau de François Cheng : ils sont trois, justement, comme le yin, le yang et le vide médian, lieu du souffle et de l’échange ; comme la trinité taoïste Ciel, Terre, Homme ; comme les trois temps nécessaires à l’artiste chan pour aller de la perception des apparences à la contemplation de la vie profonde, en passant par l’effacement de soi.

« L’un », « l’autre », entités opaques et indéfinies, s’ignoreraient sans ce léger « vers », à la sonorité cristalline, qui les relie et les éclaire. L’un est ce grand lettré chinois qui est venu habiter la terre de France et la langue française. L’autre ce magnifique poète français que la Chine a révélé à lui-même. François Cheng et Victor Segalen ont fait entre l’Occident extrême (la Bretagne de Segalen) et l’Extrême-Orient un voyage inverse, et aussi différent que peut l’être un exil sans retour d’une exploration volontaire. Mais ils ont en commun d’avoir fait de ce trajet, forcé ou choisi, une « aventure de l’être ».

On est loin, ici, de tout pittoresque exotique, ou d’une comparaison érudite entre deux cultures distantes. À travers ce recueil réunissant trois articles de Cheng sur Segalen, on assiste plutôt à une espèce de transmutation alchimique où le natal et l’étranger s’incorporent jusqu’à donner cette quintessence de l’âme en communion avec le monde.

Une perception mystique
La Chine a d’abord été pour Segalen, qui l’a arpentée en explorateur, une expérience physique. Montagnes et fleuves l’obligent à se colleter avec ce réel qui « triomphe avec brutalité », et qu’il a besoin de saisir charnellement. Mais très vite il entre dans une perception plus profonde de l’espace, qui n’est pas seulement géographique, mais organique, mythique et mystique. Il acquiert ce sens chinois du Lieu vivant, du Site habité par le souffle originel, que prolonge l’architec ture : « Le Monument chinois est mobile, et ses hordes de pavillons, ses cavaleries de toits fougueux, ses poteaux, ses flammes, tout est prêt au départ, toujours, tout est no made », écrit le voyageur français.

Cet espace, ces formes ont trouvé une répercussion unique dans la langue française, grâce à Segalen. Qui aime le poète souverain de Stèles, ses décrets hiératiques, ses déploiements fastueux et ses retirements secrets le goûtera mieux encore, distillé par le regard chinois de François Cheng. L’auteur s’étonne de certaine thèse selon laquelle la Chine de Segalen serait purement imaginaire, simple prétexte stylistique. Sa lecture attentive et fraternelle est plus convaincante et plus pénétrante. Ce n’est pas celle d’un critique mais d’un compagnon de voyage, qui reconnaît intimement « cette manière si spécifique de sentir et de percevoir le Réel, de douer les images d’une dimension visionnaire ».

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