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Dalaï lama : Pékin adresse une nouvelle Mise en Garde à Paris

vendredi 5 décembre 2008

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04.12.2008

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"Chacun sait que nous recherchons une authentique autonomie au sein de la République populaire de Chine pour notre propre intérêt"

La Chine a adressé jeudi un nouvel avertissement à la France, en insinuant que la rencontre prévue ce weekend entre le président Nicolas Sarkozy et le dalaï lama en Pologne pourrait avoir des conséquences sur les liens entre les deux pays.

Cette mise en garde de Pékin, qui a demandé l’annulation de l’entretien programmé samedi à Gdansk entre le président français et le dirigeant tibétain, vient s’ajouter à sa décision de reporter le sommet UE-Chine, prévu le 1er décembre à Lyon.

Des salves répétées qui suscitent une crainte dans les rangs des entreprises françaises : celle que les relations commerciales entre les deux pays n’en pâtissent, comme pour ce qui s’était passé entre la Chine et l’Allemagne après la rencontre l’an dernier à Berlin entre la chancelière Angela Merkel et le chef spirituel du bouddhisme tibétain.

Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao a déclaré jeudi que la Chine espérait que la partie française "créerait des conditions positives en faveur du développement de l’ensemble des relations sino-françaises" et non des conditions "ayant un impact sur le développement" de "liens qui nuiraient aux intérêts des peuples des deux pays".

La France, qui assure jusqu’à fin décembre la présidence tournante de l’Union européenne, doit avoir "une considération sincère pour les inquiétudes chinoises et la position adoptée par la Chine" ; elle doit prendre des mesures "réelles pour améliorer les relations sino-françaises et assurer" leur "développement", a ajouté M. Liu.

La Chine n’a pas soufflé mot d’un éventuel projet de révision à la baisse de ses relations commerciales avec la France en guise de représailles. Mais M. Liu a souligné que les liens économiques et commerciaux "reposaient sur la base d’intérêts mutuels".

Le porte-parole n’a fait aucun commentaire sur de nouvelles conséquences qui découleraient de la rencontre de Gdansk, mais le report sine die du sommet UE-Chine a fondamentalement paralysé la coopération avec le bloc européen. Jusqu’à 200 cadres d’entreprises chinoises devaient rencontrer des homologues européens en marge du sommet, alors que les pays membres de l’UE espéraient pouvoir progresser sur des dossiers allant du réchauffement climatique à la sûreté industrielle.

Invité à réagir aux propos de M. Liu, le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay Frédéric Desagneaux a déclaré jeudi que la Chine était un "partenaire économique essentiel pour l’Union européenne et ses Etats membres" et que "tout devait être fait pour favoriser" les échanges économiques et commerciaux entre l’UE et Pékin. "La France et la Chine entretiennent un partenariat industriel et technologique étroit et ancien qui s’inscrit dans la durée" et "fondé sur de nombreux projets mutuellement bénéfiques", a-t-il dit. Il a rappelé que 2.000 entreprises françaises étaient établies en Chine et "emploient 300.000 personnes".

La Chine maintient que le Tibet fait partie de son territoire depuis plus de sept siècles et accuse le dalaï lama de visées séparatistes. Le chef spirituel et temporel des bouddhistes tibétains vit en exil en Inde après avoir fui le Tibet sur fond de soulèvement avorté contre les autorités chinoises en 1959.

Jeudi, le dalaï lama est intervenu devant les membres du Parlement européen réunis à Bruxelles. "Chacun sait que nous recherchons une authentique autonomie au sein de la République populaire de Chine pour notre propre intérêt", a-t-il dit.

Dans une nouvelle attaque visant les appels du dirigeant tibétain en faveur d’une plus grande autonomie du Tibet, l’agence officielle Chine Nouvelle a rendu publics jeudi deux commentaires défendant le régime communiste dans la région et accusant le dalaï lama de comploter en vue de rétablir la théocratie bouddhiste au Tibet. Et la Chine a exclu toute concession concernant les demandes des exilés, particulièrement en ce qui concerne les appels à un "Grand Tibet" qui occuperait environ un quart de la totalité du territoire chinois.


Source : AP

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