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L’Université monastique de Nalanda

Etude de l’Université de Kelaniya au Sri Lanka

samedi 7 novembre 2009

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Ruines de l’Université de Nalanda
Bihar - Inde

L’Université monastique internationale de Nalanda a été développée en Inde du 5e siècle au 12e siècle, en tant que centre d’éducation avec internat consacré au bouddhisme mahayana. Elle attirait des étudiants non seulement de l’Inde, mais aussi d’autres pays bouddhistes. Les savants chinois qui y ont habité et y ont étudié ont laissé une description détaillée et élaborée de l’excellence de l’éducation ainsi que de la pureté de la vie monastique menée à cet endroit. Ils ont fait connaître les débuts du monastère, le patronage royal, les méthodes d’admission et le système d’éducation, les étudiants et les professeurs, les édifices, etc. La plupart de leurs positions peuvent être reconnues et prouvées par des fouilles archéologiques.
Par le passé, plusieurs pays asiatiques ont interagi les uns avec les autres de façon pacifique par la religion, le commerce et les missions politiques. La relation entre l’Inde et la Chine peut être retracée jusqu’aux temps les plus reculés. La dissémination progressive du bouddhisme dans ces régions a été un incitatif supplémentaire pour le développement de cette relation.
Résultat de cette relation, certains moines pèlerins chinois ont voyagé en Inde, dans le but de rendre hommage à des lieux sacrés bouddhistes, d’apprendre des professeurs bouddhistes indiens, et pour récolter des textes sacrés bouddhistes. Afin d’atteindre leurs objectifs, ils ont passé quelques années en Inde. Des témoignages au sujet de cette fréquentation allaient être trouvés dans un grand nombre d’ouvrages chinois datant des temps les plus reculés. Les plus connus sont les témoignages laissés par Fa-Hien, au cinquième siècle, et Hiuen-Tsang ainsi que I-Tsing, au septième siècle.

Après l’introduction du bouddhisme en Chine, en 67, Fa-Hien a été le premier à effectuer un pèlerinage en Inde. Sa visite, qui a duré environ seize ans, de 399 à 414, a été racontée en détail dans ses Fo-kue-ki ou Mémoires sur le pays bouddhiste. Son ouvrage constitue une preuve précieuse de la puissance et, dans de nombreux cas, de la domination du bouddhisme en Inde. Il est réfléchi et précis, et la plupart de ses positions peuvent être vérifiées.
Par après ont suivi les voyages de Sung-Yun et de Hwui-Seng, en 518 ; malheureusement, leur récit est très court, et ne doit pas être comparé avec ceux des autres voyageurs (Takakusu 1966, XVII).

Beaucoup plus tard, tandis que la dynastie Tang se développait en Chine, et que le roi Harshavardhana régnait sur l’Inde du Nord, le plus célèbre des voyageurs chinois en Inde, Hiuen-Tsang, s’est mis en route pour un voyage de la Chine vers l’Inde en 629. Il voulait visiter divers lieux de pèlerinage bouddhistes, et récolter des textes sacrés bouddhistes. Il a passé dix-sept ans à voyager partout en Inde. À son retour en Chine, son voyage extraordinaire l’a rendu célèbre, et l’empereur lui-même lui a demandé d’écrire le récit de ses aventures. Le résultat a été les Si-yu-ki, ou Mémoires bouddhistes sur le monde occidental, qui ont été traduits en anglais par Samuel Beal, un savant britannique spécialisé en chinois qui a déjà été ambassadeur à Pékin, en Chine.

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Chinese scholar Xuanzang (c. 603—664) wrote extensively about Nalanda University.

Tout ce qui est venu à sa connaissance a été rapporté intégralement dans son ouvrage, qui est un manuel essentiel pour l’histoire et la géographie de l’Inde.
Pas très longtemps après la mort de Hiuen-Tsang en 654, I-Tsing, le dernier des trois grands voyageurs, s’est mis en route pour l’Inde en 671, pour étudier et récolter les textes authentiques des règles issues du Vinaya, afin de corriger leurs présentations erronées en Chine. Ses voyages en Inde n’ont pas été aussi prolongés que ceux de Fa-Hien et de Hiuen-Tsang. Lui aussi, comme
Fa-Hien et Hiuen-Tsang, a laissé un compte rendu de ses voyages sous le titre de Nan-Hae-ki-Kwei-Niu, ou Un mémoire sur la religion bouddhiste telle qu’elle est pratiquée en Inde et dans l’archipel malaisien, qui a été traduit en anglais par le réputé savant japonais Takakusu.

Tous ont visité des sites bouddhistes en Inde et ont laissé des rapports détaillés. Leurs mémoires sur l’Université monastique de Nalanda ont été des sources indispensables pour faire connaître sa nature prédominante. Ils ont laissé des comptes rendus clairs sur ses débuts, sur le patronage
royal, sur la méthode d’admission et le système d’éducation, sur les étudiants et les professeurs, sur les édifices, etc., ainsi que sur les caractéristiques générales. Nalanda, le plus célèbre de tous les lieux d’apprentissage bouddhiste en Inde, a été surnommée « une des premières grandes universités de l’histoire consignée ».

L’Université monastique de Nalanda a été établie en tant que monastère bouddhiste, probablement durant le règne de Kumara Gupta (414-445), et était située près de Rajgriha, dans le Bihar, l’ancien royaume de Magadha. Avec la montée du bouddhisme mahajana, elle s’est développée jusqu’à atteindre un niveau universitaire (Mookerji 1960, 557). Elle a existé en tant qu’extraordinaire centre d’études bouddhistes durant sept siècles, durant les dynasties Gupta et Pala, de 427 à 1197.

L’Université monastique de Nalanda a atteint une position et une réputation importantes dans le monde bouddhiste par son approche pédagogique. Des flots d’étudiants avaient l’habitude d’y aller à la recherche du savoir, non seulement de toutes les régions de l’Inde, mais aussi de la Chine, du Tibet, de la Corée, du Japon et du Ceylan (du Sri Lanka).
Lorsque le premier moine chinois, Fa-Hien, a visité Nalanda en 410, qui a été surnommée Na-Io, l’institution s’imposait en tant que monastère ordinaire (Beal 1993, 111), qui au cours des trois siècles suivants s’est développé pour devenir le plus grand centre d’enseignement consacré au bouddhisme mahayana.

Le deuxième moine chinois, Hiuen-Tsang, durant son séjour de 17 ans en Inde, a étudié avec plusieurs maîtres bouddhistes célèbres, et a appris plus spécifiquement les principes du yoga sastra à l’Université de Nalanda, de 635 à 640 (Hwui Li 1973, 107). Il a laissé une description détaillée et élaborée de l’excellence de l’éducation ainsi que de la pureté de la vie monastique menée à cet endroit.

Le troisième moine chinois, I-Tsing, a étudié à l’Université de Nalanda pendant dix ans, de 675 à 685 (Takakusu 1966, XXXIII). Lui aussi, comme Hiuen-Tsang, a laissé un compte rendu sur Nalanda.

I-Tsing mentionne qu’il y avait un examen d’admission strict mené par le portier. Hiuen-Tsang affirme qu’il y avait seulement une entrée percée dans le mur sud, pour pénétrer dans l’enceinte, entrée dont s’occupait un portier. Les étrangers qui venaient à l’université étaient filtrés à l’aide de questions posées par ce gardien, dans le but de déterminer l’étendue de leur formation antérieure, avant d’avoir la permission d’entrer. Il dit de plus que seulement deux ou trois visiteurs sur dix parvenaient à réussir leurs différents examens (Beal 1991, II, 171).

I-Tsing affirme que l’âge minimum pour être admis à l’Université de Nalanda était de vingt ans. Ceci indique que les savants qui avaient déjà été reçus par une autre université étaient admis à Nalanda pour poursuivre des études supérieures. Hiuen-Tsang affirme qu’un étudiant devait avoir étudié en profondeur des livres anciens et des livres nouveaux avant d’être admis à Nalanda (Beal 1991, II, 171). Ces livres anciens et ces livres nouveaux incluaient les Védas, les Upanisads, des ouvrages sur différents systèmes philosophiques, le Samkhya, le Vaisesika, le Nyaya, et tous les ouvrages sur les bouddhismes mahayana et hinayana (Chatterjee 1999, 26).

http://www.theodora.com/wfb/photos/india/india_photos_22.html Selon les mémoires chinois, l’Université monastique de Nalanda était un bastion du bouddhisme mahayana, et tous les ouvrages sur le Mahayana étaient obligatoires pour tous les étudiants.
Huien-Tsang donne le détail des études au cours desquelles les cinq branches (vidyas) du savoir étaient enseignées. Tous les prêtres appartenant à l’université étudiaient le Grand véhicule (Mahayana) et aussi les dix-huit sectes (Hinayana), et non seulement cela, mais même aussi les ouvrages ordinaires comme les Védas et d’autres livres, l’hetuvidya (la logique), la sabdavidya (la grammaire et la lexicographie), la chiktsavidya (la médecine), l’adhyatmavidya (la science de l’Esprit universel), le Sankhya (un sytème philosophique). En plus de ces ouvrages, ils examinaient à fond les ouvrages divers, ce qui signifiait probablement les oeuvres littéraires et celles de culture générale (Takakusu 1966, 181-182). En outre, les prêtres étudiaient tous les ouvrages sur le Vinaya, et examinaient également les sûtras et les sastras.
Les enseignements et les discussions étaient considérées comme l’importantes méthodes du système d’éducation de Nalanda. Hiuen-Tsang affirme que « le jour est insuffisant pour poser des questions profondes et y répondre. Du matin au soir, ils se lancent dans des discussions ; les vieux et les jeunes s’aident mutuellement les uns les autres. Ceux qui ne peuvent pas discuter de questions en dehors du "Tripitaka" reçoivent peu d’estime, et sont obligés de se cacher tellement ils ont honte » (Beal 1991, II, 170).

Hiuen-Tsang dit que, en fonction de leur fraternité, ils étaient régis par des règles et des règlements distincts (Beal 1991, I, 80). Il dit en plus que « leur conduite est pure et irréprochable.
Ils suivent avec sincérité les préceptes de la loi morale. Les règles de ce couvent sont sévères et tous les prêtres sont tenus de les observer (Beal 1991,170). » I-Tsing a aussi admiré les règlements du monastère et la discipline stricte appliquée à plus de 3 000 moines résidents (Takakusu 1966, 65).

La routine des tâches quotidiennes du monastère était réglée strictement en fonction du moment de la journée. Celui-ci était mesuré au moyen de la clepsydre (une horloge à eau) qui était utilisée dans les grands monastères en Inde. La clepsydre était un appareil consistant en un petit bol de cuivre perforé qui flottait dans un plus grand bol rempli d’eau. Le temps était noté à l’aide de chaque immersion du plus petit bol et était annoncé régulièrement. I-Tsing décrit assez longuement comment l’opération était effectuée autrefois.

L’autorité principale de Nalanda était l’assemblée, où étaient prises toutes les décisions majeures concernant autant la gestion interne que celle de la propriété. L’assemblée se réunissait en sessions, présidées par un moine supérieur, afin de prendre une décision au sujet des affaires courantes du monastère. Lorsque Hiuen-Tsang a cherché à obtenir la permission de demeurer à Nalanda, sa requête a été présentée à l’assemblée, qui a annoncé son accord par l’intermédiaire du vice-titulaire (Hwei Le 1973, 106). I-Tsing affirme également que c’était l’assemblée qui assignait les chambres et les serviteurs aux résidents. La liquidation des effets des moines décédés était également accomplie par l’assemblée (Takajusu 1966, 63, 147-149).

Dans cette première université monastique internationale avec internat au monde, il y avait environ 10 000 résidents provenant de tout le monde bouddhiste, qui ont vécu et étudié au 7e siècle. Quand Hiuen-Tsang a étudié à Nalanda, de 635 à 640, alors que l’université était au sommet de son activité, il y avait 1 510 professeurs et 8 500 étudiants. Des 10 000 moines résidents à Nalanda, pas moins de 1 500 appartenaient au rang de professeur. Parmi ceux-ci, il en y avait 1 000 qui pouvaient expliquer 20 recueils de sûtras et de sastras, 500 qui pouvaient en expliquer 30 recueils, et peut-être dix (incluant Hiuen-Tsang) qui pouvaient en expliquer 50 recueils (Hui Le 1973, 112). Selon les rapports des voyageurs chinois, il semble que le nombre augmentait et diminuait à l’occasion. À l’époque de I-Tsing, de 675 à 685, le nombre de prêtres était de 3 000. Il ajoute qu’il était difficile d’en rassembler autant en un seul endroit (Takakusu 1966, 154).

Nalanda était honorée par la présence des plus brillants professeurs bouddhistes de l’Inde (pandits). Certains d’entre eux ont écrit des ouvrages encyclopédiques traitant de diverses formes de bouddhisme, de philosophie, de logique et de grammaire. Comme le mentionne Hiuen-Tsang, l’université était enrichie par la présence de pandits comme Gunamati, Sthiramati, Prabhamitra, Jinamitra, Jnanachandra, Sigrabuddha, Santaraksita, Silabhadra, Dhammapala et Chandrapala. Il mentionne aussi que chacun de ceux-ci n’ont pas seulement enseigné, mais qu’ils ont aussi rédigé quelques dizaines de traités et de commentaires qui ont été largement diffusés, et qui, grâce à leur perspicacité, ont été transmis jusqu’à aujourd’hui (Beal 1991, II, 171-172).

Selon des mémoires chinois, Vasubandu, tuteur de Baladitya, a été pour un temps le supérieur du monastère, et a eu un certain nombre de disciples, dont Gunamati, Sthiramati, Dinnaga et Dhammapala, qui sont chacun devenus célèbres dans le domaine de la philosophie mahayana en tant que savants et auteurs éminents (Dutt 1988, 285). Lorsque Hiuen-Tsang était à Nalanda, de 635 à 640, le directeur de l’université était Silabadra (Hwui Li 1973, 106).
Dans les faits, il semble que c’était le vice-titulaire qui était principalement responsable de la conduite et de la supervision générale du monastère. Tant Hiuen-Tsang que I-Tsing font référence aux fonctions administratives exercées par le vice-titulaire. Quand Hiuen-Tsang a été admis au monastère de Nalanda, c’est le vice-titulaire qui en a fait l’annonce adéquate à la communauté (Hwui Li 1973, 106). Selon I-Tsing, c’était le devoir de ce moine d’annoncer le moment et le commencement de tout service ou de toute cérémonie en tapant sur le gong (Takakusu 1966, 148-149). Il mentionne par ailleurs que le vice-titulaire supervisait les affaires monastiques courantes,
sans mentionner de quelles affaires en particulier il s’agissait.

I-Tsing semble avoir eu une impression très favorable au sujet de l’apprentissage à Nalanda. Il mentionne le nom de plusieurs professeurs distingués et affirme ceci : « J’ai toujours été heureux d’avoir eu la possibilité d’acquérir personnellement des connaissances qu’autrement je n’aurais jamais pu posséder, et de pouvoir rafraîchir le souvenir de mes études antérieures en comparant d’anciennes notes avec de nouvelles » (Taktakusu 1966, 184-185).

Pendant la période des savants chinois, l’Université monastique de Nalanda a grandement été aidée par le patronage des rois de la dynastie Gupta, même si aucun des dirigeants de cette dynastie n’était un bouddhiste déclaré. On a documenté le fait que Sakraditya ou Kumaragupta Ier, un des premiers monarques de la dynastie Gupta, qui a régné de 415 à 456, a fait construire le tout premier monastère. Durant les siècles qui ont suivi, chacun de ses successeurs, Buddhaguptaraja, Tathagata-raja, Baladitya et Vajra, a fait construire un monastère supplémentaire. Entre les années 530 et 535, un roi de l’Inde centrale, peut-être Yoshodharman (Yashovarman), en a ajouté un autre, et a créé un Mahavihara en faisant construire un mur d’enceinte autour de l’ensemble des monastères (Beal 1991, II, 168-170).

De plus, les rois de la dynastie Gupta ont préservé des communautés monastiques grâce à des bourses. De temps en temps, Nalanda a été dotée d’une grande variété de biens comme des terres, des édifices, de l’argent et du bétail. Nalanda a eu aussi une grande main-d’oeuvre à son service.

Hiuen-Tsang signale que, lorsqu’il était un résident du monastère, Nalanda avait pas moins de 100 villages sous son contrôle (Hwui Li 1973, 112-113) et, à l’époque de I-Tsing, leur nombre avait augmenté jusqu’à 200 (Takakusu 1966, 65). Grâce au revenu qu’elle en tirait, l’université subvenait gratuitement aux quatre besoins fondamentaux de tous : l’habillement, la nourriture, la literie et les médicaments (Hwui Li 1973, 112-113).

En plus des privilèges mentionnés plus haut, les chambres des moines étaient distribuées chaque année en fonction de leur rang. I-Tsing dit ceci : « avant la période du varsha [1] ou avant que les pluies ne commencent, les chambres sont assignées à chaque membre ; les meilleures chambres sont données aux plus âgés (sthaviras), puis les chambres sont attribuées graduellement jusqu’aux plus modestes […] la grande assemblée des prêtres assigne les chambres chaque année […] c’est très bénéfique. Premièrement, cela élimine les intentions égoïstes ; deuxièmement, les chambres pour les prêtres sont protégées adéquatement (Takakusu 1966, 86). »

L’université était localisée dans quelques édifices. Hiuen-Tsang décrit ainsi ces édifices : « Un portail donne sur la grande université, sur lequel s’ouvrent huit autres vestibules, au centre du sangarama […] toutes les cours extérieures, où se trouvent les chambres des prêtres, sont de quatre étages. Les étages ont des dragons en saillie et des antres colorés ; les pilliers rouges nacrés, sculptés et ornementés, les balustrades richement ornées, et les toits couverts de tuiles qui reflètent la lumière en un millier de nuances, tout ceci ajoute à la beauté de la scène (Hwui Li 1973, 111-112). I-Tsing décrit le monastère de Nalanda en mentionnant que celui-ci comportait huit vestibules et 300 pièces (Takakusu 1966, 154). Le monastère est aussi devenu un centre de sculpture religieuse en pierre et en bronze.

Même si, dans les mémoires des moines chinois, les bibliothèques n’ont pas été mentionnées, ceux-ci ont emporté un bon nombre de livre dans leur pays d’origine, quand ils y sont retournés respectivement en 645 et en 685. Lorsque Hiuen-Tsang est rentré, il a apporté avec lui 520 fascicules, comprenant 657 volumes distincts, qui ont été transportés par vingt chevaux (Hwui Li 1973, 214). Nous avons déjà vu que I-Tsing est demeuré pour ses études à l’Université monastique de Nalanda pendant une longue période de dix ans, durant laquelle il a rassemblé quelque 400 textes différents d’ouvrages bouddhistes avec 500 000 feuilles d’algues (slokes) (Takakusu 1966, XVII). Ces grandes collections emportées par les moines indiquent que Nalanda possédait une bibliothèque bien garnie. De l’information sur la bibliothèque de Nalanda est donnée dans des mémoires tibétains, qui nous ont transmis ce que nous savons de cette bibliothèque. Nommée Dharmaganja, elle était constituée de trois grands édifices, nommés Ratnasagara, Ratnodahi et Ratnaranjaka. Parmi ceux-ci, Ratnaranjaka était un édifice de neuf étages, spécialisé dans les collections d’oeuvres sacrées comme le Prajnaparamita sûtra et les livres tantriques comme le Samajaguhya (Sankakia 1972, 72-73).

L’Université monastique de Nalanda, qui a été développée pour devenir le plus grand centre d’éducation consacré au bouddhisme mahayana en Inde, durant les dynasties Gupta et Pala, a été détruite en 1197, en même temps que d’autres lieux similaires, par le chef turquo-afghan et envahisseur musulman Bakhtiyar Khilgi (Sankalia 1972, 238-239).

Ses ruines peuvent encore être vues à Baragaon, à sept milles au nord de Rajgir, dans le Bihar, et à 40 milles au sud-est de Patna. Il y a là les sites archéologiques de 11 des monastères et quelques temples en briques. Des allées des monastères ont été dégagées, avec de petites ouvertures donnant sur une cour intérieure. Un musée près des ruines abrite une collection de bronzes hindous et bouddhistes, des assiettes en cuivre, des inscriptions sur de la pierre, des pièces de monnaie, de la poterie et des statues de Bouddha intactes qui proviennent des fouilles du site (Sankalia 1972, 248-271).

Bibliographie

- 1. Beal, Samuel. 1991. Si-yu-ki Buddhist records of the western world. 3rd ed. Delhi : Motilal Banarsidass.
- 2. Beal, Samuel. 1993 (1869). Travels of Fah-Hian and Sung-Yun Buddhist pilgrims from China to India (400 AD and 518 AD). New Delhi : Asian Education Services.
- 3. Chatterjee, Mitali. 1999. Education in ancient India. New Dwlhi : D. K. Printworld.
- 4. Dutt, Sukumar. 1988 (1962). Buddhist monks and monasteries of India : their history and their contribution to Indian culture. Delhi : Motilal Banarsidass.
- 5. Hwui Li, Shaman. 1973. The life of Hiuen-Tsang. With the introduction of Samuel Beal.
2nd ed. New Delhi : Munshiram Manoharlal.
- 6. Keay, F. E. 1959. A history of education in Indian and Pakistan. 3rd ed. Calcutta : Oxford University Press.
- 7. Mookerji, R. K. 1960. Ancient Indian education. 3rd ed. Delhi : Motilal Banarsidass.
- 8. Sankalia. H. D. 1972. The University of Nalanda. Delhi : Oriental Publishers.
- 9. Takakusu. J. 1966. A record of the Buddhist religion as practiced in India and the Malay archipelago (AD 671-675). Delhi : Munshiram Manoharlal.


- R.H.I.S. Ranasinghe - University of Kelaniya - Sri Lanka.
Traduction : Stefán Ketseti, étudiant à la maîtrise, École de
bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université
de Montréal
- Source : www.ifla.org

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