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Traduction du Koan 1 du Hekigan Roku

dimanche 9 mai 2010

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Traduction du Koan 1 du Hekigan Roku
(Inédit en français)

Le Hekigan Roku et le Mumonkan sont les œuvres majeures du zen dans lesquelles sont collectées nombres de fameux koans (litt.traités publics), base de l’enseignement du zen Rinzai. Plus particulièrement, le Hekigan Roku est l’œuvre du maître zen et poète Setcho Juken (980-1052) [1], disciple de la 4ème génération après M. Unmon (862-949). A chaque koan répertorié, M. Setcho a ajouté un poème et ses propres commentaires puis, environ 80 années plus tard, le moine rinzaï Engo Kokugon (1063-1135), contemporain de M. Nyojo (1163-1228), a fait publié l’œuvre tout en surajoutant une introduction dite yakugo (litt.avant-propos) et de nouveaux commentaires. On raconte qu’environ 100 années plus tard, M. Dogen (1200-1253), impressionné par cet ouvrage l’aurait recopié en une nuit [impossible !] et certainement, vous reconnaîtrez l’influence du Hekigan Roku dans le Shobogenzo ou encore dans les poèmes de Sokei Daichi (1290-1326). En ligne avec cette singularité du Hekigan Roku, nous avons souhaité inclure des enseignements de notre époque, en l’an 2008, soit 9 siècles après la publication originale - l’ensemble des enseignements intégrés est de Reiryu Philippe Coupey, maître zen Soto de la lignée Kodo Sawaki (1880-1965), Taisen Deshimaru (1914-1982), bien qu’il n’ait pas commenté directement le Hekigan Roku mais le Shobogenzo, le Shin Jin Mei ou encore les poèmes de Sokei Daichi (1290-1326). On notera que M. Setcho a choisi de commencer la collection des koans avec l’enseignement de Bodhidharma, 1er patriarche du zen et le 1er poème du Shin Jin Mei, texte le plus ancien du zen dont l’auteur n’est autre que le 3è patriarche, Kanchi Sosan (? – 606).
Le lecteur ne manquera pas de remarquer qu’avec le temps et la distance, ni l’enseignement authentique ni les interrogations profondes n’ont changé. Alors, le brahmane du mur vert émeraude était-il venu de l’Ouest ? Quelle est la couleur de ma vie aujourd’hui ? Quel est mon visage avant la naissance de mon père ? Egalité et différence, un siècle avant ou neuf siècles plus tard ?
Note de l’auteur de la traduction :
Voici le commencement de la traduction en français du Hekigan Roku – Recueil de la falaise vert émeraude qui a été entrepris avec comme support de base la version sino-vietnamienne de HT. Thích Thanh Từ, maître zen du Vietnam, reconnu pour sa grande sagesse et ses travaux sur les textes Tchan. Confronté aux difficultés d’expression du langage d’antan et à la non-intelligibilité première du texte, on a eu également recours aux versions anglaises de Thomas Cleary et de Katsuki Sekida. Le moine zen JP Romain a commenté et revu ce premier koan.

Hekigan Roku 1. La signification primordiale de la sainteté
廓然無聖, 不識
Kakunen Musho [2] – Fu Shiki [3]

Introduction par Engo
BodhidharmaVoyant la fumée apparaître à travers la montagne, vous savez immédiatement qu’il y a du feu. A travers le mur, vous apercevez des cornes – Y aurait-il donc un buffle ? En voyant « un » vous reconnaissez « trois » [4] - de façon immédiate et instinctive. En un clin d’œil, vous discernez la moindre différence. Calculer, organiser, structurer, cuisiner sont des activités ordinaires que vous exécutez naturellement et automatiquement, dans la vie quotidienne. Si malgré la cessation de l’esprit conscient, vous disposez de cette capacité permanente, pour aller d’Ouest en Est, pour dépasser adversités et opportunités, pour saisir et lâcher-prise alors, vous devez vous poser cette question : « A qui appartiennent donc ces bagages ? » Approchez et observez le monde du moine Setcho.

Koan
L’empereur Wu du pays des Liang [5] questionna le moine Bodhidharma : « Quelle est la signification primordiale de la sainteté ? »
Bodhidharma répondit « Vacuité sans limites. Pas de sainteté – Kakunen Musho. »
L’empereur dit « Qui se tient face à moi ? »
Bodhidharma répondit : « Je ne sais pas – Fu Shiki. »
L’empereur ne saisit pas. Bodhidharma traversa alors le fleuve Yangtsé, en secret il quitta le pays des Liang pour le pays des Wei. [6]
Plus tard, l’empereur Wu du pays des Liang relata l’histoire au moine Shiko [7] qui dit : « Connaissez vous cette personne ? »
L’empereur répond : « Je ne sais pas ».

(Coupey, www.zen-road.org) … Et maintenant que je vous ai donné l’ordination de moine, vous n’êtes ni laïque ni monial, vous êtes « shukke », celui qui n’est plus attaché à quoi que ce soit …

Shiko dit : « Il s’agissait du Bodhisattva Kannon, le koji [8] qui détient le sceau de la transmission de l’esprit de Bouddha. » L’empereur regretta d’avoir manqué l’opportunité, il envoya alors un missionnaire sur les traces de Bodhidharma.
Mais Shiko l’en empêcha et dit : « Ce n’est pas bon d’envoyer un messager pour le faire revenir, votre messager n’y parviendra pas. Et puis, même si tout le pays partait à sa recherche, il ne reviendrait pas. »

Commentaires de Setcho
Le patriarche Bodhidharma avait reconnu l’énergie primordiale du Mahayana en ce lieu. Il avait donc traversé les mers, pour amener la transmission du sceau de l’esprit et montrer les illusions.

Bodhidharma a dit :
Ne construisez pas de discours
Pointez directement l’esprit.
Faisant face à la nature originelle de l’homme
Réalisez immédiatement Bouddha.
Si vous parvenez à observer cela ainsi alors, une certaine part de liberté a été reconquise. Vous ne serez pas pris au piège des mots, des buts et gains. Immédiatement, vous reconnaitrez la demeure pacifiée de l’esprit d’Eka, le 2ème patriarche et il vous sera possible de dialoguer avec Bodhidharma.
Aucune infime différence. Il n’y a aucune infime différence - en une frappe d’épée, il a coupé. Les bras ballants, il est complètement libre. Il n’a pas jugé, ni pour ni contre ; il n’a rien évalué, ni gain ni perte. Cependant, observez ! Combien de personnes sauraient exercer cette capacité ?
L’empereur Wu du pays des Liang avait l’habitude de revêtir le kesa et d’enseigner le Sutra Lancer l’éclair de la Prajna, il pouvait ressentir la tombée sauvage des fleurs du ciel, la transformation de la terre en or. Il effectua le culte du Bouddha et de la Voie, émit des lois ordonnant au peuple de construire nombres de temples et de pratiquer selon l’enseignement des Sutras. On le surnomma « Esprit de bouddha, fils du ciel »
 [9]

Rencontrer Bodhidharma. Cependant, dès sa rencontre avec Bodhidharma, l’empereur l’interrogea [sur ses mérites] : « Nous avons construit pagodes et temples, bâti nombres de demeures pour les ordres monastiques, quels sont nos mérites ? » Bodhidharma répondit : « Aucun mérite – Mu kudoku [10] »
Avec cette réponse, Bodhidharma avait immédiatement lancé un seau d’eau glacée à la face de l’empereur. Si l’empereur avait pu saisir « aucun mérite » il aurait immédiatement rencontré Bodhidharma.
Dites-moi le sans-mérite. Comment la construction des temples pour la pratique des moines pourrait-elle être sans mérites ?
L’empereur Wu avait l’habitude de discuter avec le M. Lou Yueh, le prince héritier Chao Ming et aussi, le koji Fu, au sujet des deux principes fondamentaux du bouddhisme : la vérité absolue et la vérité relative. [11]
Le point absolu de l’enseignement. Comme il est dit dans les Sutras : La vérité absolue est au-delà de l’existence, la vérité relative est au-delà de la non-existence - l’absolu et le relatif ne sont pas deux, c’est le point le plus profond, le plus fin mais aussi le point absolu de l’enseignement.

Mille pièges. S’appuyant sur ce paradigme, l’empereur questionne Bodhidharma : « Quelle est la signification primordiale de la sainteté ? »
Bodhidharma répondit : « Vacuité sans aucune limite. Pas de sainteté. »
Les moines du monde ne peuvent passer sur l’autre rive de cette question. En une frappe, l’épée de Bodhidharma a tranché à la racine. De nos jours, quelques personnes se méprennent et s’évertuent à des jeux d’esprit, ils roulent de gros yeux et disent : « C’est la vacuité absolue ... Pas de sainteté. » Heureusement qu’on peut rire de ces insignifiants nihilistes ! Le 5ème patriarche (Tozan Ryôkai) a dit : « Si vous saisissez l’ultime signification de cette seule phrase : Kakunen Musho – Vacuité sans limites. Pas de sainteté – alors, rentrez à la maison vous asseoir en paix. »

L’empereur ne s’est pas éveillé, il poursuit, dans son attachement : « Qui se tient face à moi ? »
Avec la plus grande compassion, Bodhidharma lui vint encore en aide : « Je ne sais pas -Fu shiki. »
L’empereur Wu ne peut pas immédiatement entrapercevoir le sens ultime. De quelle parole s’agit-il ? Quelle en est la signification ? L’empereur n’a rien compris !

Fuzeshin, fuzebutsu, fuzemotsu. Il resta sur les deux rives : Existe-t-il une chose ? Il n’y a rien ? Touchez, prenez et vous tombez ! [12]
Le moine Shoutuan avait composé ce poème :


Habituellement, pour l’aigle une seule flèche
D’une grande loyauté, encore une flèche s’est élancée
Directement, dans son ermitage, il revient s’asseoir
Empereur du pays des Liang, ne parlez pas, n’attendez plus.


Le brahmane de la méditation du mur d’émeraude. Qui avait tant attendu et espéré ? Le roi, n’ayant pas saisi, Bodhidharma fut contraint de quitter le pays des Wei. Il traversa secrètement le fleuve pour aller au pays des Wei où règnait le roi Hsiao Ming, originaire des peuples du Nord nommés Toba. Plus tard, ce peuple fut renommé : « Le pays du milieu ou encore, La Chine ».

Le 1er patriarche, à son arrivée, ne vint pas rendre visite au roi mais se dirigea directement vers Shorin Ji (ch.temple de Shaolin) pour s’asseoir face au mur, pendant neuf ans. Ensuite, il rencontra le 2ème patriarche Eka (487-593). Les habitants de la région le surnommèrent Bodhidharma Le brahmane de la méditation du mur vert émeraude.

Plus tard, l’empereur Wu des Liang interrogea Osho [13]Shiko qui dit :« Sa majesté connaît elle cette personne ? » L’empereur répondit : « Je ne sais pas. » Cette réponse et la précédente à l’empereur Wu diffèrent elles ou sont-elles identiques ? Elles se ressemblent mais pas exactement … certaines personnes continuent leurs discours : « Lors de la dernière entrevue, Bodhidharma avait répondu au sujet du Zen et cette fois-ci, face au Osho Shiko, il répondit :« Je ne sais pas » … pour indiquer qu’ils ne se connaissaient pas … il n’y a donc pas de point de liaison…

Répondre. Mais exactement à ce moment, quand Osho Shiko questionne ainsi - comment répondre ? Pourquoi ne pas prendre un bâton et frapper à mort ? Ainsi il serait inutile de continuer à peindre et à colorer.

Osho Shiko avait vu l’opportunité d’agir alors il s’exécuta et dit : « C’est le grand koji de Kannon qui vient transmettre le sceau de l’esprit de Bouddha. » L’empereur Wu regretta vivement et envoya un missionnaire pour lui prier de revenir sur ses pas. Si, au contraire, au moment où Osho Shiko lui avait donné cette réponse, l’empereur Wu l’avait congédié et expulsé hors de son territoire alors, cela aurait été peut-être signifiant.

Selon une autre version historique. Osho Shiko était décédé en l’an 514 alors que Bodhidharma avait effectué le voyage vers le pays des Liang en l’an 520. Il y aurait donc eu un écart de 6 ans et donc, on ne peut affirmer qu’ils se soient croisés. Il s’agissait certainement d’une erreur de transcription historique – en effet, on écrivait ce qui était conté et raconté. Nous ne voulons pas discuter de ce point mais de l’essence de ce qui avait été transcrit. Quoi qu’il en soit, il était également dit que Bodhidharma est Kannon et qu’Osho Shiko est aussi Kannon alors – qui est le vrai Kannon ? Comment est-il possible que Kannon soit ? Non seulement deux mais, ils constituaient une légion.
 [14]

Plus tard, au pays des Wei, Bodhidharma avait aussi enseigné à l’avocat Kuang Tung et le 3ème maître du Dharma Bodhiruci sans sans que ces derniers aient pu accepter la vérité de son enseignement. Le patriarche Bodhidharma élimina tout formalisme et pointa directement l’esprit. Comme chacun d’entre eux, avec son « petit-soi », n’était pas capable de s’observer soi-même, l’esprit de « poison » s’était élevé et de multiples fois, ils tentèrent d’empoisonner Bodhidharma. A la 6ème tentative, sachant que les conditions opportunes se désagrégeaient, que la transmission était effectuée et qu’il ne lui était donc plus nécessaire d’être sauf, le patriarche s’assit dans la posture droite et rendit le souffle. Il disparut totalement dans la région de Shorin Ji (litt. Temple de la petite forêt, ch. shaolin) des monts Suzan (ch.montagnes Sung).

Un soulier [15]. On reporta que le missionaire Sung Yun du pays des Wei rencontra le patriarche qui était sur son chemin de retour en Inde, tenant un soulier à la main.

L’empereur Wu du pays des Liang inscrivit de sa propre main sur la stèle : « Hélas, je l’ai vu sans le voir ; j’étais à côté de lui sans être à ses côtés, je l’ai rencontré sans le rencontrer, à ce moment là il y avait l’aiguille mais il n’y en avait pas ; il y a eu la vengeance mais il n’y en avait pas. Maintenant comme auparavant, je le regrette profondément. » Plus tard, il fera son éloge en disant : « Si votre esprit existe, vous continuez à faire tourner la roue, vous êtes collé au monde pour l’éternité. Si votre esprit n’existe pas, vous expérimentez le merveilleux esprit d’éveil ! »

Dites-moi. Dites-moi, où se trouve Bodhidharma maintenant ? Vous étiez tombé sur Bodhidharma sans même l’avoir réalisé.

Poème de Setcho

La sainteté est le vide sans limites
Comment y mettre le juste ?
Qui se tient debout face à moi
Comment ? Je ne sais pas

Saisissez cette opportunité
Cette nuit, traversez le fleuve
Allez sur l’autre rive
Comment ne point faire naître épines, ronces et racines
Même si tout un pays était à sa recherche
II ne reviendrait pas
Des milliers de vies pour se souvenir du vide

Laissez de côté la mémoire
Le pur vent qui circule dans l’univers
Ne peut avoir de limites

Le maître Setcho regarda à gauche puis à droite
Et dit : Il y a-t-il un patriarche ici ?
Il a répondu lui-même : Il existe
Appelle-le pour laver les pieds de ce vieux moine

Commentaires intercalés au poème par Setcho

La flèche est parvenue jusqu’en Corée dans le passé. C’est faux. Qu’y- a- t-il de si difficile à atteindre ?
Le second essai ne mérite pas un seul sou. Alors, vous poursuivez aussi, ainsi.
Un 3ème homme, un 4ème homme a atteint la marque. Ouais ! Il ne peut dépasser le bout de son propre nez
Mais un étranger a réussi. C’est pitoyable ! Il n’est sûrement pas Un grand homme [Bodhidharma]
Il joint les mains et effectue des prières

Après tout, le grand Setcho s’enroule autour des herbes

Alors, vous abandonnez votre mission ? Vous agissez toujours ? Trop de confusions
Donnez-lui encore trente coups de bâton et conduisez le dehors
Il ne mérite pas mieux.
En agissant ainsi, il demeure toujours sur quelque chose


Commentaires d’Engo

Selon les commentaires de Setcho, cela est semblable à celui qui manie l’épée à la perfection, librement dans le vide, sans toucher cependant à la fine lame. Une personne ne disposant pas de cette capacité se blesserait à la première touche. Avec une vue percutante, on aurait observé que le moine [Setcho] prend un objet tout en relâchant un autre ; il flatte et blâme. Avec un poème de quatre phrases, il a achevé les commentaires du koan.
Traditionnellement, en parlant du Zen, les gens « tournent autour du pot », ils tirent quelques principes des enseignements et considèrent que c’est fini. Setcho fait face concrètement au koan et immédiatement commente :« La vérité est totalement vide [nue], comment faire pour y mettre un seul objet ?

Aucune direction. Parallèlement à cette première phrase, il ajouta celle-ci qui est assez extraordinaire : « Dites moi, après tout, comment pourriez-vous faire pour y mettre une seule chose ? Même si vous avez des yeux de fer et un corps de bronze, vous n’avez aucune direction pour tâtonner. Arrivé à ce point, comment pourriez-vous encore faire appel à votre conscience pour juger et évaluer ? » Pour cette raison, Unmon a dit :« Telle l’étincelle du silex, tel le flash de l’éclair. » Une telle question ne peut être puisée dans réflexions et pensées. Dès que vous avez ouvert la bouche, il n’y a plus d’effet. Au moment où vous calculez, le faucon est a déjà atteint la Corée du passé.

Le moine Setcho dit : « Comment demanderez-vous aux moines de discerner le moindre point de vérité ? » Qui se tient face à l’Empereur ? Il ajouta cette ligne : Encore une fois, il répond – Je ne sais pas. » C’est à ce moment que le moine Setcho redoubla ses efforts pour aider. Maintenant, dites moi, est-ce-que « Le Vide » et « Je ne sais pas » sont différents ou identiques ? Si vous êtes personnellement quelqu’un qui comprend cela profondément, vous saisirez alors toute parole du silence. Sans aucun doute ; quelqu’un qui n’avait pas saisi aurait été dans la dualité. Partout, tout le monde dit que le moine Setcho a repositionné le koan. Ils ne peuvent comprendre que les quatre lignes du poème ont totalement achevé l’enseignement du koan.

Où est Bodhidharma ? Avec la plus grande compassion, le moine Setcho a commenté ce koan ainsi : « En raison de cela, il [Bodhidharma] passa secrètement sur l’autre rive, comment pourrait-il ne pas faire naître épines, ronces et racines ? » Bodhidharma était venu dans ce pays pour libérer le monde et le sortir des attachements et liaisons, arracher les ronces à leurs racines. Pourquoi Setcho avait il énoncé que Bodhidharma avait fait naître épines, ronces et racines ? Ce n’est pas à cette époque seulement mais de nos temps, au pied de tous, épines et ronces ont poussé et les racines sont plantées à des milliers sous terre. « Même si tout le pays part à sa recherche, il ne reviendrait pas. »

Des milliers d’années après, vous ne pourrez avoir que souvenirs et commémorations ? Ce n’est pas l’attitude d’un grand homme. Dites-moi, où est Bodhidharma ? Si vous voyez Bodhidharma alors vous voyez la compassion de Setcho.

Ne vous vous souvenez pas, le vent souffle. Setcho avait craint que nous suivions notre conscience ordinaire [personnelle] alors il avait ouvert volets et serrures, pour révéler son observation :« Ne vous vous souvenez pas ! Le vent souffle sur la terre sans jamais s’arrêter. » Si vous n’avez rien dans la mémoire alors comment une seule-chose pourrait elle naître ? » Setcho dit : « Ici et maintenant, le vent souffle sur la terre, au ciel et sur terre, où se trouveraient donc les limites ? »

Le moine Setcho avait pris tous les phénomènes depuis les temps préhistoriques pour les jeter en pleine face.

La fin de votre corps ? Ce n’était pas uniquement avec Setcho mais ici et maintenant, où se trouverait une seule limite ? Immédiatement ici, où prendrait fin votre corps ?

Craignant que nous nous attachions à cette question alors il avait pris appui sur cette présente pour proclamer à haute voix : « Il y a-t-il encore un patriarche ici ? » Ensuite, il se répondit : « Oui, il est là. » A ce stade, Setcho n’avait pas hésité à montrer ouvertement. Il se parla à lui-même et dit : « Venez laver les pieds de ce vieux moine. » Il est évident qu’on pourrait penser qu’il a vraiment abaissé les gens jusqu’au plus bas niveau mais ici, il a offert sa moelle.

Ne le laissez pas comprendre. Dites-moi, qu’il y-a t-il dans la pensée de Setcho ? Quand on atteint ce point, on pourra parler d’ânesse, de cheval ou de patriarche, tout est égal. Mais comment nommer ou décrire ? Selon les concepts ordinaires, Setcho utilise le patriarche [Bodhidharma] mais heureusement, il n’y a aucune relation.

Mais dites-moi : « Pointez donc pour que le vieux moine se reconnaisse, ne le laissez pas comprendre. »




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