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Le Bouddhisme mongol en Perte de Vitesse

vendredi 6 février 2009

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LE BOUDDHISME MONGOL EN PERTE DE VITESSE [1]


17.09.2008

Oulan Bator, Mongolie - Mitch Tillman est un sauveur inhabituel. Il y a six ans, le missionnaire baptiste languissait dans les geôles de l’Alabama, condamné pour possession de drogue. Aujourd’hui, il construit des hôpitaux, nourrit les enfants des rues et sauve des âmes en Mongolie.

<< Des mongols prient à l’Église Chrétienne de la Parole Vivante [2], une église évangélique avec près de 1000 membres à Oulan Bator. Elle est située dans le Palais UB, un grand complexe qui le weekend en soirée, se transforme en bar et nightclub. (Par Michael Kohn / Pour le San Francisco Chronicle)

Pour les missionnaires chrétiens comme Tillman, la Mongolie est le nouvel El Dorado. Depuis la fin du régime communiste en 1990, quelque 60 000 mongols se sont tournés vers le christianisme, selon des registres tenus par les Mormons, Adventistes du Septième Jour, et autres églises protestantes et catholiques.

"Beaucoup de mes amis devenaient chrétiens, alors j’ai décidé d’apprendre quelque chose sur la foi", raconte L. Chimgee, étudiant de 18 ans, à l’Université Technique d’Oulan Bator. "J’ai participé à un weekend end de retraite, dans un camp chrétien en pleine campagne. C’était très amusant et j’y ai ressenti un véritable sens de la communauté. Alors j’ai rejoint l’église".

Tillman, acquitté des charges de possession de cocaïne en 2002, est convaincu que les prières ont assuré sa liberté. Une fois hors de prison, le natif de Chattanooga vend son affaire d’auto soin du corps et se rend en Mongolie où son père, un pasteur baptiste, a établi une mission.

"Alors que la Mongolie entre dans une nouvelle ère de liberté et de démocratie, les gens sont à la recherche de quelque chose de différent", explique Tillman, 53 ans et père de six enfants, dont la famille comprend trois enfants mongols adoptés. "Ils sont à la recherche d’espoir et d’une vie meilleure pour leurs enfants. Je pense que le Christ le leur donnera".

Les moines alarmés

Mais la campagne de conversion des Mongols a sonné l’alarme dans les anciens couloirs du Monastères Gandan, le plus grand complexe bouddhiste du pays, avec ses 800 moines. Le moine supérieur Khunhur Byambajav manifeste son inquiétude face à la baisse de fréquentation de son monastère.

"C’est un problème d’argent. Les missionnaires (chrétiens) ont de l’argent pour construire des écoles et éduquer les jeunes. Ils les attirent par différents moyens" accuse Byambajav, faisant référence à des présents offerts par les églises tels que de la nourriture, des vêtements et des bourses d’études pour étudier à l’étranger. "Nous ne pouvons financièrement rivaliser, mais nous devons essayer, sans quoi nous n’aurons pas assez de jeunes convertis bouddhistes".

Le Refuge de l’Evangélisme International de Tillman par exemple, possède deux hôpitaux, un orphelinat, une soupe populaire et un programme d’alcooliques anonymes dans un pays où l’alcoolisme est plus fréquent, y compris chez des moines bouddhistes, comme l’indiquent des observateurs.

"Nos monastères bouddhistes mongols sont faibles" indique L. Odonchimed, ancien membre du parlement. "Ils obtiennent de l’argent des gens mais ne donnent pas beaucoup en retour. Les missionnaires donnent des choses gratuitement et aident les gens - c’est ce que doit faire une organisation religieuse".

Des groupes non répertoriés

Byambajav se dit inquiet quant aux groupes chrétiens non répertoriés, qu’il accuse d’endoctriner les enfants, de convaincre les bouddhistes de brûler les objets religieux, et même de détruire les stoupas (structure en hauteur symbolisant l’illumination). "Il n’y a aucun contrôle sur ces groupes et personne n’accorde de l’attention à ce qu’ils font."

Au sein d’un pays qui pratique la séparation de l’église et de l’état comme les États-Unis, Byambajav a demandé au gouvernement de faire du bouddhisme, la religion d’état. Il avance que le pays a besoin d’une loi accordant aux moines, des fonds provenant de l’état et autorisant l’enseignement du bouddhisme dans les écoles publiques.

"Nous avons envoyé une lettre au gouvernement afin de changer la loi sur la religion, mais les organisation religieuses étrangères sont très puissantes et riches", indique Byambajav. "Elles influencent les décisions des politiques car elles leur donnent de l’argent. Cela nous met donc en désavantage. "

Retour au bouddhisme

Odonchimed, ancien législateur, confirme qu’un grand nombre de Mongols sont attirés par les services proposés par les groupes de l’Eglise. Il prédit cependant que ces derniers seront finalement ignorés lorsque l’économie du pays se développera.

"Au fil du temps, les gens auront moins besoin de ces missionnaires et ils seront oubliés", dit-il. "La plupart reviendront au bouddhisme".

Dans le même temps, la Fédération pour la Préservation de la Tradition Mahayana [3], une organisation bouddhiste à but non lucratif basée en Oregon, utilise une approche occidentale afin de gagner des convertis. Le groupe a ouvert des écoles dans les monastères et dans son centre à Oulan Bator.

"La religion mongole a besoin de s’adapter aux temps modernes" lance Ueli Minder, le directeur suisse de la fédération. "Les jeunes mongols ont très peu de connaissances du bouddhisme car les monastères n’enseignent pas la foi aux laïcs. Notre objectif est d’aider les gens à comprendre les racines de la culture et de la religion".

Des méthodes occidentales

Byambajav rapporte que le monastère Gandan fait aussi usage de méthodes occidentales, dont un programme radio, des projets d’ouverture de plusieurs écoles privées ainsi que le lancement d’une station de télévision.

Minder concède toutefois que les moines bouddhistes font face à un défi effrayant en allant contre les missionnaires chrétiens : faire du prosélytisme est un concept inconnu pour la plupart d’entre eux.

"Cela ne doit pas devenir une religion missionnaire, mais nous avons besoin d’avoir une stratégie pour vaincre la propagande négative du passé ainsi que la propagande du travail missionnaire", indique Minder. "Les lamas (moines tibétains/mongols) ont besoin d’apprendre à défendre leurs croyances... pour regagner la confiance du peuple".

Le Christianisme en Mongolie bouddhiste

Jusqu’à ce que la religion soit bannie en 1921 par le régime communiste, les mongols suivaient en majorité le bouddhisme tibétain. La nouvelle liberté faisait suite à l’effondrement du communisme en 1990 légalisa le bouddhisme et réouvrit les monastères. Tout en ouvrant la porte aux croyances extérieures.

Actuellement, 50 pour cent des Mongols sont des bouddhistes tibétains, 6 pour cent sont chamanistes et chrétiens et 4 pour cent sont musulmans. Près de 40 pour cent déclarent ne pratiquer aucune religion, selon les données de la CIA.

Le défi de préserver la foi bouddhiste des conversions au christianisme est entravé par la langue. Les moines chantent en tibétain, une langue que la plupart des mongols ne comprend pas. Les bibles et les sermons chrétiens sont écrites et donnés en mongol.

Selon les registres tenus par les groupes de l’Église opérant en Mongolie, il y aurait 60 000 chrétiens - une augmentation de 20 pour cent au cours des huit dernières années. Le gouvernement lui, ne garde aucune statistique concernant les affiliations religieuses.

Dans la capitale, Oulan Bator, où réside la moitié des Chrétiens du pays, selon un rapport du département d’état américain, des églises sont localisées dans les quartiers très en vue, comme ce tabernacle mormon des cinq-histoires situé près de l’hôtel le plus luxueux de la ville. Les résidents peuvent aussi regarder des programmes chrétiens sur Eagle TV, une chaîne du satellite fondée par des Protestants américains.

Le renouveau de style américain est aussi commun, avec ses pasteurs charismatiques donnant des sermons enflammés à des salles bondées. Ces services se font sur une musique rock, avec des lumières de néons éclatantes et des vidéos en haute définition projetées sur de larges écrans. Des boîtes en plastique transparent débordent de donations et les adolescents s’inscrivent pour participer à des "Camps de Jésus" en campagne."

"C’est une libération du statu quo" conclue le pasteur baptiste américain Mitch Tillman. "Durant des années, ils n’ont connu que le bouddhisme et ensuite, ils ont été oppressés par le communisme. Ils veulent de la nouveauté et ils la trouvent en Jésus Christ. "


Par Michael Kohn

Source : San Francisco Chronicle




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