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Taisen Deshimaru "Un moine zen"

mercredi 27 avril 2016

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Un moine zen
 
Taisen Deshimaru est un phénomène culturel. Entre son arrivée en France en 1967 et sa disparition en 1982, il a formé des milliers de personnes à la pratique du zen et publié une vingtaine d’ouvrages couramment réédités.
 
Doué d’un extraordinaire charisme, il était le bon sens incarné, curieux de tout ce qui pourrait faire avancer le dialogue entre les religions et entre les êtres humains, pratiquant la méditation zen dans des monastères dominicains ou avec des musulmans et des juifs.
 
Si son enseignement s’enracinait dans sa tradition, il se voulait ouvert sur la psychologie et les avancées scientifiques : il servit ainsi de cobaye, dans des laboratoires en France et au Japon, pour prouver les effets biologiques de la méditation.
 
Il aimait citer cette phrase du maître chinois du IXe siècle, Tozan : « Ne cherchez pas la voie [de l’éveil] chez les autres dans un endroit éloigné, la voie existe sous nos pieds ! » A nous de nous réapproprier son message de rigueur et de liberté, en n’oubliant pas l’humour qui lui était cher, dont son ami Maurice Béjart a dit : « Je ne savais pas ce qu’était le rire avant d’avoir connu Deshimaru ! »
 
Il faut aller de pensée en non-pensée et de non-pensée en pensée.


 
Pensées
La méditation

 
Taisen Deshimaru rappelait que le zen est une philosophie de vie qui se fonde sur une pratique. « Zen » signifie d’ailleurs « méditation ». A propos du zazen – méditation assise sur un coussin, préconisée par le Bouddha –, il disait : « Le secret du zen consiste à s’asseoir, simplement, sans but, ni esprit de profit, dans cette posture de grande concentration. »
 
La respiration consciente
 
La pratique de la méditation se base sur un entraînement particulier de la respiration. Il s’agit de porter l’attention sur une expiration profonde qui pénètre jusque dans l’abdomen sous le nombril, vers cette zone que les Japonais appellent le « hara », et qui est non seulement le centre de gravité de l’être humain, mais aussi le siège du « ki », de l’énergie qui nous anime. Cette façon de respirer – inusitée en Occident, où nous respirons mal, de façon superficielle et du haut des poumons – se révèle être un puissant moyen de rééquilibrage psychosomatique. « La respiration consciente est comme un vent qui chasse nos nuages intérieurs », expliquait Deshimaru.
 
L’impermanence
 
Tout bouge, tout se transforme, ce qui paraît stable s’avère instable, le monde tel que nous le percevons est une illusion. Même cette table sur laquelle je m’appuie est composée d’atomes en mouvement. Loin d’être désespérant, ce fait reconnu par le zen comme par la science actuelle fonde une véritable philosophie de l’impermanence qui force l’ego, ce petit moi superficiel, vaniteux et agité, à l’humilité. Ce qui ne contredit pas l’action, mais la met en perspective. « Dans le chaos qui nous environne, en définitive seule compte la concentration sur l’instant présent », rappelait le maître.
 
Le silence en soi
 
On parle beaucoup des pollutions physiques de notre environnement et de nos organismes, mais on oublie que la pollution psychique à laquelle nous sommes soumis s’avère d’une incroyable intensité : trop-plein d’informations, de bruits, d’images, de rythmes de vie frénétiques, d’angoisses existentielles, de soucis multiples dans le travail, la famille, les rapports humains en général. En cela, Deshimaru rappelait que le zen est une école d’écologie intérieure. Le fait de méditer aide à calmer le cinéma émotionnel et fantasmatique que l’on se fait de la réalité.
 
L’éveil juste
 
Maître Deshimaru raillait les Occidentaux, et les Français en particulier, dans leur façon de considérer le "satori", l’éveil cher à la philosophie du zen. « Vous cherchez l’illumination, façon feu d’artifice ou son et lumière au château de Versailles. Vous rêvez au nirvana béat et absolu. Vous ne parlez que d’atteindre le satori comme si c’était une porte à franchir pour que tous les problèmes soient réglés à jamais.
 
Mais si vous y prenez garde, vous pourrez vous rendre compte que l’on a des satoris quotidiens : de petits satoris [mimés avec un espace entre le pouce et l’index], de grands satoris [il écarte les bras grands ouverts] ; en effet, tous les jours, à la suite d’une phrase entendue, d’une chose vue, d’un sourire, d’un événement particulier, vous passez par des prises de conscience : ce sont là des satoris. » « Et, concluait-il, la pratique du zen est satori. »
 
Dates :
 
1914 : naissance à Saga, au Japon, dans une famille d’ancienne lignée de samouraïs.
1934 : études économiques à l’université de Tokyo.
1936 : rencontre déterminante avec son maître zen Kodo Sawaki qui, tout en l’acceptant comme disciple, le fait rester dans la vie active. Il se marie peu après et aura trois enfants.
1941 : réformé pour sa myopie, il est envoyé comme responsable administratif dans le Sud-Est asiatique.
1946 : reprise d’une vie d’hommes d’affaires. Il continue d’être tourmenté par les contradictions entre le matériel et le spirituel.
1965 : peu avant sa mort, maître Kodo Sawaki lui donne l’ordination de moine et l’engage à « transplanter la graine du zen dans une terre nouvelle ».
1967 : il s’embarque pour l’Europe, où il va fonder, en quinze ans, plus de cent dojos et le temple zen de la Gendronnière, près de Blois.
1982 : il décède le 30 avril à Tokyo, où il était rentré pour soigner un fulgurant cancer du pancréas.
 

SOURCE

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