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Comment transmettre l’enseignement de Bouddha

Par Reiryu Philippe Coupey

vendredi 14 novembre 2014, par Seine Zen

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Préserver et transmettre l’enseignement de Bouddha correctement est très important pour les enseignants du zen.

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M. Sekito (VIIIe siècle), peinture du moine zen Reikei Vendetti



« On enseigne lorsqu’on nous le demande. Si on n’est pas prêt pour enseigner, ce n’est pas grave car lorsque l’on enseigne, et bien que l’on prétende le contraire, on imite, surtout durant les premières années. On imite les maîtres mais surtout son maître. Au début, il n’est pas bon de créer.
Depuis au moins 30 ans, je parle toujours de la même chose, la posture, la respiration, l’esprit, rien de nouveau… On commence par imiter son maître et, petit à petit et inconsciemment, on parle à partir de soi-même ; mais à partir de soi-même ou pas, c’est toujours la même chose.
Bien sûr, pour pouvoir enseigner, il faut pratiquer continuellement, pareil pour créer – il faut toujours pratiquer pour créer et, en ce qui concerne le zen, on pratique zazen en imitant pendant longtemps avant d’arriver à parler à partir de ku (et non à partir de sa propre personne). Ceci est vrai pour tout artiste authentique. C’est-à-dire qu’il faut éviter, à tout prix, toute fabrication mentale. La vraie créativité, si c’est bien le mot, provient de ku et d’hishiryo, au-delà de la pensée.

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Zazen pendant l’Ango, retraite d’été au nord de la France en 2011.



Au début, avoir des disciples n’est pas du tout une bonne chose ; il est préférable d’enseigner sans disciples. Jusqu’à présent, notre structure nous a permis de fonctionner ainsi. Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir vivre cela, mais je ne suis pas sûr que cela dure.
À l’époque de Maître Deshimaru, on était propulsé vers l’avant, on se retrouvait à un poste, comme shuso, responsable du dojo ou godo, responsable de l’enseignement. Ce rôle pouvait durer quelques jours, 10 jours, un mois, puis c’était fini. On n’était même plus à la grande table. Et c’était une excellente chose. Un jour chef du dojo, un jour chef de la vaisselle.
Avec le temps les choses deviennent figées. On prend une place et on la garde comme si c’était la nôtre, ce qui n’est pas du tout le cas : tout est temporaire, même la position qu’on a.
Tous ceux qui peuvent assumer ces positions (simple « responsable » de zazen, ou « responsable » de dojo ou encore godo) devraient passer par là, sans structure hiérarchique mais avec une structure inconsciemment et naturellement horizontale – comme c’était le cas pour nous après la mort de Deshimaru.
Aussi, que l’on ait des disciples ou pas (il vaut mieux avoir des disciples tard dans la vie). « Le vrai maître, dit Keizan, ne doit pas tenir à avoir de trop nombreux disciples. Il doit les choisir… » (Voir aussi les commentaires du godo sur le poème 48 de Maître Daichi « L’ermitage de To », au sujet des trois méthodes d’éducation dans le zen).
On est toujours un exemple. Si vous êtes godo et que vous voulez vous saouler la gueule, faites-le chez vous, pas devant les autres… Mais surtout si vous enseignez, faites en sorte de ne jamais glisser en arrière.
Que vous enseigniez ou pas, comme je dis toujours : faites toujours un peu plus.
Puisque les choses ne restent pas statiques, si vous ne faites pas un tout petit peu plus, vous allez faire un tout petit peu moins, et dans une situation pareille, vous ne devrez plus enseigner.
Ce que je suis en train de dire, ce ne sont que des choses très élémentaires. Votre pratique n’est pas anonyme, n’est pas cachée mais elle se fait parmi les autres.

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Kinhin, marche silencieuse entre deux zazen lors d’une sesshin de 7 jours en Allemagne.



Faites attention de ne pas créer une sangha trop tôt dans votre vie : pas avant que vous ayez vraiment de la bouteille dans la pratique. Sinon vous donnez peut-être un excellent enseignement et tout le monde est content, mais qu’est-ce qui se passe ? Votre pratique, votre propre pratique souffre, et ça, c’est le commencement de la fin. Ne tombez pas dans les pièges de grandeur ou d’importance, c’est très mauvais.
Si vous pensez « j’enseigne le Dharma, j’apporte aux autres »… vous n’apportez rien du tout.
Ce qu’il faut plutôt faire, si vous êtes correct dans votre pratique de la Voie, c’est fournir les conditions de samadhi, c’est tout. Vous fournissez les conditions et vous veillez aussi aux personnes qui pratiquent avec vous, qu’elles soient disciples ou pas. Vous veillez à ce qu’elles ne se trompent pas de direction, à ce qu’elles ne se fassent pas de mal — ce qui arrive souvent si on n’est pas attentif.
Quand on avance dans la pratique, on passe par des étapes, si on peut dire, nécessaires : Travailler (samu), cuisine. Il est nécessaire de passer par là tout comme il est également nécessaire de perdre son travail dans la sangha – il est nécessaire de ne pas s’attacher à quoi que ce soit.
Que ce soit par rapport à la compréhension de la Voie ou au fait d’avoir soi-même beaucoup de disciples, il ne faut pas s’attacher.
S’attacher c’est voler. « Mes disciples », ça, c’est du vol. On est tous des disciples et on est tous aussi des maîtres.
Un maître n’enseigne rien. Un maître évidemment n’enseigne rien de ce que vous pouvez trouver dans les livres, dans les textes, dans les sutras mais seulement l’actualisation du moment présent, ici et maintenant.

Philippe Coupey
www.zen-road.org




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