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La femme magnifique et le Sutra du Lotus

Conte bouddhiste

vendredi 12 juin 2015

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Dans une certaine ville, une certaine femme très belle apparut soudain venant de nulle part. Personne ne savait d’où elle venait ; ses origines étaient complètement inconnues. Mais elle était si belle, si enchanteresse que personne ne se posa même la question. Les gens se rassemblèrent, la ville entière se réunit et tous les jeunes gens – ils étaient presque trois cents – voulurent épouser cette femme. Elle leur dit : " je suis seule, vous êtes trois cents. Je ne puis épouser que l’un de vous, alors si l’un de vous parvient à répéter le Sutra du Lotus de Bouddha, je l’épouserai. Préparez-vous, je reviendrai demain ".

Tous les jeunes gens se précipitèrent chez eux ; ils ne purent ni manger ni dormir, toute la nuit, ils récitèrent le sutra, essayèrent de le retenir. Dix réussirent. Le lendemain matin, la femme vint et ces dix personnes proposèrent de le réciter. La femme écouta. Ils avaient réussi. Elle dit : "C’est bien, mais je suis seule. Comment pourrais-je épouser dix personnes ? Je vous donne encore vingt-quatre heures. J’épouserai celui qui pourra également expliquer le sens du Sutra du Lotus. Essayez donc de le comprendre, car réciter est chose facile si c’est répéter mécaniquement quelque chose dont vous ne comprenez pas le sens. "

Le temps était fort court, une nuit seulement, et le Sutra du Lotus est long. Mais quand on est amoureux on peut n’importe quoi. Ils repartirent en hâte et firent de leur mieux. Le jour suivant, trois personnes se présentèrent. Ils en avaient compris le sens. Et la femme dit : " La difficulté subsiste encore. Votre nombre est réduit, mais cela reste difficile. De trois cents à trois c’est un grand progrès ; mais de nouveau, je ne peux épouser qu’un seul de vous. Il faut donc encore vingt-quatre heures… J’épouserai celui qui, non seulement aura compris le sens du soutra, mais l’aura également goûté. Essayez d’en goûter le sens pendant ces vingt-quatre heures. Vous l’expliquez, mais cela reste une démarche intellectuelle. Evidemment c’est mieux qu’hier, vous en avez une certaine compréhension mais j’aimerais y trouver un certaine saveur méditative. Je voudrais que le lotus pénètre votre présence, que vous deveniez un peu ce lotus. Je voudrais en respirer le parfum. Revenez donc demain. "

Un seul revint, il avait réussi. Le femme le conduisit à sa maison, hors de la ville. L’homme n’avait jamais vu cette maison, elle était très belle, c’était un pays de rêve. Et les parents de la femme se tenaient à l’entrée. Ils reçurent le jeune homme et lui dirent : " Nous sommes très heureux. " La femme entra dans la maison, et l’homme bavarda un peu avec les parents. Puis les parents dirent : " Allez-y. Elle doit vous attendre. Voici sa chambre. " Ils la lui montrèrent. Il alla ouvrir la porte, mais il n’y avait personne. La chambre était vide. Une porte donnait sur le jardin. Il regarda, peut-être était-elle allée au jardin. Oui, elle avait dû s’y rendre, car il y avait des traces de pas sur le chemin. Il suivit donc ces traces, marcha presque un kilomètre.

Il arriva au bout du jardin et se trouva sur la rive d’une belle rivière mais la femme n’était pas là. Les traces avaient disparu. Il ne restait que les deux chaussures dorées qui lui appartenaient. Alors, il fut dérouté. Que s’était-il donc passé ? Il regarda derrière lui : il n’y avait ni jardin, ni maison, ni parents, rien. Tout avait disparu. Il regarda à nouveau. Les chaussures n’étaient plus là, la rivière avait disparu. Il n’y avait que le vide... et un grand rire. Il se mit aussi à rire et se maria.

C’est une belle histoire bouddhiste. Il épousa le vide, il épousa la vacuité. C’est l’union que tous les grands saints ont recherché. C’est l’instant où vous devenez " la fiancée du Christ ", ou la gopi de krishna. Mais tout disparaît : le chemin, le jardin, la maison, la femme, même les traces de pas. Tout disparaît. Il n’y a plus qu’un rire, un rire qui jaillit des entrailles de l’univers.


- Histoire tirée du livre "Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect" d’OSHO
- lamerketanou.over-blog.com




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