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Thaïlande - Peuple Karen, pardonne-nous...

mercredi 30 juillet 2008

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PEUPLE KAREN, PARDONNE-NOUS... [1]


24.07.2008

Bangkok, Thaïlande - La mère tenait son bébé dans ses bras fermement sous un parapluie, tentant de son mieux de le protéger de la pluie tombante.

Je ne pouvais pas voir son visage sur la photo. Mais en tant que mère, je pouvais sentir sa crainte tremblante, pas pour elle-même, mais pour la sécurité de son enfant, alors qu’un groupe de soldats la forçait elle et d’autres réfugiées Karen, à monter à bord d’un bateau qui s’en retournait en pleine zone de guerre birmane.

En tant que bouddhiste, je sais que je ne devrais pas me sentir furieuse. Pourtant j’étais doublement en colère face à ce rapatriement forcé jusqu’à Mae Hong Son, la semaine dernière.

Il est assez triste de savoir que les troupes thaïes n’ont aucun cœur pour d’ innocentes victimes de la guerre. Mais les forcer à repartir vers une violence et une mort possibles, le jour saint d’Asarnha Bucha ? Comment ont-elles pu faire une chose pareille ?


Garçon karen interrogateur, Thaïlande
Jason Miller (05.12.2005)

La cruauté est révélatrice. Si un jour saint aussi important n’a pas le pouvoir d’éveiller ne serait-ce qu’une pincée de moralité parmi ceux qui se déclarent les protecteurs du bouddhisme, et si la société dans son ensemble ne ressent rien face à une telle inhumanité, nous nous trouvons alors dans un gouffre obscur et profond.

Mais la condamnation, bien que légitime, ne fait qu’approfondir notre négativité. Pour avoir un espoir de nettoyer nos âmes et nos péchés, nous devons sonder les racines d’une telle cruauté.

Cela aide de retourner à l’essentiel du Premier Sermon de Bouddha le jour d’Asarnha Bucha. Au cas où nous l’aurions oublié, le voici :

Notre douleur provient de nos goûts et aversions enracinés dans le sens faux de l’individu.

Pour finir ce cycle, nous devons voir que nous ne sommes que des composés provisoires d’esprit et de matière soumis aux lois naturelles de l’impermanence et de la conditionnalité. Pour réaliser cette vérité, le Bouddha nous conseille de suivre le chemin octuple afin de voir par nous-mêmes les lois naturelles ou le dharma, maintenir une conduite morale, et stimuler le développement spirituel.

Le chemin nous aide à éviter de blesser ou d’exploiter les autres. Tandis que la cessation de la colère, de l’avarice et de l’illusion peut nécessiter de nombreuses vies, la contemplation constante de l’impermanence peut miraculeusement emplir nos cœurs de calme et de bonté aimante.

Les réalités de nos luttes et politique quotidiennes ont rendu difficile la poursuite de ce chemin. C’est pourquoi nous célébrons Asarnha Bucha, ainsi nous pouvons nous arrêter et faire le point.

Le bouddhisme est un système optimiste. Les gens ne sont pas mauvais à l’origine. Notre comportement est conditionné. Nous pouvons changer si le conditionnement change.

Ainsi nous devons nous demander pourquoi les militaires et le public ne croient pas que le rapatriement obligatoire est inique ? En outre, pourquoi croyons-nous être de bons bouddhistes alors que nous traitons les minorités ethniques comme de la saleté ?

Est-ce parce que la crainte nous a enlevé nos cœur ? Est-ce parce que notre concept traditionnel de péché est devenu trop étroit en cette époque moderne ? Ou est-ce parce que nous sommes les disciples fidèles d’une religion beaucoup plus puissante que le bouddhisme - celle du nationalisme raciste ?

Est-ce tout cela à la fois ?

Le rapatriement obligatoire vers Mae Hong Son la semaine dernière n’était pas le premier, et ne sera pas le dernier, vains à ébranler nos cœurs.

Le public n’a pas été troublé lorsque des jeunes du camp de réfugiés Hmong de Phetchabun ont été rapatriés au Laos sans leurs parents. Leur camp a été brûlé après une pétition contre des abus sexuels et de pouvoir. Et lorsqu’ils ont essayé de faire entendre leurs voix à Bangkok, ils ont été immédiatement expulsés pour ensuite exposer leurs vies à la persécution laotienne.

De la même manière, cela ne nous touche en rien d’employer des ouvriers immigrés pour les traiter en forçats, ou lorsque leurs familles sont brisées par des déportations séparées.

Dans le même temps, le Sud profond est devenu une zone de guerre parce que nous nous bornons à considérer la minorité ethnique des Malais musulmans comme étrangère.

Qu’est-ce sinon du nationalisme raciste ?

Tandis que le pays est attisé par la frénésie nationaliste de Preah Vihear, je me demande comment vont les mères karens ainsi que leurs enfants de retour en zone de guerre.

Il pleut toujours beaucoup. Ont-ils refuge et nourriture ? Sont-ils en sécurité ? Peuvent-ils nous pardonner nos péchés ?


Par SANITSUDA EKACHAI [2]

Source : The Bangkok Post




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