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« Le Sentier d’Obtention des Bons Vœux (s Mon Lam) de Kuntu Zangpo »

jeudi 11 octobre 2012, par Lucien Barbaroux

Langues :

Ceci est l’un des enseignements extrait du corpus de textes « terma » dit des Trésors du Nord ou Cinq Trésors


Révélés par le grand tertön Ngodrub Gyeltsen, Rigdzin Chenpo Godemchan (1337 – 1408) ; émanation suprême de l’Esprit de Guru Rinpoche et réincarnation d’un des premiers disciples de Guru Rinpoche, Nanan Dorje Dudjom.


Le tantra présenté ici est suivi d’un commentaire succint et d’une brève biographie du Tertön Godemchan.


« Le Sentier d’Obtention des Bons Vœux (s Mon lam) de Kuntu Zangpo »


Extrait du « Dzogchen Kunzang Gongpa Zanghedu Tenpaï Gyud /
Tantra du transfert immédiat de la dynamique de Kuntu Zangpo et du Dzogpa Chenpo  ».




Rigdzin Chenpo Godemchan


(1) «  HO  !


Phénomène et Noumène, Samsara et Nirvana en Absolu ne sont pas différents,


L’Univers a une Base Unique ;


Ce sont les choix de comportement et les voies adoptées qui conduisent à l’expression de différentes conséquences,

Elles se manifestent soit dans le domaine de la connaissance soit dans celui de l’ignorance.


Par cette supplique d’obtention des bons vœux de Kuntu Zangpo :

Que tous les êtres, quels qu’ils soient, puissent atteindre la Perfection Ultime,

de la Nature de Bouddha, dans le Palais du Continuum de l ’Absolue Réalité !


(2) La Base Universelle est non conditionnée,

inexprimable, autoproduite, illimitée ;


En son sein, ni samsara, ni nirvana....

La Connaissance de cette réalité ultime est dans la nature de Bouddha.


Ceux qui l’ignorent errent dans le samsara.


Puissent tous les êtres sensibles des trois domaines accéder à


la Connaissance Absolue de l’Ineffable Base.


(3) Moi, Kuntu Zangpo je vous dis aussi :


La Base Universelle n’est issue d’aucune cause, elle est absolue.


La Connaissance Ultime s’élève spontanément de la Base ;

Libre des notions, souillées, de dedans ou de dehors,

Libre d’affirmations tapageuses comme de négations réductrices 


Alors, aucune trace de distraction ne masquant plus cette Base,

Ma manifestation s’y déploie parfaitement, et sans limite.


Au sein de cette Parfaite Connaissance, établie en une paix absolue et permanente,

Les trois domaines étant détruits ; il ne subsiste plus aucune crainte et

Il ne demeure plus aucun attachement aux cinq qualités des sens.

Dans ce jaillissement spontané de la Perception Pure, libérée de tout esprit analytique mondain ;


Il n’y a plus de place pour une forme matérielle, ni pour aucun des cinq poisons.


La Saveur Unique, réceptacle des Cinq Sagesses, s’élève, manifestation spontanée, radieuse et sans obstacle de la Connaissance Ultime, ainsi les Cinq natures de Bouddha émergent.


La Sagesse du Plein Éveil surgit alors, avec les Quarante deux Déités Paisibles


De la Créativité Active des Cinq Sagesses procèdent ensuite les Soixante Déités Courroucées.


Dès lors la Connaissance Ultime de la Base Primordiale jamais plus ne sera mise en défaut !


Je vous donne cette supplique pour que, tous les êtres sensibles des trois domaines ayant reconnu cette Connaissance Ultime, alors, le Champ de Sagesse puisse atteindre son plein développement .


(4) Par l’apparition de mes manifestations, en un incessant courant, je projette des myriades incalculables de formes.


Je déploie ces innombrables illusions (Mahamaya) afin de toucher tous les êtres et leur donner l’opportunité de changer, tous, quels qu’ils soient et d’où qu’ils soient.


Par la pratique de cette prière, empreinte de Compassion, puisse toutes les créatures, errant dans les trois domaines au sein du samsara, échapper aux destinées des six modes d’existence !


(5) Les êtres sensibles, sont dupés dans le samsara ; dépourvus d’attention et désorientés la Connaissance de la Base leur demeure cachée ; c’est la cause première de l’ignorance et de l’illusion.


Il s’ensuit une foudroyante faiblesse qui les accable, cause d’effroi et de déséquilibre nerveux ;

Ils se disent : « JE » suis aliéné par la « faute d’UN Autre », hostile, « l’Ennemi » ;

Leur esprit analytique ainsi conditionné par cette idée obsédante, ils s’établissent durablement dans le samsara, domaine de l’Illusion, qui, pour eux, est le sens de leur vie.


Les Cinq poisons s’accroissent en eux, et, par leurs effets, leurs souillures ;

Leur karma, par ces poisons cinq fois contaminé, les entraîne en un interminable flot d’existence ;


Puisse ma supplique, empreinte de Compassion et génératrice de la Bhoddicitta, permettre aux êtres sensibles d’échapper à l’absence de concentration et à l’ignorance, causes de l’illusion !


Puisse tous les êtres sensibles recouvrer spontanément la Connaissance Ultime !


(6) C’est


l’Ignorance Innée


qui, accompagnant chaque moment de perception, entraîne inattention, déconcentration ;

C’est


l’Ignorance Conceptuelle,


sélective, celle qui structure, qui étiquette ; qui implique le mode de connaissance dualiste.


Ces Deux Ignorances, innée et conceptuelle, forment la base illusionnée de l’existence de tous les êtres dans le samsara, les voiles y cachant la Connaissance.


Dans ces conditions puisse, par l’effet de ma supplique :

L’obscurité des esprits brumeux et instables des êtres sensibles errants dans le samsara être dissipée !


Puisse la perception dualiste erronée être unifiée en une transparente Clarté Omnipénétrante et la Connaissance Absolue spontanément reconnue !


(7) L’esprit dualiste, analytique, emplit les êtres sensibles de doute, crainte, insécurité ;

il engendre subtilement ainsi une voracité qui s’étale au grand jour, dans une explosion de désirs compulsifs :


Désirs toujours croissants pour assouvir et s’attacher les cinq plaisirs des sens (nourriture, santé, or et parures, famille, amis...) avec une aspiration avide aux plaisirs sexuels.


En dépit de tout ceci, cette obsession de toujours plus se gorger de l’Illusion du monde relatif ; ce Karma d’un ego perpétuellement assoiffé d’objets et de sensations, restent insatisfaits.


Quand le fruit de cette Avidité mûrit ; alors, tourmenté par la frustration du désir, l’être se réincarne en esprit affamé.


AH ! Quelle misère entraîne les insatiables faim et soif !


Dans ces conditions par l’effet de ma supplique,

Ne rejetant, ni réprimant, ni acceptant les douleurs de la frustration ;

Ne se montrant ni sévère, ni indulgent envers la concupiscence obsessionnelle ;


Puissent tous les êtres sensibles être libérés des désirs compulsifs et des contraintes douloureuses de la perception dualiste !

Puisse la Connaissance Ultime être reconnue en sa place naturelle !


Puisse la Sagesse Toute Discriminante s’exprimer !


(8) Face aux apparences des objets et phénomènes externes, il surgit en l’être sensible un tremblement de crainte vis à vis de leur connaissance ;

La sensation première d’aversion se cristallise en haine, cette inimitié fait naître une violente agressivité qui conduit parfois au meurtre.

Quand le fruit de la Haine est mûr ; alors, l’être sensible va brûler et bouillir en enfer.


AH  ! Quelle agonie sans fin procure le poison de la Haine !


Dans ces conditions, si la Haine fait irruption,

Ne l’admettant, ni ne la réprimant ; sans l’inhiber ni la réduire ;


Puisse, par l’effet de ma supplique, en lâchant prise et en se détendant,

La Connaissance Ultime être reconnue en sa place naturelle !


Puisse tous les êtres sensibles des six destinées atteindre


la Sagesse Infinie Semblable au Miroir !


(9) Quand l’esprit mondain, est gonflé, bouffi, par une assurance sans bornes,

Cet intellect méprisant, qui se complaît à affronter les autres, fait naître chez l’être un orgueil et une arrogance incessants ;

Ainsi sont générés les conflits, les confrontations violentes, la guerre, et tous leurs cortèges de souffrances associées !


Quand le fruit d’un tel Karma d’Orgueil est mûr, l’être va renaître en dieu, qui héritera de son futur déclin et qui sera porteur de sa chute.


Alors, réduisant l’emprise de cet orgueil et lâchant prise de cette perception erronée ; puisse l’être, remis en confiance par l’effet de ma supplique, retrouver la place naturelle de la Connaissance Ultime ;

Puissent, ainsi, les êtres des six classes d’existence atteindre


L’Incommensurable Sagesse d’ Égalité !


(10) Dans un esprit aliéné, la cristallisation des tendances qui mènent à l’exaltation du soi et à l’écrasement des autres génère un karma de Jalousie violent et agressif.

Un tel karma mûrit et conduit l’être à renaître en tant que titan meurtrier et vindicatif.

Portant contre le domaine d’existence des dieux de constantes attaques, le destin de ces titans est de tomber en enfer.


Puisse ma supplique, lorsque la Jalousie et l’agressivité s’élèvent, permettre à ces êtres de briser cette tendance à concevoir tous les êtres comme des ennemis !


Alors, lâchant prise et calmes, puissent ces êtres abandonner cette perception stressante ce qui leur permettra de restaurer la Connaissance Ultime dans sa primauté.


Puissent ainsi tous les êtres recouvrer


La Sagesse Tout Accomplissante !


(11) De l’irréflexion, de l’apathie, de l’esprit distrait, de l’hébétude, de la torpeur, de l’oubli, de la langueur, de la paresse et de la bêtise ; résulte une réincarnation en animal, errant, sans demeure.


Puisse ma supplique apporter la lumière et faire poindre l’aurore de la Clarté dans la profonde obscurité de leur hébétude !


Puissent-ils ainsi retrouver


la Sagesse Illimitée de l’ Ultime Esprit Apaisé !


(12) Chaque être sensible des trois domaines ne fait, sans commencement ni fin, qu’un avec moi, le Bouddha Primordial, la Base Universelle !

Cependant, l’esprit troublé, ils sont perdus ; la Base leur demeure voilée.


S’ils restent pris dans ce jeu des forces karmiques, ils ne peuvent atteindre aucun but.

Les six domaines des formations karmiques sont autant d’espaces de déploiement des rêves illusoires....


Mais, Moi, le Bouddha Kuntu Zangpo, le Bouddha Primordial, je dis :


Puisse, par l’effet de ma supplique et par mon émanation, se transformer les six modes d’êtres !


Puissent, dès lors, tous les êtres, sans exception, atteindre la Perfection Ultime , de la Nature de Bouddha ; dans le Continuum de Vacuité du Palais de l’Absolue Réalité ! »


Traduit par Lucien BARBAROUX


d’après le texte anglais, compilé et traduit du tibétain, par Keith DOWMAN, 1994,

in « The Fligth of the Garuda »

« Teachings of the Dzokchen Tradition of Tibetan Buddhism »
 ; pp 148-153.

Wisdom Publications Ed. Boston USA ; a part of the FPMT organization.


Nb  : la numérotation des strophes (1-12) respecte l’interpolation de Keith DOWMAN.


Toute erreur ou faute d’interprétation ne saurait résulter que de la responsabilité du présent traducteur.....


Sarva Mangalam dans les Dix Directions... !


Commentaire succint du Terma « s’Mon Lam de Kuntu Zangpo »
et


Brève notice sur son découvreur, le Tertön Godemchan (1337-1408)


Commentaire sur le « s’Mon Lam de Kuntu Zangpo » :


Composition générale :


Le texte présente deux grandes parties (I et II) et une synthèse finale.


I Dans la première (versets 1 à 6) l’Adi-Bouddha (Kuntu Zangpo) explique la nature de l’ignorance, la constitution des voiles qui en sont responsables et l’établissement de la réalité relative.


II En la seconde partie (versets 7 à 11) est montré comment, par la méditation sur les cinq passions (ou poisons) chacun peut accéder à nouveau aux cinq sagesses, masquées dans la sphère de la vie relative, mais qui en fait, intrinsèquement, n’en sont pas différentes.

Les Cinq Sagesses correspondent aux Cinq Jina (Bouddhas Patriarches).


Le verset 12, qui termine le texte, est un « envoi » final, à tous les êtres sensibles et à l’Adi-Bouddha lui-même ; qui rassemble et « fusionne », pour conclure, les Cinq Sagesses dans la Sagesse Unique du Dharmadatu, dont elles émanent.


Commentaire et portée de chaque verset : 


(La numérotation des versets conserve celle donnée par K. Dowman (1994) dans sa traduction en anglais)


Espérant éclairer le lecteur, mais peut être d’une manière trop sommaire, nous placerons des « intertitres » qui n’ont pour but que de donner une indication, un repère ; tel qu’il nous a été permis de le percevoir en dépit d’un faible entendement.....


Partie I De l’Unique au Multiple, dans l’unicité de la Réalité Absolue et de la Réalité Relative


Verset (1) : Unicité de la Base et du Palais de Kuntu Zangpo ( qui est le « Continuum de la Réalité »)


Verset (2) : La Base est la Nature de Bouddha chez tous les êtres sensibles


Verset (3) : De la Saveur Unique émanent, les Cinq Sagesses (représentées par les Cinq Jina), puis les Quarante Deux Déités Paisibles, puis les Soixante Déités Courroucées


Verset (4) : Emanation de Mahamaya (la Grande Illusion), mère de l’Ignorance Innée


Verset (5) : Les chemins de l’Illusion Conceptuelle, empruntés par les êtres sensibles, les conduisent à succomber à la diffusion des cinq poisons et le karma « toxique » en résulte (Ignorance Acquise)


Verset (6) : Ces chemins, ainsi suivis, établissent durablement l’être dans les Deux Ignorances (Innée et Acquise) de la Réalité Relative, en lui masquant la Réalité Ultime de la Base


Partie II Des Cinq Lumières (Sagesses)diffractées (et des Cinq poisons sublimés) à la Lumière (Sagesse Absolue) Unique (et Saveur Unique)


Verset (7) : du Poison du Désir - Attachement à la Sagesse Toute Discriminante (Feu)


Verset (8) : du Poison d’Aversion-Colère-Haine à la Sagesse Semblable au Miroir (Eau)


Verset (9) : du Poison de l’Orgueil-Fierté à la Sagesse de l’Egalité (Terre)


Verset (10) : du Poison de l’Envie-Jalousie à la Sagesse Toute Accomplissante (Air)


Verset (11) : du Poison de l’Ignorance-Paresse à la Sagesse de l’Espace-Silence Absolu ou du Dharmadãtu (Espace)


Synthèse


Verset (12) : Le rassemblement des Cinq Sagesses et la recomposition de la Clarté Ultime (Claire Lumière) en l’Etat de Bouddha dans le Continuum de Vacuité de la Réalité Absolue.


Commentaire général :


Ce tantra se développe en un double mouvement, de manière dynamique et l’Adhi-Bouddha (Kuntu Zangpo) lui-même s’exprime.


Il part de la Base Primordiale Unique.

Il montre d’abord que la Réalité Relative, domaine de la souffrance, procède de cette Réalité Absolue.

Kuntu Zangpo, ensuite, se décline - de lui-même - en Cinq émanations, puis de là, par étapes, génère la myriade de multiplicité des phénomènes de Mahamaya.

Ensuite, à partir de ses émanations, Il recompose la Saveur Unique et la Clarté Ultime.


C’est est un tantra « ouvert », d’une parfaite clarté ; un des rares textes du bouddhisme tibétain, encore activement enseigné et pratiqué de nos jours, ou l’Adi-Bouddha s’adresse directement à nous (et...à Lui).


Il offre cette supplique comme moyen habile et s’il l’adresse aussi à Lui-même, c’est en tant que Présence en la Base de chaque être sensible.

Il délivre ici, spontanément, de lui-même et par sa compassion infinie ; la supplique essentielle destinée à nous éclairer sur le chemin.


Dans les instructions de l’Ecole Nyingma qui accompagnent cette supplique, en vue d’une saine pratique, il est bien spécifié que le « Dzogchenpa » doit pratiquer le Guru-Yoga , et se visualiser en tant que Kuntu Zangpo avant de prononcer, comme un mantra, les termes de ce s’Mon Lam.


La Sagesse et sa déclinaison en Cinq composantes de Sagesses « Diffractées » procède de la « Radiance » de la Connaissance Ultime, Absolue.


Le « moteur » de cette dynamique est l’Auto-Génération de la Compassion Universelle et Inconditionnelle de Kuntu Zangpo Lui-Même.


Le processus part du Centre, Immobile, celui de la stabilité primordiale qui est Connaissance Absolue.


Il irradie vers la périphérie, par les Cinq Sagesses actives, et s’exprime – en se diversifiant - en fonction de la montée en puissance de la Sagesse Infinie.


On retrouve, tout au long de la méditation que propose ce s’Mon Lam, même si ce n’est parfois qu’en filigrane, une incitation constante : « relaxer, ne pas faire, ne pas s’impliquer, lâcher prise, reposer l’esprit »....



En ce sens cette supplique, très « pratique » est d’une redoutable simplicité :


Identifier la vacuité inhérente à chaque perception sensorielle – aussi simple, aussi moindre, qu’elle soit – dans chaque évènement de la vie quotidienne.


Le Calme Absolu de l’absence d’attachement – seul – permet à la Connaissance de s’exprimer en tant qu’aspect cognitif de la Vacuité.


Mais, le fieffé menteur à l’oeuvre en ce monde relatif, c’est toujours l’esprit dualiste, analytique ; qui nous jette des leurres.


A nous, avec l’aide de cette supplique, de le débusquer et, sans lutter, de ne pas le suivre.




Rigdzin Chenpo Godemchan


Brève notice sur le Tertön Godemchan (1337-1408)


1 Naissance, enfance et contexte historique


Ngodrub Gyeltsen, Ridzin Chenpo « Godemchan » est issu d’une noble famille mongole.

Il est né dans un de ces vallées rudes de la région de Tsang, au nord immédiat de la chaîne himalayenne.


A son époque le Tibet * va réussir à s’émanciper – vers 1352, dix ans avant la Chine – de la domination mongole et recouvrer son indépendance.

La région de Tsang était alors le centre de rayonnement le plus actif de la culture tibétaine.


Son père était un grand yogi mystique de l’école Nyingma, un adepte de la lignée de Dorje Phurba.

Ses parents et ses maîtres décelèrent en lui, dès son plus jeune âge, des qualités exceptionnelles.


* Le Tibet sera unifié, plus tard, en état théocratique, durant le règne du « Grand » V° Dalai Lama, qui constituera le « Grand Tibet » de 1642 jusqu’au début du XVIII° siècle.

De 1720 à 1908, le Tibet d’abord vassal de l’Empereur de Chine, va passer sous son protectorat.

Cependant, au début du XX° siècle, après la mort de Quianlong, l’affaiblissement de la Chine va rendre ce protectorat purement virtuel et dans les faits, caduc.

Après un intermède de colonisation britannique (qui fera le lit de la Chine), il faudra attendre l’avènement de la Chine communiste pour assister au retour de la domination chinoise active sur le Tibet.


2 Origine et signification du sobriquet


Le curieux sobriquet de « Godemchan » lui a été attribué à sa onzième année, au cours de laquelle, chose extraordinaire, surgirent trois excroissances en plumes de vautour au sommet de sa tête, d’ou ce surnom de « Godemchan », signifiant « le Maître aux Plumes de Vautour ».

A l’âge de vingt trois ans ce sont cinq plumes de vautour qui orneront son crâne !!

Le vautour est sacré au Tibet ; Guru Rinpoche en tant que Padmasambhava arborait une plume de vautour sur sa coiffe, symbole de la victoire sur la mort.


3 Godemchan, le Tulku


Enfant, Ngodrub Gyeltsen fut reconnu comme la réincarnation de Dorje Dudjom, un des premiers et plus proche disciple de Guru Rinpoche.


L’épithète « Ridzin Chenpo », qui lui sera décernée, signifie « Magnifique Détenteur de la Connaissance ».

Elle marque sa reconnaissance en tant que yogi de l’école Nyingma, vivant dans la réalité mondaine tout en observant et assurant le maintien de la Vue du Dzogchen.


Il sera rapidement identifié comme l’une des « Trois Emanations Suprêmes » de Guru Rinpoche :


La première, émanation du Corps, fut Nyang ral Nyima’od zer (1124-1192),

La deuxième, émanation de la Parole, fut Guru Chos dbang (1212-1270),

La troisième étant « Godemchan », émanation de l’Esprit, la plus haute des trois.


4 L’Activité du Tertön


Son activité de « Tertön » (découvreur de textes et reliques « cachés » ou « Terma ») va débuter à partir de la découverte à Gyang Yonpolung près de Lhatse Dzong dans le Tsang, par un de ses condisciples, d’une liste énigmatique .

Celui-ci, incapable d’exploiter cette découverte, lui remet la liste.

Ce document le conduit en un lieu très chargé de puissance, selon les anciens, Dzendrak Karpo.
Il trouve là un autre parchemin, qui lui fournit des indications plus précises sur des « terma » cachés.

C’est ainsi qu’à 29 ans, dans la grotte de Zangzang Lhadrak, il découvre un coffre bleu qui contient ce que l’on appellera « Les Trésors du Nord ». Le contenu du coffre consistait en reliques, objets de culte et parchemins. Les parchemins étaient de couleur jaune ou brune, ce qui indiquerait une intervention des Dakinis.

Les textes formaient un groupe, ils étaient disposés selon un Mandala , un texte au centre et les quatre autres selon les directions cardinales.


Cet ensemble, de ce fait, est aussi appelé « Les Cinq Trésors ».


C’est de la partie centrale, brun sombre, que Godemchan extraira l’une des pièces majeure de ces révélations, le recueil du « Kunzang Gongpa Zangthal, i e Transfert Immédiat de la Dynamique (Puissance) de Kuntu Zangpo » .


5 l’originalité du s Mon Lam


Le s Mon Lam est un texte extrait du principal chapitre de ce recueil, le « Dzogchen Kunzang Gongpa Zangthedu Tenpai Gyud » ou « Tantra du Transfert Immédiat de la Dynamique (Puissance) de Kuntu Zangpo et du Dzogchen »  ; qui traite de l’aspect « involontaire » ou « spontané » du passage à l’Etat de Bouddha.


C’est, précisément ce concept de « Transfert Immédiat » qui est tout à fait remarquable et spécifique à ce tantra.


En fait, il ne peut s’agir de « transfert » au sens premier et relatif du terme, puisque en réalité absolue il n’y a jamais eu (et il ne peut y avoir...) de véritable « séparation » d’avec l’Adi-Bouddha.

On devrait donc plutôt dire « Reconnaissance Immédiate Absolue », (ou « Reconnaissance Subite Toute et absolument Pénétrante »).


Ce s’Mon Lam a aussi été nommé « Supplique de la Grande Efficacité ».


6 Godemchan,... après la découverte des Trésors du Nord


Godemchan passera le reste de sa longue vie à diffuser les enseignements découverts, qui sont réputés comme les plus efficaces en périodes de troubles graves dans le monde.

Il terminera son existence terrestre comme Maître Yogi auprès du Roi de Gungthang.


A son décès, on assista à la dissolution totale, réalisation complète et dynamique de sa propre nature de Bouddha, dans le Continuum de la Réalité Absolue.


Lors de sa troisième réincarnation, qui se produira au Tibet Central, dans le Kham ; le centre de la Roue du Dharma des Trésors du Nord ou Cinq Trésors, se déplacera en la Gompa de Tubten Dorje Drak (fondé en 1632), un des deux monastères Nyingma du Tibet Central et l’un des six plus importants de l’Ecole Nyingma au Tibet.


Détruit par la révolution culturelle chinoise (en partie restauré depuis, et à partir de 1984) il a été rebâti en Inde, à Shimla, dans l’Etat d’ Himachal Pradesh.


Sources : Berzin, Cornu, Dowman, Dudjom Rinpoche, Gernet, Wikipedia




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