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Indonésie - L’Islam dont vous n’entendez pas parler

jeudi 26 juin 2008

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L’ISLAM DONT VOUS N’ENTENDEZ PAS PARLER [1]


23.06.2008

Un voyage en Indonésie - pays de plus de 200 millions de musulmans - révèle une foi qui ressemble à peine à ce qu’ont pu connaître les Américains depuis ce jour sanglant de septembre 2001.

Après les attaques du 11 septembre, les Américains ont étouffé un appel à l’Islam modéré. Beaucoup de musulmans ont répondu à cet appel, mais peu d’américains les ont entendus. Plus tôt ce mois-ci, j’ai voyagé en Asie pour voir à quoi ressemblait l’Islam là-bas, et pour écouter ce que les musulmans eux-mêmes avaient à dire au sujet de leur religion, du terrorisme et des États-Unis. Ce que j’y ai trouvé m’a surpris.

(Photo - Djakarta, en Indonésie : La nation du sud Est asiatique est le foyer de la plus grande population musulmane au monde/ Crack Palinggi, Reuters)

Je me suis rendu en Asie parce que l’Islam n’est nullement un phénomène du Moyen Orient. En fait, l’Asie est le foyer de la majorité des Musulmans du monde. Je me suis focalisé sur l’Indonésie parce qu’il y a plus de musulmans en Indonésie que dans n’importe quel autre pays - approximativement trois fois plus qu’en Arabie Saoudite, en Afghanistan et en Irak réunis.

Mais ce qui rend l’Indonésie stratégiquement importante pour les États-Unis, ce n’est pas simplement son immense population musulmane (près de 200 millions) mais le fait que les musulmans indonésiens ne sont en aucun cas des anti-occidentaux.

Il y a des fondamentalistes en Indonésie bien sûr, mais on en compte grosso modo un pour dix habitants. L’écrasante majorité des musulmans indonésiens est modérée, et près d’un cinquième est progressiste.

Les fondamentalistes veulent généralement voir leurs pays suivre le chemin de l’Arabie Saoudite ou de l’Iran, en instituant un code légal islamique se référant à la Charia.

Les modérés et les progressistes quant à eux, favorisent la séparation de la mosquée et de l’état, et valorisent avec enthousiasme la démocratie. Les progressistes se distinguent des modérés en défendant avec plus de véhémence le pluralisme religieux et l’égalité des droits pour les femmes, et en ayant plus souvent recours à la pensée des intellectuels européens, latino-américains et américains.

En marge, pas au centre

Les érudits peuvent bien pinailler sur ces définitions et sur la portion du public indonésien à assigner à chacun, une chose est sûre, c’est qu’en Indonésie, le fondamentalisme est en marge. Un sondage publié en mai par l’Institut Australien de Stratégie Politique observe que "les partis islamiques ont échoué à récolter des votes" en Indonésie, qui "aujourd’hui détient l’un des meilleurs records mondiaux en traque de terrorisme".

Les musulmans avec qui j’ai parlé lors de ma visite à Yogyakarta, un centre culturel et intellectuel de ce vaste archipel d’îles, étaient issus et de la branche modérée, et de la branche progressiste. Tous adaptent l’Islam à l’environnement local, mêlant ses anciennes traditions avec celles qui leur sont propres. Ils ne voient aucun conflit entre l’Islam et la société civile.

Lors de mon séjour en Indonésie, je n’ai vu aucune femme recouverte des pieds à la tête du tchador si caractéristique de l’Iran, et dans les zones rurales que j’ai visitées, des femmes ne portaient pas le voile. Selon "Who Speaks for Islam ?" une enquête des musulmans dans le monde, publié plus tôt cette année, 88% des indonésiens croient qu’une femme devraient avoir le droit de faire n’importe quel métier pour lequel elle est qualifiée. En Indonésie, j’ai entendu parler de femmes imams (dirigeants de la prière) et de mariages entre chrétiens et musulmans.
Inlassablement, on me disait que les musulmans rejetaient toute coercition religieuse, qu’ils considéraient non seulement les juifs et les chrétiens comme des frères "des peuples du livre" mais qu’il en était de même pour les hindous et les bouddhistes.

Le pluralisme religieux, en particulier, semble être un concept clé ici, à l’endroit même où les influences du bouddhisme, de l’hindouisme et du christianisme se sont propagées à travers les 17 000 îles de l’Indonésie, et ce des siècles durant. Pourquoi dieu a t-il crée le monde ? Selon le principe d’une école islamique à Yogyakarta, c’est parce que Dieu préfère la multiplicité à l’unité - car "la différence est une bonne chose".

Les musulmans que j’ai rencontrés se moquent de toute idée de "choc des civilisations" entre l’Islam et l’Occident. Tout choc des civilisations existant, m’ont-ils dit, concerne les fondamentalistes de toutes religions et leurs opposants libéraux et modérés. Et dans ce choc, la vaste majorité d’américains fait cause commune avec la plus grande majorité d’indonésiens.

Pendant mon séjour en Indonésie, les musulmans ont précisé qu’il y avait beaucoup de points communs importants entre nos deux pays. Tous deux sont géographiquement énormes. Tous deux ont des populations ethniques et raciales diverses. Tous deux offrent des garanties constitutionnelles pour la liberté religieuse.

Barack Obama a finalement obtenu la nomination du parti Démocrate tandis que j’étais en Indonésie, et toutes les personnes que j’ai rencontrées ont souhaité parler de lui. Les Indonésiens soutiennent Obama non pas parce qu’il serait secrètement musulman (ils savent qu’il est chrétien) mais parce qu’il a passé quelques années en formation dans leur capitale Djakarta. Un de mes interviewés indonésiens, citant une tradition locale d’extensions des réseaux familiaux non seulement par le mariage mais aussi par régimes politiques, est allé jusqu’à suggérer que si Obama était élu, les Américains et les Indonésiens pourraient devenir parents.

Lors de mes entrevues, j’ai toujours demandé ce que les Indonésiens voudraient transmettre aux Américains au sujet de l’Islam. À plusieurs reprises, mes interlocuteurs sont revenus à la question de la guerre et de la paix. "L’Islam, ce n’est pas la violence, " m’ont-ils indiqué. "L’Islam, ce n’est pas le terrorisme. L’Islam, c’est la paix."

Justice. Egalité. Démocratie.

Cela ne m’a pas étonné. Ce qui m’a étonné en revanche, c’est ce que toutes ces personnes avaient d’américain. J’ai entendu à plusieurs reprises parler d’égalité et de démocratie, d’humanitarisme et de tolérance, de la raison et des droits de l’homme, comme si je m’adressais à des réincarnations au 21ème siècle, des Pères Fondateurs de l’Amérique. Quand j’ai demandé à Zuli Qodir, intellectuel d’un groupe modéré très populaire appelé Muhammadiyah, sur quoi reposait l’Islam, il a commencé par : "L’Islam est justice. Et égalité. Et démocratie."

Juste avant mon départ, un étudiant activiste progressiste de Yogyakarta est allé jusqu’à affirmer qu’à un certain niveau, "les américains sont plus islamiques que la population indonésienne". Tandis que la corruption politique est endémique en Indonésie, a t-il expliqué, les Américains respectent la loi, considérant qu’une telle corruption est à enrayer plutôt qu’à tolérer.

Les Américains ont de bonnes raisons d’être appréhensifs au sujet de l’Islam. Les radicaux islamiques ont bombardé deux boîtes de nuit à Bali, en Indonésie, en octobre 2002, tuant 202 personnes. Et les hommes qui ont détourné trois jets le 11 septembre ont crié "Allahu Akbar" ("Dieu est grand") en orientant ces avions vers leurs cibles.
Mais les djihadistes sont une chose, et les musulmans ordinaires en sont une autre.

Les Américains de bonne volonté savent tout cela. Ce que nous devons également savoir est que dans le combat contre le radicalisme islamique, l’un de nos principaux alliés pourrait bien être l’Islam lui-même.


Par Stephen Prothero [2]

Source : USA TODAY




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