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La pensée de la montagne

Philippe Reiryu Coupey, moine Zen, lignée de Kodo Sawaki et Taisen Deshimaru

lundi 17 décembre 2012, par Seine Zen

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Toutes les versions de cet article : [Deutsch] [français]

Extrait d’un kusen donné lors de la première Sesshin Sans Demeure, à Neu Schönau, Allemagne, février 2001 (Publié sous le titre « Les Cent Pensées »).

Philippe Reiryu Coupey, moine Zen, lignée de Kodo Sawaki et Taisen Deshimaru


Polissant la tuile pour en faire un miroir,
Et assis impassible comme une montagne.
L’objet véritable du bouddhisme venu de l’ouest
Est comparable au fruit de la grenade avant qu’elle ne s’ouvre et au volcan avant l’éruption.

- Eihei Dogen, Eiheikoroku, poème n°6


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Dans la première ligne, Dogen fait allusion à un mondo entre Baso et son maître Nangaku.
Un jour, Baso pratiquait zazen quelque part devant le dojo. Nangaku, qui passait par là, le voit et lui dit : « Hé, encore en train de faire zazen !? Mais dis-moi : as-tu un objet quand tu fais zazen ? As-tu un objet dans ta pratique ? »

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A cette époque on n’avait pas d’expression comme mushotoku, qui veut dire « sans objet » ou « sans but ».
Baso répond : « Oui, c’est pour devenir bouddha. »
Nangaku ne dit rien, mais avisant une tuile à ses pieds, il la ramasse et commence à la frotter contre un gros rocher lisse. Il était en train de polir la tuile.
« Maître, que fais-tu ? » demande Baso.
« Je fais un miroir. »
A présent, Baso ne fait plus du tout zazen. Fixant son maître, il lui dit : « Comment peux-tu faire d’une tuile un miroir, simplement en la polissant ? »
Nangaku réplique alors : « Et toi, comment peux-tu devenir bouddha en faisant zazen ? »


Vous pouvez comprendre pourquoi ce mondo est devenu si célèbre. C’est parce qu’il touche directement et complètement à cette question de pratiquer avec un objet – pour quelque chose – ou de pratiquer pour rien.


Dans le zen Soto, nous ne pratiquons pas pour obtenir le satori, ou pour devenir bouddha, ou pour devenir pur, pas même pour progresser. D’ailleurs, l’un des principes fondamentaux de Dogen est que zazen lui-même est satori. Pas besoin de le chercher.


Le satori veut dire devenir profondément libre ; et devenir libre, ce n’est pas obtenir quoi que ce soit mais plutôt perdre : perdre ses obstructions, ses préjugés, ses idées, ses pensées personnelles. Dogen, Nyojo, Sawaki, Deshimaru, ont tous dit la même chose : mushotoku, sans objet, est essentiel.


« Comment peux-tu devenir bouddha en pratiquant zazen ? »


Cette histoire est aussi racontée par Maître Dogen dans le Fukanzazengi. Tout au début de ce texte, il parle de l’erreur de vouloir polir la tuile pour en faire un miroir, de vouloir devenir quoi que ce soit, même simplement de vouloir devenir mieux. Erreur.


Vous êtes déjà mieux. Vous êtes au-delà de mieux. Profondément, vous ne faites pas de calcul. Profondément, vous n’êtes pas ambitieux. Profondément, vous n’êtes pas motivé par la compétition. Fondamentalement, vous ne cherchez pas à réussir. Pourquoi ? Parce que fondamentalement, vous êtes déjà bouddha. Aussi parce que vous n’êtes pas propriétaire de ce bouddha. Alors, pas de compétition. Voilà l’enseignement zen.


La deuxième ligne de ce poème :


Assis impassible comme une montagne


– c’est être en unité avec le cosmos. C’est le zazen tel que l’ont transmis les bouddhas et les patriarches.


La montagne n’a pas d’objet et elle ne cherche pas à obtenir le satori ; elle n’essaye pas de devenir bouddha, comme le faisait Baso. La montagne n’a pas de plans. La montagne n’a pas de pensées personnelles ; ce qui signifie suivre l’ordre cosmique : assise sans objet, comme le mont Sumeru qui est la montagne au milieu de l’univers. Parfois on l’appelle « montagne d’argent », parfois « montagne de cristal », glacée, froide comme un diamant. Ce sont des images de la mythologie bouddhiste, mais aussi des métaphores de la pratique.


Alors s’il vous plaît, restez assis impassibles comme Bodhidharma sur le mont Shoshitsu ; impassibles comme la montagne, mais pas lourds comme la montagne. Soyez légers comme l’hirondelle prête à s’envoler. Comme le lion qui entre dans la montagne. Naturellement. Comme vous entrez chez vous, sans peur, sans crainte.


« Entrer dans la montagne » veut dire : devenir un avec la montagne. Pas de séparation. Alors si le maître vous dit « Entrez dans la montagne », vous devez comprendre ce qu’il veut dire. Il veut dire : étudiez et transformez votre esprit. Devenir la montagne, c’est i shin den shin.


Voici ce que dit Sensei en commentant cette image de la montagne : « Si vous n’utilisez pas zazen pour votre ego, alors la pensée de la montagne apparaît. La posture, et rien d’autre. »


Retrouvez ce kusen sous www.zen-road.org rubrique enseignements.



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