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Vén. Shinjin — Allô, Bouddha bobo, pourquoi tu m’as fait, j’souffre tant ...”

mercredi 20 août 2008

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“Allô, Bouddha bobo, pourquoi tu m’as fait, j’souffre tant ...”

J’ai intitulé le No.Sacrée Souffrance” ; des esprits encore traumatisés par la Shoah ou les récents génocides tibétain et cambodgien (par les khmers rouges) pourront me reprocher ce jeu d’Initiales, mais qu’ils sachent que, nonobstant un souvenir de triste mémoire, le sigle S.S veut aussi dire Sa Sainteté, qu’elle soit Jean-Paul II, le Dalaï-lama, Bour Kry et consorts, et peut-être même Souffrance Salutaire quand celle-ci débouche sur une remise en question positive de notre façon de considérer la vie. Relativisons, je vous prie, nos émotions référentielles qui appartiennent au passé, sans toutefois le dénigrer ; émotions qui nous empêchent d’être totalement dans le présent.

souffranceEntrons donc résolument dans le vif du sujet : la Souffrance qu’elle soit douleur ou insatisfaction causées par amour, jalousie, haine, colère, frustration, culpabilisation, orgueil, timidité, etc. envahit notre vie quotidienne pour ne pas dire la submerge quasi totalement. Le malaise que reflète, actuellement, la société et l’individu, un certain mal de vivre de la jeunesse, un spleen grandissant des années 60, l’utilisation excessive de tranquillisants ou excitants en tous genre, le taux grandissant des suicides, les flambées de violence réveillée n’en sont que les aspects apparents. Devant un tel spectacle, on est en droit de se demander pourquoi et comment en est-on arrivé là ? Probablement par une accumulation de souffrances non-exprimées, non-comprises, non-remédiées ; ce depuis la nuit des Temps et depuis la naissance de chacun d’entre nous. Cette souffrance est-elle donc inéluctable ?

Concernant cette Souffrance, le Bouddhisme considère plus son aspect psychique que physique, sachant qu’en dehors des lésions telles que les fractures, entorses, luxations, déchirures, brûlures ou coupures profondes, le psychosomatique intervient pour 80% dans la guérison. Bouddha est le grand thérapeute de nos maladies psychiques, celles qui sont alimentées par notre mental débordant. En fin thérapeute qu’il est, il constate d’abord l’état du malade, ensuite analyse les origines et les causes de son mal, puis en fonction de ce diagnostic il voit quels remèdes il y a lieu de prescrire, puis vient en dernier la responsabilité entière du malade, prendre ou ne pas prendre les remèdes qu’il nous a conseillés. Il est dit à quelque part dans les injonctions d’un grand maître :”Vous ne pouvez réellement pas espérer la guérison que par la simple lecture de l’ordonnance.” sinon, alors, quel merveilleux effet placebo par lequel on serait guéri sur le champ et bing pour le cartel “mé(r)dicamenteux” qui ferait illico faillite !

Il y a une différence notoire entre douleur physique et souffrance psychique : dans le premier cas, le thérapeute vous demande : “Où avez-vous mal ?” Le patient, alors, lui indique plus ou moins précisément la localisation de son mal. Dans le deuxième cas, la localisation est plus sujette à la compréhension globale qu’à la morcellisation étiquetée du patient selon les différents symptômes et syndromes (on reste dans l’ÔM, je vous prie !), selon aussi les spécialisations sécatrices et tous les services ad hoc de la docte médecine académiquement allopathique.

médicaments

Actuellement rentabilité oblige, chez la majorité des “toubibs” (or not toubib), on attend plus qu’on est écouté avec le lot d’angoisses inhérentes et prégnantes ; on se trouve plus souvent devant un censeur de la Santé qu’un authentique interlocuteur humain, tout imprégné qu’il est de gnose et d’exégèse empiriquement médicales. Il serait peut-être temps que nombre de “Diafoirus” descendent de leur piédestal “caducéen” pour prendre plus au sérieux des malades qui ne sont nullement imaginaires parce qu’ils souffrent, non dans leur corps, mais dans leur âme, sans être pour le moins du monde ou devenir de délicieux gibiers pour certains “psychiâaatres dés-accordés avec eux-mêmes”.

Qu’il tarde de retrouver ces chaleureux médecins généralistes d’antan que, tout en soignant le corps, ils soignaient aussi l’âme et l’esprit de leurs patients, ce par la connaissance globale de tous les éléments concourants : antécédents familiaux, cadre familial, problèmes en tous genres émaillant le cursus vitae des patients, en fait tenants et aboutissants de situations souvent fort complexes, mais connaissance qui en faisait de véritables “bien- entendants”. La doctoresse Rodary a écrit, il y a déjà 5 ans, un livre intitulé : ”Docteur, s’il vous plaît, écoutez-moi !” (paru aux Éditions Jouvence), livre merveilleux de chaleur et de pertinence humaines. Le Bouddha, avant toute chose, écoutait pour se prononcer par la suite. Comment peut-on réellement comprendre la souffrance de l’Autre si on ne le laisse pas s’exprimer, s’il repart avec ses peurs, craintes, angoisses inhibées parce que non-témoignées verbalement ?

Bouddha de la médecineAu fait, qu’est-ce que la Souffrance ? Vaste question, diront les psychologues, psychanalystes et les souffre-douleur entre autres….Dans ce que nous appelons communément la souffrance, nous trouvons la tristesse, la désolation, les chagrins, les pleurs, les angoisses, le stress, les colères, les frustrations, les privations, les regrets, les déceptions, les remords, les rancunes, la jalousie, la haine, l’envie, etc. parfois même l’amour qui est plus souffrance qu’on ne serait porté à le croire, la passion amoureuse en est une des manifestations des plus tangibles et courantes, avec ses envolées passagères et ses déchirements soudains. En résumé, nous pouvons raisonnablement avancer qu’elle se révèle en fonction de nos innombrables mécontentements, insatisfactions associés aux attentes, espoirs, exigences que nous avons du bonheur et du plaisir.

A notre époque “sur-déshumanisée” où, dans un contexte techno-économico-matériel occidental poussé à outrance, le contact télématique et multimédia l’emporte sur le contact direct, où l’abondance de biens, services et prestations en tous genres nous éloigne fatalement de l’essentiel, où le stress, généré par la soif des profits et les peurs inhérentes de leurs pertes, grève irrémédiablement l’équilibre vital, le Bouddhisme peut-il nous apporter une véritable solution, sans tomber dans un “attentisme passif”, trop souvent invoqué et prêté abusivement par des adeptes “aveuglés” ? Certainement OUI, dans cette période de malaise général qui envahit ce début de millénaire. Alors, à la fin de l’Octuple Noble Sentier (O.N.S et non O.N.G !), nous pourrons affirmer :

“Allô, Bouddha, merci ! Avec ce que tu m’as dit, j’me guéris !”


Par le vén. Shinjin

Tiré de la revue Sàdhana No 18




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