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Birmanie : soutien à Aung San Suu Kyi

lundi 8 novembre 2010

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04.11.2010

Fin août, le Festival de cinéma de Douarnenez 2010 (Finistère) était dédié aux peuples de Caraïbes, mais a choisi de faire une place à la Birmanie. Le comité Infos Birmanie(1) et sa porte-parole Jane Birkin sont venus expliquer le fonctionnement de cette dictature et les formes de résistance du peuple birman. Devant la façade de la mairie, le sénateur-maire UMP a dressé le portrait d’Aung San Suu Kyi, opposante à la junte birmane. Il a tout de même dû entendre ce que les personnalités et le comité avaient à dire des responsabilités françaises.
Alors que les élections birmanes approchent, l’entretien que Jane Birkin nous a accordé durant le festival en dit long sur la situation.

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Crédit Photo :
Roger Devaneuse

- On vous sait engagée dans la lutte pour les droits humains dans le monde.
On vous a entendu sur la Tchetchénie. Pourquoi la Birmanie ?


Les Français ne connaissent pas beaucoup la Birmanie, mais je suis anglaise et c’est une ancienne colonie de « notre » empire. Le choix des Birmans de soutenir les Alliés et de rompre avec le Japon a été extrêmement important. L’Angleterre leur a promis l’indépendance en remerciement. Il a fallu, après la guerre, rappeler cette promesse. D’ailleurs, le général Aung San, le père de Aung San Suu Kyi, avait fait le voyage de Londres et est considéré comme un des héros de l’indépendance birmane [Aung San a été assassiné en 1947].

- Sa fille n’en est guère remerciée !

Oh, je pense que si elle n’était pas la fille de son père, elle aurait déjà été tuée depuis longtemps, dans sa cellule ou dans un accident de voiture... C’est une femme extraordinaire.

- Vous avez pu la rencontrer ?

Oui, il y a onze ans, dans des circonstances particulières. Je connaissais l’attaché culturel de l’ambassade de France en Birmanie pour l’avoir rencontré quand il était en poste en Algérie. Quand il a su que je chantais au Japon, il m’a demandé si j’accepterais de venir chanter les chansons de Serge [Gainsbourg] aux élèves du lycée français de Rangoon. Je lui ai dit : d’accord à la condition de rencontrer Aung San Suu Kyi. Le jeu de cache-cache avec les autorités a été compliqué. Il a fallu que je visite des orphelinats, que j’évite d’être photographiée avec Total. Le concert a eu lieu dans un vieux cinéma où l’on a expliqué aux élèves qu’il ne fallait pas prendre de photos car mes yeux ne supportaient pas les flashs...
La rencontre avec Aung San Suu Kyi m’a bouleversée. Elle est tellement séduisante, drôle, et surtout, elle irradie d’avoir vaincu la peur. Je crois que son bouddhisme l’a conduite à une sérénité incroyable, jusqu’à une tranquille pitié pour ses tortionnaires.
Elle a renoncé à faire ses courses car chaque commerçant était ensuite longuement interrogé. Elle même est écoutée, fouillée, espionnée... Et pourtant elle dit à chacun que l’important n’est pas elle, qu’elle n’est pas la plus à plaindre, qu’il faut d’abord se mobiliser pour ceux qui, en prison, subissent un sort bien pire que le sien.
Elle ne demande pas la pitié, elle intervient en dirigeante d’un parti politique.

- Justement, des élections sont prévues le 7 novembre.

Oui, et c’est une mascarade sinistre qu’il faut dénoncer. Pour être autorisés à se présenter, les partis ne doivent présenter comme candidats ni leaders religieux, ni dissidents, ni conjoints d’étrangers...
Il y a une campagne d’information à faire en France à cette occasion.

- Pourquoi en France en particulier ?

Parce que la France a des responsabilités particulières, tant au niveau diplomatique qu’au niveau de l’implication du groupe Total. J’ai été catastrophée quand j’ai appris ce qu’avait fait Bernard Kouchner, son rapport payé par Total pour blanchir Total. Je suis peut-être naïve, mais quand j’avais 20 ans, en Angleterre, j’admirais le « french doctor ». J’espère encore aujourd’hui qu’il pourra dire « je me suis trompé ».
J’ai voulu voir le PDG de Total, Christophe de Margerie. Il est totalement serein. « Si nous partons, dit-il, nous laissons le champ libre aux Russes et aux Chinois. Ce que nous faisons pour la santé des Birmans, ils ne le feront pas. Je suis un bon catholique. Je n’ai rien à me reprocher. » C’est terrifiant, ce type de discours. Graham Greene a dit : « Tout homme qui n’a pas de doute est terrifiant ».
Si on met en préalable que les autres feront pareil, on sait que l’on n’avancera jamais.

- Alors, boycotter Total ?

Je sais qu’une telle pratique est moins évidente en France qu’en Angleterre. Je crois vraiment au boycott personnel. En conscience, je boycotte Total, soutien de la dictature birmane. Et je dis que je le fais. À chacun de se déterminer.

(1). www.info-birmanie.org


Propos recueillis par Roger Devaneuse

Source : www.npa2009.org

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