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Film — La Traversée du Zanskar - Le périple de 17 enfants dans l’Himalaya

mercredi 3 novembre 2010, par Amélie

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Résumé

Pour aider à sauver leur peuple et leur culture, au péril de leur vie, 2 moines tibétains traversent avec 17 enfants pauvres âgés de 4 à 12 ans les cols de l’Himalaya jusqu’aux écoles tibétaines en Inde.


« La Traversée du Zanskar » raconte l’histoire héroïque et remarquable de ces moines conduisant les enfants à pied et à cheval sur un pénible et dangereux périple de quinze jours. Le récit est ponctué de scènes d’adieux, de rêves et de désillusions guidés par la pureté du but de ce voyage : amener ces enfants vers un monde meilleur. Cela exige de passer par des cols de montagne de plus de 5140 mètres d’altitude, totalement infranchissables plus de 8 mois par an.


30 ans auparavant, quand ils étaient eux-mêmes enfants, ces moines ont emprunté le même sentier. C’est pour cela que le Dalaï Lama leur a demandé de faire tout leur possible pour s’assurer que les racines de la culture bouddhiste Zanskari soient conservées par l’éducation.


Ces 17 enfants ne pourront pas rentrer chez eux avant 10 ou 15 ans, voire plus.


Titre original : « Journey from Zanskar »
Un film de Frédérick Marx
Narration de Richard Gere

Etats-Unis - 2010 - 89 min - 16x9 - Stéréo - Couleurs
Zanskari, Tibétain, Anglais, Hindi - VOSTFR
Sortie cinéma le 19 janvier 2011
www.jupiter-films.com

Intentions du Réalisateur

A notre arrivée au monastère de Stongde (Zanskar), nos conversations avec Guéshé Yonten ont révélé clairement son intention dès l’automne de conduire à pied 15 enfants à l’école de Manali (Inde). Ce projet a cristallisé l’histoire filmée telle qu’elle existe actuellement. Nous avons commencé le tournage de ses rencontres avec les familles pour discuter de toutes les questions liées au départ de leurs enfants. Ces scènes sont riches, complexes, et absolument déchirantes.
Nous étions préoccupés par les dangers à la fois pour nous et les enfants (l’altitude, le froid, la déshydratation, l’épuisement ...) mais nous faisions confiance à Guéshé pour prendre toutes les précautions nécessaires
et parer à toutes les éventualités.


L’histoire de la randonnée telle qu’elle apparaît dans le film reflète assez bien ce que nous avons réellement vécu. Les incertitudes, le froid, les déceptions, les craintes - qui étaient les nôtres aussi. Et en même temps la beauté, la générosité, la bonne humeur - tels étaient aussi nos plaisirs. Etant donné que nous n’avions pas assez de techniciens, nous devions demander aux pères et aux moines de nous aider à porter le matériel de tournage. Mon caméraman et moi avons manqué beaucoup de scènes précieuses en cours de route parce que notre équipement et les techniciens étaient rarement au même endroit au même moment. Nous avons tous deux réussi assez bien jusqu’à ce jour où nous avons tenté de franchir le col.


A bout de souffle et espérant que je parviendrai à franchir le col, les chevaux étaient naturellement moins enclins à me porter que les enfants. J’ai été éjecté à trois reprises avant de renoncer et de me résigner à marcher.
La pensée « je suis trop vieux pour cela » revenait sans cesse.


Lors d’un autre voyage, nous sommes retournés filmer la scène des enfants avec le Dalaï Lama. Depuis le début du projet, nous avions essayé d’obtenir une entrevue avec lui. Comme pour toutes les cultures précaires
des régions frontalières tibétaines - Ladakh, Spiti, Lahul, etc, - nous voulions qu’il parle de l’importance de sauver la culture du Zanskar. Les gens me demandent tout le temps ce que c’est que de rencontrer le Dalaï-Lama. Je leur dis que je travaillais !



La traduction s’est révélée être l’un de nos plus grands défis sur l’ensemble du projet. Guéshé et Dhamchoe nous aidaient du mieux qu’ils pouvaient pendant les pauses. Avec le recul, mon plus grand regret est de ne pas avoir appris le Zanskari moi-même. Cela nous aurait fait économiser beaucoup de temps passé à la recherche de traducteurs adéquats pour les 45 heures de séquences en Zanskari. La majeure partie de la traduction a finalement été complétée par Guéshé lui-même avec l’aide de Tenzin Namgyal.


Le voyage de ce film a été enrichi à chaque étape par la sagesse, l’humour et le dévouement de Guéshé Yonten et Lobsang Dhamchoe, les moines chaleureux et enjoués du monastère de Stongde et par la force de caractère étonnante de la population du Zanskar, du plus jeune enfant à la plus vieille grand-mère. Les moments exceptionnels partagés lors de la réalisation de ce film comme ces chaudes larmes d’une mère lorsqu’elle doit se séparer de sa fille pour lui offrir une vie meilleure, ou entendre les enfants chanter en roulant vers un avenir inconnu et dangereux, observer Yangjor aider le père de Jigmed aveuglé par la neige à traverser un ruisseau, regarder Tsultim me rejoindre pour partager son tout premier goût de noix avec moi, tout cela m’a inspiré et enrichi.


Frédérick Marx


Le Zanskar


Le Zanskar, royaume millénaire fondé en 930, se situe dans la plus haute vallée peuplée de l’Himalaya. À plus de 4 000 mètres d’altitude, un peuple de moines, de seigneurs féodaux et de paysans y vit dans le respect des antiques traditions tibétaines et la fidélité au Dalaï-lama, qui effectua d’ailleurs une visite au Zanskar en août 1980. Le point le plus bas du Zanskar se situe à 3 600 mètres d’altitude.


Le Zanskar comporte de hautes altitudes et est isolé du reste du monde quasiment huit mois par an. Nichées à 3 500 mètres d’altitude en plein Himalaya, les hautes vallées du Zanskar sont isolées du monde durant l’interminable saison froide par la neige qui bloque les cols. En été, il faut marcher environ une semaine sur des sentiers muletiers et passer plusieurs cols à 5000 mètres. En janvier et février, cependant, le froid permet pendant quelques semaines d’utiliser le « Tchadar ». Pour rejoindre le Ladakh voisin, une seule voie est alors possible : emprunter un cours d’eau gelé et marcher sur la glace incertaine pour un parcours de 150 kilomètres pour une traversée de 8, 10 ou 20 jours, selon les difficultés rencontrées. Certains passages peuvent, au moindre faux pas, devenir mortels : l’eau vive qui coule entre les glaces brisées est trop froide pour y nager.


Parfois le fleuve gelé rompt, les voyageurs n’ont pas d’autres issues que de contourner l’obstacle par l’escalade d’une falaise glissante. Une chute, et l’eau vive qui coule à leurs pieds leur serait fatale.

Contexte du Zanskar


Le Zanskar est unique. Région reculée de l’extrême nord-ouest de l’Inde, historiquement le Zanskar était considéré comme faisant partie du Tibet. Le gouvernement indien a jugé la zone impossible à administrer, le « clôturant » officiellement du monde extérieur jusqu’en 1974. Coupé de la mère patrie tibétaine par les Chinois, les Zanskarpas se sont retrouvés dans la majorité musulmane du Jammu-et-Cachemire, avec leurs camarades tibétains, à l’est de la région du Ladakh. Situés à l’épicentre de l’instabilité géopolitique asiatique, les Zanskarpas sont à quelques kilomètres seulement du Pakistan, de l’Afghanistan, et de la frontière tibétaine fermée. La seule route menant à la vallée du Zanskar, à 3600 mètres d’altitude, est contrôlée par la ville septentrionale de Kargil - lieu de l’affrontement récent entre l’Inde et le Pakistan. La « route » la plus praticable pour sortir du Zanskar est un sentier menant au col Shinku à 5300 mètres d’altitude. La plupart des gens marchent pendant 7 à 8 jours pour arriver à Darcha et dans les lieux environnants de l’Etat voisin majoritairement hindou de l’Himachal Pradesh.


Dans une situation qui rappelle « l’éducation » des Indiens d’Amérique, dans leurs écoles publiques les Zanskarpas apprennent l’ourdou, l’hindi et l’anglais - et non pas leur propre langue, ni leur propre histoire, ni leur propre culture. Malgré tout, la culture est toujours restée largement intacte jusqu’à ce jour. En un sens, c’est l’éloignement et l’isolement des Zanskarpas qui ont protégé leur culture de l’extinction.


Tout ceci pourrait bientôt changer. Le gouvernement indien construit une nouvelle route qui reliera Leh, la capitale du Ladakh, à Padum, la capitale du Zanskar. Un voyage qui prenait environ 2 jours et qui était impossible pendant sept mois ou plus l’hiver va bientôt prendre 3 à 5 heures et être possible toute l’année. Outre les avantages offerts par les infrastructures comme les soins médicaux, les communications et la technologie, l’influence économique mondiale apportera également les célèbres marques, sous ces appellations ou autres, McDonald’s et Coca-Cola. Les enfants sont déjà soumis à un régime exclusif de musique, télévision et films hindis et ourdous. Le Tibétain n’est pas l’une des 23 langues reconnues officiellement par le gouvernement indien. La richesse de la culture de cette région appelée « Petit Tibet » pourrait ne pas y survivre.


Frederick Marx


Frederick Marx : Biographie


Frédéric Marx est un producteur et réalisateur de renommée internationale, nominé aux Oscar (« Hoop Dreams ») et aux Emmy (« Higher Goals »), et qui a 35 ans de carrière dans l’industrie du cinéma. Il a été nommé Artiste de l’année en 1994 par le Chicago Tribune, Guggenheim Fellow en 1995, et a reçu le prix Robert F. Kennedy de la réussite. Son film « Hoop Dreams » a été projeté dans des centaines de cinémas aux Etats Unis après avoir remporté le Prix du Public au Festival du film de Sundance et il a été le premier documentaire jamais choisi pour la cérémonie de clôture du Festival du Film de New York. Le critique Roger Ebert l’a également désigné meilleur film de la décennie.


En 1993, Frédérick Marx a reçu une nomination aux Emmy Awards pour « Higher Goals » (1992) dans la catégorie spéciale du meilleur film pour enfants. Producteur, réalisateur et scénariste pour PBS, il a dirigé Tim Meadows dans « Saturday Night Live ». Accompagné d’un programmateur, le film a ensuite été distribué gratuitement à plus de 4200 écoles des quartiers défavorisés du pays.


Après avoir travaillé comme professeur d’anglais et de création littéraire, Frédérick Marx a commencé sa carrière cinématographique en tant que critique de cinéma, et a travaillé à la fois comme distributeur de films et exploitant. Il a aussi beaucoup voyagé. Il a vécu en Allemagne, en Hongrie et en Chine. Il a voyagé à plusieurs reprises en Europe de l’Est et de l’Ouest, en Afrique du Nord et dans l’Himalaya indien. Avec une licence en sciences politiques et une maîtrise de cinéma, le réalisateur a couplé son éducation formelle avec les langues
étrangères, parlant allemand et un peu de mandarin.


Aux côtés de « La Traversée du Zanskar », son intérêt pour les cultures étrangères se reflète dans le programme sur les droits de l’homme diffusé sur PBS « Out of the Silence » (1991), le très acclamé essai « Rêves de Chine » (1989), et « Sauver le Sphinx » (1997), qui a été diffusé sur Learning Channel. Frédérick Marx a été consultant sur le film irano-kurde de Bahman Ghobadi « Les tortues volent aussi » (2004) et il a été le professeur du cinéaste thaïlandais récompensé par la Palme d’or à Cannes en 2010 Apichatpong Weerasethakul.


Titre original : « Journey from Zanskar »
Ecrit, dirigé et produit par Frederick Marx
Image Nick Sherman, Frédérick Marx
Montage Frédérick Marx, Joanna Kiernan
Musique Adam Schiff, Michael Fitzpatrick
Une production Warrior Productions
Narration de Richard Gere

Avec la participation de Sa Sainteté le Dalaï Lama




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