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Les bouddhas de Murakami intriguent les visiteurs de Versailles

mardi 14 septembre 2010

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14.09.2010

"Ça n’a rien à faire ici". "Je ne vois pas où est le mal". Les étranges bouddhas dorés, figurines mangas et fleurs colorées de l’artiste japonais Takashi Murakami ne laissaient personne indifférent mardi dans la longue file de visiteurs du château de Versailles.

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"Ca n’a rien à faire ici". "Je ne vois pas où est le mal". Les étranges bouddhas dorés, figurines mangas et fleurs colorées de l’artiste japonais Takashi Murakami ne laissaient personne indifférent mardi dans la longue file de visiteurs du château de Versailles.
Pierre Verdy

Malgré la polémique déclenchée par des traditionalistes opposés à l’art contemporain dans les appartements du Roi-Soleil, la plupart des touristes n’étaient pas informés de la présence jusqu’au 12 décembre d’œuvres de l’artiste pop sous les ors versaillais.

"J’ai aimé l’idée et le concept", assure Virginia Beth, originaire de Mexico. "Mais je pense que ça n’a rien à faire ici."
Pour la jeune étudiante, qui apprécie tout de même "le travail de l’artiste, ses formes amusantes et ses couleurs vives", les visiteurs sont "distraits" par les créations de ce plasticien contemporain très prisé et ne peuvent se concentrer sur ce qu’ils sont venus chercher.

Ironie de Versailles, beaucoup de visiteurs viennent du Japon. "Je connais Takashi Murakami, il est très connu dans mon pays", déclare Mari Takahashi, de Tokyo. "J’étais curieuse de voir cette exposition mais je m’intéresse surtout à la culture française. Je pense que ce n’est pas un lieu pour exposer Murakami."

Aimées ou contestées, les 22 œuvres de Murakami, créées spécialement pour l’exposition française, font parler et suscitent l’attroupement. Le long du parcours, à travers les chambres et salons privés du monarque le plus célèbre de l’histoire de France, les flashs crépitent.

Les guides-conférenciers ont revu leurs explications et le commentaire des audioguides a été enrichi pour l’occasion.
"Je ne vois pas où est le mal", déclare Julie, devant la sculpture pop "The Simple Things" réalisée par Murakami et le rappeur Pharrell Williams. La trentenaire, professeur à Versailles, n’est pas du tout choquée.
"Louis XIV a prôné le mouvement. C’était un roi avec son temps, dit-elle. Cette exposition est super ironique. Murakami travaille sur les fleurs et on connaît la symbolique de la fleur de lys, chère à Louis XIV. Son inspiration statuaire aussi, elle a sa place dans un lieu comme Versailles et son jardin".

Pour son compagnon Yann, également enseignant versaillais, "on retrouve dans les œuvres de Murakami le même esprit baroque que l’art qui est exposé à Versailles". "Ce serait dommage de figer l’endroit. En visitant, le spectateur s’interroge, est surpris, ça ne laisse pas indifférent."

"Moi je n’en pense rien mais c’est vrai que ça change", remarque le vigile chargé de surveiller le bouddha géant installé dans le jardin. "Je comprends juste les commentaires des Français, ils se demandent ce que ça fait là, je pense que la majorité n’aime pas".

Pour Michel, agent de surveillance, "c’est presque un mardi normal".
"Il y a toujours beaucoup de visiteurs à Versailles. Le mardi, le Louvre, les musées nationaux sont fermés et aujourd’hui il fait beau", dit-il, estimant que peu de gens connaissent Takashi Murakami. "Je suis sûr qu’ils n’y font même pas attention."

A l’heure de la fermeture, une vingtaine d’irréductibles opposants à l’expo ont manifesté devant un parterre de journalistes. Ensemble, pendant quelques minutes, manifestants et membres du collectif "Versailles, mon amour" ont scandé "Le château, n’est pas un panneau Decaux" ou encore "Touche pas à mon château". Ce collectif, qui a déposé une pétition sur internet, revendique près de 5.300 signatures d’opposants à l’exposition.


Source : AFP

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