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Musée des Religions du Monde ou les bienfaits de la laïcité à Taïwan

lundi 11 octobre 2010

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09.10.2010

C’est dans la commune de Yonghe, située dans la banlieue sud de Taïpei, capitale de Taïwan, qu’a vu le jour en 2001 le Musée des Religions du Monde, un Musée qui aborde toutes les croyances du monde sans exception, mais avec un objectif qui, curieusement pour certains, ne présente aucun trait de prosélytisme ou de dogmatisme.

A une époque où, dans de nombreux pays, les croyances religieuses provoquent (ou justifient) affrontements, violences, intolérance, ou pire encore, tentent de se soumettre de nouveau des sociétés humaines, le message original d’humanisme fraternel qu’envoie ce Musée unique en son genre mérite attention.

Ce Musée, avec ses particularités fortes, illustre aussi l’affermissement de la laïcité à Taïwan, héritage politique essentiel de la Révolution chinoise de 1911 qui fonda la Première République de Chine, révolution qui a de suite inclus, voici près de 100 ans, la séparation stricte de l’ État et des religions dans sa Constitution.

Un Musée pour la paix universelle, la tolérance, la fraternité.... et le respect des sciences

Ce Musée qui s’étend sur 2 étages, dans un immeuble moderne contenant aussi un grand magasin, devrait plus s’appeler Musée des Croyances dans le monde, car le terme de « religion » n’englobe pas toutes les formes de croyances depuis l’aube de l’humanité qui y sont présentées.

De même, on n’y trouve aucune présentation des théories « créationnistes » ou de leur dernier avatar de camouflage honteux, « la thèse du dessein intelligent ».

D’entrée, le film d’introduction au Musée relate la naissance de l’Univers de manière scientifique et souligne bien la succession de hasards dans un environnement chaotique qui ont mené à l’éclosion des diverses formes de vie sur la planète Terre (et peut-être sur d’autres planètes dans l’espace et le temps de l’Univers infini).

Les processus de la vie, humaine, végétale, animale, de la géologie comme de la biologie et de la chimie y sont présentés selon les plus récentes connaissances issues de la science darwiniste, c’est à dire à travers l’évolution dans le temps et l’espace.

Pas de point de départ, pas de but final, pas de créateur car pas de création, pas de recherche hypothétique d’un dessein extra-humain : le film de présentation fait sereinement, avec de très belles images, table rase de tout cela !

De manière scientifique, les origines des croyances primitives sont placées dans les peurs des humains, leurs légitimes angoisses face à un monde dur, cruel, impitoyable. Les croyances naissent des questions que l’existence en ces temps reculés pose et elles essaient d’y apporter des réponses rassurantes pour les humains à travers les époques.

Cette présentation du Musée est donc inscrite dans une réflexion approfondie sur les racines véritables des croyances et les raisons très concrètes de leurs modifications dans le temps, avec les changements qui scandent l’histoire de l’humanité. De là, point de divinité créatrice, pas de source première de toutes choses : les croyances viennent des sentiments humains que l’existence quotidienne, à travers les époques, a générés.

D’entrée, le Musée affirme une vocation universaliste puisqu’il expose les contenus de toutes les croyances depuis la nuit des temps historiques humains, tout en se refusant à séparer les croyances des êtres humains qui les forgent et les font évoluer dans le temps et l’espace.

Des croyances et des hommes dans le temps et l’espace, les sciences comme référence

Ce film de présentation se conclut donc sur le fait, indubitable, que l’Univers est en évolution permanente, que notre Terre est condamnée à disparaître dans environ 4,5 milliards d’années et que donc, il est légitime et naturel que l’esprit humain se pose sans cesse des questions essentielles sur la vie, son sens éventuel ou non, la mort, la maladie, la souffrance, les difficultés de l’existence.

Posant des questions sans prétendre imposer une ou des réponses, les salles successives de ce Musée très particulier permettent aux visiteurs de découvrir les « grandes » et « petites » croyances » du monde.

Les concepts essentiels de ces croyances, les idées, les lieux de culte, les filiations ou juxtapositions y sont clairement présentées, avec des maquettes de grands monuments « religieux » du monde. L’architecture de ces bâtiments exprime aussi des sentiments humains, des cultures et des expériences diverses, des conceptions du monde différentes.

Aucun continent, aucune culture d’importance ne sont laissés de côté : les « faits religieux » y sont énoncés tels que les croyances les présentent, sans aucune validation de leur véracité historique.

Le visiteur comprend ainsi qu’il s’agit, dans ce Musée, de présenter les diverses réponses que les hommes, à travers le temps et l’espace, ont essayé d’apporter à leurs angoisses, peurs et questions subséquentes.

Certes, seules les croyances sont ici mises en évidence, et on peut regretter que les réponses non-religieuses ou a-religieuses soient laissées de côté, que ce soit l’agnosticisme ou l’athéisme, même si le film de présentation les évoque brièvement.

Cependant, cette remarque importante faite, il est non moins manifeste que le Musée vise surtout à démontrer à ses visiteurs que ce qui importe en soi n’est pas la réponse que chacun apporte comme individu aux questions qu’il se pose, mais que l’humanité partage des valeurs communes à partir lesquelles les êtres humains, croyants ou non, peuvent se parler, communiquer, se comprendre, agir en commun, vivre en paix et en bonne intelligence.

A travers divers textes répartis dans les salles du Musée, cette fraternité universelle humaine et cette aspiration à la paix par le dialogue et la tolérance réciproque sont mises en exergue.

Cette recherche de fraternité universelle par le dialogue et la tolérance mutuelle est d’ailleurs l’objectif premier poursuivi par l’initiateur de ce Musée, un haut dignitaire bouddhiste nommé Hsin Tao (en français, non nom signifie « chemin du cœur », un moine bouddhiste issu de la communauté chinoise de Birmanie et qui a souffert, très jeune, des terribles effets de la guerre dans ce pays.

La laïcité, base d’un humanisme universel, Taïwan comme exemple

Il est vrai que pour certains, en Europe ou aux États-Unis notamment, la laïcité existant à Taïwan offre un exemple édifiant des avantages formidables d’une une vraie société laïque.

Il existe toutes sortes de croyances, parfois même mélangées, dans la population de Taïwan : si la majorité se réfère au bouddhisme, courant philosophique plus que religieux au sens propre du mot et divisé en groupes variés, tant les confessions chrétiennes, juive, taoïste et musulmane ont leurs adeptes.

On y trouve même des Mormons, ces chrétiens qui prônent la polygamie ( ce rappel est intéressant pour les pourfendeurs en France de cette pratique qu’ils rapportent au seul Islam, ce qui est donc faux).

La société taïwanaise moderne est donc assez imprégnée par les croyances les plus diverses, mais tout le monde est d’accord sur un principe fondamental : la séparation stricte, absolue, constitutionnelle, de l’ État et des croyances.

Le système scolaire publique est laïque, et les établissements privés, confessionnels ou non, ne perçoivent rien de l’ État, mais doivent suivre des programmes nationaux d’enseignement obligatoire.

Il apparaît évident que ce Musée des Religions du Monde s’insère bien dans les effets positifs forts d’un État laïque comme l’est Taïwan : à la fois, total respect de la liberté de conscience de tous (y compris pour les Mormons le droit à la polygamie qui relève juridiquement de leur liberté de croyance) et principe incontesté de la laïcité institutionnelle, acceptée et soutenue par toute la population ET les politiques du pays.

De ce point de vue, Taïwan est un État laïque qui peut vraiment servir d’excellent exemple pour les 25 pays sans séparation de l’ État et des religions existant au sein de l’Union européenne, et pour nombre de politiques français qui n’ont pas encore compris que la laïcité institutionnelle protège les intérêts de toute la société et ses libertés fondamentales.

En conclusion, et pour information, voici, traduits en français, les 3 principes qui ont guidé la fondation de ce Musée par le moine bouddhiste Hsin Tao :

« Respecter toutes les formes de croyances, rapprocher tous les peuples , chérir toute forme de vie »

Voici un lien multi-langues vers le site de ce Musée :
www.mwr.org.tw

Vers le lien Wikipedia :
en.wikipedia.org/wiki/Museum_of_World_Religions

Note de l’auteur : cet article représente une analyse, fondée sur l’étude des contenus de ce Musée et sa visite à diverses reprises. Comme toute analyse, celle-ci est discutable librement car elle ne contient aucune vérité révélée et/ou définitive.


Par Philippe Vassé

Source : www.agoravox.fr

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