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Hôkyôzanmai : Le Recueillement accompli dit « Miroir précieux »

lundi 19 octobre 2015

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Hôkyôzanmai :
Le Recueillement accompli dit « Miroir précieux »

La Réalité de bouddha telle quelle,
 
Les bouddhas patriarches l’ont touchée en secret.
 
Vous qui maintenant l’avez obtenue,
 
Je vous en prie, conservez-la intacte.
 


 
Comme pour un bol d’argent couvert de neige,
 
Ou une grue cachée dans l’éclat de la lune,
 
Les choses se ressemblent sans être égales.
 
Même confondues, on sait où elles sont.
 


 
Son sens ne se trouve pas dans les mots,
 
Il évolue au fil des occasions.
 
Ému, et vous voici au fond d’un trou.
 
En contradiction, et vous voilà hésitant.
 


 
Lui tourner le dos
 
Ou s’en approcher,
 
Ni l’un ni l’autre, il ne faut.
 
Elle est une masse ardente !
 


 
Exprimez-la en langue ornée,
 
Et la voilà souillée !
 
Le milieu de la nuit la fait luire en plein,
 
Et elle s’évanouit aux lueurs de l’aube.
 


 
Elle est la norme qui régit les choses,
 
Usez-en pour abolir la souffrance.
 
Même si elle n’est pas conditionnée,
 
Les mots ne manquent pas pour en parler.
 


 
Tout comme vos traits et leur reflets
 
S’entre-regardent dans un miroir précieux.
 
Vous n’êtes pas elle,
 
Mais elle est bien vous.
 


 
Elle a les cinq marques d’un nouveau né,
 
Qui ne s’en va ni ne s’en vient,
 
Qui ne se lève ni ne reste en place.
 
Et dont le babil, phrase ou non,
 
N’obtient finalement rien :
 
La parole n’étant pas encore juste.
 


 
Semblable à l’hexagramme « Feu »,
 
Des traits qui s’organisent,
 
Et qui, superposés, donnent trois,
 
Et cinq quand ils sont permutés.
 


 
Elle embrasse l’interdépendance merveilleuse
 
De l’infinie variété des choses du monde,
 
Comme les cinq goûts de l’herbe shiso,
 
Comme le sceptre diamant.
 
Elle est le tambour accompagnant
 
Le chant à l’unisson.
 


 
Elle passe par l’origine,
 
Elle parcourt les voies,
 
Elle s’insère dans toute zone,
 
Elle s’insinue par tout passage.
 


 
Si l’on s’applique à bien la respecter,
 
L’augure sera heureux.
 
Rien ne peut s’opposer
 
A son ordre des choses.
 


 
Mystérieuse par son état naturel,
 
Elle ne relève ni de l’illusion, ni de l’éveil.
 
Selon les causes-et-conditions et les occasions,
 
Elle brille en silence.
 


 
Si mince, qu’elle s’insère où il n’y a pas de faille,
 
Si grande, qu’elle dépasse toutes les limites.
 
Pourtant, dès le plus infime écart,
 
On se désaccorde de son harmonique.
 


 
Aujourd’hui existent
 
Un éveil soudain et un éveil graduel.
 
Des systèmes religieux apparaissent,
 
Et, pour cette raison, se divisent.
 
Aussitôt, ils en font des normes.
 
Que les religions qui suivent les normes,
 
L’appréhendent ou non,
 
La réalité, elle, poursuit son cours.
 


 
Calmes au dehors, vibrants en dedans,
 
Comme un cheval entravé ou un rat tapi,
 
Les bouddhas du passé poussés par la pitié,
 
Ont fait don de la Réalité de Bouddha.
 


 
À suivre des idées erronées,
 
On prend de la soie noire pour de l’écrue.
 
Que ces idées erronées s’entre-détruisent,
 
Les esprit abusés se réforment d’eux-mêmes.
 


 
Si vous aspirez à suivre la voie ancienne,
 
Je vous en prie contemplez les sages d’antan,
 
Comme ce bouddha qui, sur le point de réaliser son Éveil,
 
Contempla un arbre durant dix éons.
 


 
Qu’une vie de misère,
 
Fasse se révéler le trésor de la nature de Bouddha,
 
Comme l’oreille manquante d’un tigre,
 
Comme les balzanes d’un cheval.
 
Son prodige fait que même les êtres obtus en sont touchés.
 


 
Comme des flèches tirées à cent pas par Yi l’expert.
 
Et si une lance atteint sa flèche en plein vol,
 
En quoi son savoir faire est-il neutralisé ?
 
Qu’une femme stérile se lève pour danser
 
Quand un nigaud chante,
 
Cela ne relève ni du sentiment ni de la conscience.
 
Mieux ! A-t-elle même besoin d’y réfléchir ?
 


 
Un vassal sert son suzerain,
 
Un fils obéit à son père.
 
Ne pas obéir ce n’est pas être bon fils,
 
Ne pas servir ce n’est pas aider.
 


 
La pratique des bouddhas Patriarches
 
Quotidienne, sérieuse et sans ostentation
 
Dans les comportements ordinaires
 
Elle semble niaise ou absurde.
 
Pourtant le fait qu’elle se perpétue
 
Par exacte transmission mutuelle,
 
L’a fait nommer « Souveraine parmi les souverains. »

- Traduit du texte sino-japonais par Kengan D. Robert

Tozan Ryokai du nom chinois Liang-Chieh de Tung-shan (807-869), nommé aussi Tung-Shan ou Dongshan Liangjie (Ch.洞山良价).

38ème Patriarche, 11ème depuis Bodhidharma, Successeur dans le dharma d’ Ungan Donjo (781- 841). Il est dit qu’il obtint l’illumination alors qu’il passait une rivière à gué il aperçut son reflet dans l’eau.

Tozan Ryokai est à la racine de l’école Soto avec son disciple Sozan.
Auteur de l’Hokyozanmai (Samadhi* du miroir précieux) et de la théorie des go i (cinq degrés de l’illumination) que développera son disciple Sozan.

Tosan Ryokan étudia le vinaya avant de rencontrer Maître Nansen et Maître Isan. Disciple de Ungan Donjo, il reçut la transmission avant de s’établitr sur le mont Tozan, où il prêcha le dharma jusqu’à sa mort.

Il conseillait à ses disciple de ne s’en remettre à personne ni à aucune formule. Regarder en soi-même et ne jamais relâcher son attention.


Voir en ligne : Hokyozanmai


Voir en ligne : Hokyozanmai

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